Et si Harper-le-vert nous faisait économiser 9 milliards ?

greenJ’ai une bonne question pour Stephen Harper, si jamais vous avez l’occasion de lui parler. Il a déclaré jeudi dernier que son engagement envers le projet hydro-électrique de nos voisins et amis Terre-Neuviens pouvait facilement s’exporter dans les autres provinces, « y compris au Québec ».

Le critère ? Que le projet présenté ait comme conséquence la promotion des énergies vertes — un thème très cher au coeur de notre Premier ministre, comme chacun a pu le constater à Copenhague.

Eh bien, M. Harper, j’ai une super-bonne idée pour vous. Votre décision d’offrir une garantie de prêt au projet Terre-Neuvien ne coûte rien à Ottawa. Mais comme le gouvernement fédéral a un « meilleur crédit » que celui de St-John sur les marchés, les taux d’intérêts du projet en sont réduits, permettant à nos voisins une économie de 200 millions.

Cela tombe extrêmement bien. Vous ne me croirez pas, mais il existe au Québec une société  entièrement consacrée aux énergies vertes. Elle s’appelle Hydro-Québec. Pour atteindre ses objectifs verts, elle a beaucoup investi. Cela vous a peut-être échappé, à Ottawa, mais elle a tellement investi qu’elle a accumulé une dette à long terme de 37 milliards de dollars.

Si, demain, grâce à votre conversion verte, M. Harper, Hydro refinançait la totalité de cette dette sur 30 ans, en bénéficiant de votre garantie de prêt, l’intérêt serait réduit de 0,0081 %. Cela paraît peu mais, cumulativement,  cela signifierait sur 30 ans une économie de 9 milliards.

Bref, M. Harper, merci pour votre beau programme. Pourriez-vous nous envoyer les formulaires, qu’on les remplisse avant le 2 mai ?

Demain, cher Premier ministre, je vous proposerai d’autres façons d’exporter au Québec votre générosité envers nos amis et voisins de Terre-Neuve.

Ce contenu a été publié dans Canada, Environnement, Stephen Harper par Jean-François Lisée. Mettez-le en favori avec son permalien.

À propos de Jean-François Lisée

Il avait 14 ans, dans sa ville natale de Thetford Mines, quand Jean-François Lisée est devenu membre du Parti québécois, puis qu’il est devenu – écoutez-bien – adjoint à l’attaché de presse de l’exécutif du PQ du comté de Frontenac ! Son père était entrepreneur et il possédait une voiture Buick. Le détail est important car cela lui a valu de conduire les conférenciers fédéralistes à Thetford et dans la région lors du référendum de 1980. S’il mettait la radio locale dans la voiture, ses passagers pouvaient entendre la mère de Jean-François faire des publicités pour « les femmes de Thetford Mines pour le Oui » ! Il y avait une bonne ambiance dans la famille. Thetford mines est aussi un haut lieu du syndicalisme et, à cause de l’amiante, des luttes pour la santé des travailleurs. Ce que Jean-François a pu constater lorsque, un été, sa tâche était de balayer de la poussière d’amiante dans l’usine. La passion de Jean-François pour l’indépendance du Québec et pour la justice sociale ont pris racine là, dans son adolescence thetfordoise. Elle s’est déployée ensuite dans son travail de journalisme, puis de conseiller de Jacques Parizeau et de Lucien Bouchard, de ministre de la métropole et dans ses écrits pour une gauche efficace et contre une droite qu’il veut mettre KO. Élu député de Rosemont en 2012, il s'est battu pour les dossiers de l’Est de Montréal en transport, en santé, en habitation. Dans son rôle de critique de l’opposition, il a donné une voix aux Québécois les plus vulnérables, aux handicapés, aux itinérants, il a défendu les fugueuses, les familles d’accueil, tout le réseau communautaire. Il fut chef du Parti Québécois de l'automne 2016 à l'automne 2018. Il est à nouveau citoyen engagé, favorable à l'indépendance, à l'écologie, au français, à l'égalité des chances et à la bonne humeur !