Suspense en France: l’effet débat, l’effet Bayrou, la clé FN

hollande-sarkozy-janus-150x150Pour ceux qui suivent ça de près, on peut noter en 48 heures deux mouvements statistiquement significatifs, après le débat Hollande/Sarko et après l’annonce du centriste François Bayrou de son vote pro-Hollande:

– L’avance globale de Hollande passe de 5 à quatre points de pourcentage;

– Le nombre d’abstentionnistes chute chez les centristes (32% d’abstention plutôt que 42% il y a 48 heures) et se répartit également chez Hollande (+5 portant sa proportion de centristes à 31%) et chez Sarko (+5 portant sa proportion à 37%)

– Malgré l’appel au vote blanc de Marine Le Pen, le nombre d’abstentionnistes chute aussi dans le vote, plus important en nombre, du Front National  (26% plutôt que 39% il y a 48 heures).  Hollande en prend +3 et Sarko en prend +10.

Le rétrécissement de l’écart est donc attribuable à la capacité de Sarko d’attirer du vote FN. Or c’est là que la réserve est la plus importante. Si tous les abstentionnistes FN restants décidaient de voter Sarko, ce dernier prendrait 5 points, donc l’élection.

C’est évidemment impossible. Mais davantage de Français ont annoncé leur intention de voter au second tour par rapport au premier. Les proportions peuvent donc être modifiées par ce changement dans la grosseur de la tarte.

Le suspense reste entier.

Ce contenu a été publié dans France par Jean-François Lisée. Mettez-le en favori avec son permalien.

À propos de Jean-François Lisée

Il avait 14 ans, dans sa ville natale de Thetford Mines, quand Jean-François Lisée est devenu membre du Parti québécois, puis qu’il est devenu – écoutez-bien – adjoint à l’attaché de presse de l’exécutif du PQ du comté de Frontenac ! Son père était entrepreneur et il possédait une voiture Buick. Le détail est important car cela lui a valu de conduire les conférenciers fédéralistes à Thetford et dans la région lors du référendum de 1980. S’il mettait la radio locale dans la voiture, ses passagers pouvaient entendre la mère de Jean-François faire des publicités pour « les femmes de Thetford Mines pour le Oui » ! Il y avait une bonne ambiance dans la famille. Thetford mines est aussi un haut lieu du syndicalisme et, à cause de l’amiante, des luttes pour la santé des travailleurs. Ce que Jean-François a pu constater lorsque, un été, sa tâche était de balayer de la poussière d’amiante dans l’usine. La passion de Jean-François pour l’indépendance du Québec et pour la justice sociale ont pris racine là, dans son adolescence thetfordoise. Elle s’est déployée ensuite dans son travail de journalisme, puis de conseiller de Jacques Parizeau et de Lucien Bouchard, de ministre de la métropole et dans ses écrits pour une gauche efficace et contre une droite qu’il veut mettre KO. Élu député de Rosemont en 2012, il s'est battu pour les dossiers de l’Est de Montréal en transport, en santé, en habitation. Dans son rôle de critique de l’opposition, il a donné une voix aux Québécois les plus vulnérables, aux handicapés, aux itinérants, il a défendu les fugueuses, les familles d’accueil, tout le réseau communautaire. Il fut chef du Parti Québécois de l'automne 2016 à l'automne 2018. Il est à nouveau citoyen engagé, favorable à l'indépendance, à l'écologie, au français, à l'égalité des chances et à la bonne humeur !