Bombardier : La pire décision possible…encore une fois

Monsieur le premier ministre,

comme chef de l’opposition officielle, je suis pour ainsi dire payé pour m’opposer à vous. Je vous écris cependant aujourd’hui, non pour m’opposer, mais pour supplier. Arrêtez. Arrêtez de nous faire honte au sujet de Bombardier. Ne faites plus rien. Ne dites plus rien. Nous n’en pouvons plus.

Le comble a été atteint ce mardi. Vous étiez aux côtés du PDG d’Airbus auquel, dans un moment de panique injustifiée, vous avez accepté de donner – oui de donner – 50,01 % du joyau de technologie québécoise qu’est la Série C. Ce PDG, qui a reçu gratuitement la perle technologique des avions mi-courrier et qui peut désormais en piller la technologie pour ses propres appareils, n’était pas rassasié. Il en a rajouté en affirmant devant vous que les fournisseurs québécois de Bombardier devaient se serrer la vis pour que lui, qui sera le grand gagnant de toute l’affaire, fasse encore davantage de profits !

On vous sait généralement calme en toutes circonstances et on ne s’attendait pas à vous entendre l’interrompre pour lancer : « Ben là, ça va faire ! ». Mais vous entendre dire au contraire que la prise de contrôle de la Série C par Airbus est l’une « des meilleures nouvelles depuis presque des décennies » dépasse les bornes.

Vous savez très bien que le don de 50,01 % à Airbus en octobre dernier était un geste désespéré posé alors que vous avez présumé à tort que la Commission du commerce international des États-Unis allait confirmer l’imposition de droits compensateurs de 300 % sur les appareils, nous fermant ainsi le marché américain.

Erreur gigantesque, puisque trois mois plus tard, la menace était complètement écartée. Il aurait suffi d’être patient. Vous ne l’avez pas été. Et vous nous avez fait perdre gros.

Le mal est fait. Dans cette entente grotesque, Bombardier s’est engagée à éponger 700 millions supplémentaires pour garder l’entreprise à flot si nécessaire. En contrepartie, Airbus avance… 0 $.

Pire : alors que sans cette entente, la totalité des avions commandés par Delta seraient construits à Mirabel, nous devons en ce moment financer la construction d’une usine d’assemblage d’Airbus à Mobile, Alabama, qui coûtera 300 millions. Bombardier en finance la moitié et nous, M. le premier ministre, 19 % – la hauteur de ce qui reste de notre participation dans l’aventure.

Donc, dans cette « meilleure nouvelle depuis presque des décennies » nous avons donné notre technologie, nous avons délocalisé nous-mêmes la production de nos propres avions et nous contribuons à financer l’usine où nous délocalisons.

En fait, vous avez pris quatre fois en quatre ans la pire décision possible au sujet de Bombardier. Celle d’Airbus, celle de l’investissement initial, celle de la rémunération des dirigeants de Bombardier et celle du contenu local dans le train du REM.

Nous étions nombreux à vous dire dès le tout premier épisode de cette comédie d’erreurs à l’automne 2015 qu’il ne fallait pas investir dans une compagnie dédiée à un seul appareil, ce que vous avez fait, mais dans la compagnie mère. Avec le recul, on constate que ç’aurait été le bon choix, car notre investissement, au lieu de perdre de sa valeur, aurait doublé.

Votre attitude au moment où la haute direction de Bombardier s’est voté des hausses de rémunération scandaleuses de 50 % fut lamentable. Vous aviez la légitimité morale pour modérer leurs transports, à l’heure où ce type de rémunération est remis en cause à Londres, Paris, Berlin et même aux États-Unis. Vous vous êtes rangés du côté des gloutons.

Finalement, il y a ce gâchis dont vous êtes encore plus personnellement responsable : celui d’avoir écarté la condition de contenu local dans l’achat du train électrique du REM, votre bébé. Je vous ai entendu dire, il y a deux semaines, que si le gouvernement avait à lancer un appel d’offres sur du matériel roulant, il fixerait le plancher minimum de contenu québécois à 25 %. C’est ce qu’on vous demandait de faire, dès l’adoption de la loi qui a créé CDPQ-Infra spécifiquement pour réaliser le REM, en 2015. Insérer cette condition dans la loi n’aurait pas été de l’ingérence dans le fonctionnement de la Caisse, mais un élément parmi d’autres de son encadrement législatif. Vous avez refusé – et François Legault a voté la loi avec vous. On vous l’a redemandé avec insistance pour la seconde loi du REM, en 2017. C’était encore le temps. Vous avez refusé – et François Legault a voté la loi avec vous.

Ce seuil n’aurait pas garanti que Bombardier décroche le contrat, mais aurait fait en sorte de donner un avantage comparatif à Bombardier et aux installations locales d’Alstom, face à leurs concurrents étrangers. Mais non, n’écoutant que votre naïveté économique, vous avez refusé d’agir, avec pour résultat d’exporter en Inde – oui, en Inde ! – la construction du train électrique qui est censé être votre legs.

Non, monsieur le premier ministre. Arrêtez. On a honte pour vous.

Je vous en supplie.



22 réflexions au sujet de « Bombardier : La pire décision possible…encore une fois »

  1. Creio que tem mais a ver com o acirramento da concorrência do que qualquer outra coisa, a Bombardier estava vendendo o seu jato com prejuízo, a carga tributária pesa em qualquer empresa, mas cabe lembrar que a Embraer tem alguns benefícios que muitas empresas não tem, temos que lembrar que o dólar também disparou em relação ao real, barateando a mão de obra local comparada com a mão de obra canadense (que é muito cara) europeia e americana. Temos que lembrar que a Embraer esta na transição de uma família (E Jets) para a outra (E2), a maioria das empresas não vão comprar aviões da família antiga que estão saindo do mercado, elas vão esperar a certificação da nova família para começar a conversar, tem também o preço baixo do petróleo nos últimos anos que deixavam as empresas confortáveis com suas aeronaves antigas, o problema nos motores PW também não ajudou muito, tanto que Mitsubishi e Bombardier estão tendo dificuldade em vender suas aeronaves também, enfim são diversos fatores que explicam os números da Embraer que apesar de tudo, não são ruins

  2. Suggestion pour l’AVENIR de Bombardier…..1. Prioriser la propulsion à l’HYDROGÈNE LIQUIDE. Pourquoi? 2. Pour amorcer la conversion à cette mesure moins corrosive pour l’atmosphère.3. La motorisation de l’HYDROGÈNE entrainera des investissements durablement efficace pour corriger le tir….dans l’atteinte de plusieurs autres objectifs porteurs d’avenir.4. Le leadership Québecois manque de repères….en voilà UN auquel pourra se greffer Ô combien d’autres….5. Les paramètres législatifs ne peuvent que soutenir cette perspective….unique! Soyons cohérants,audacieux,visionnaires et déterminants dans des dynamiques de Rassemblement…..dont la force d’attraction sera supérieure ….à l’inertie du fossile un peu trop embourbé dans le mercantilisme douteux….en somme,une occasion de changer d’orbite! Sylvain Houle de Trois-Rivières. 819.374.3441. Applications.

  3. Environ 3 000 des 4 400 membres du local 712 de l’AIMTA, représentant la très grande majorité des employés syndiqués des trois divisions aéronautiques de Bombardier dans la région de Montréal, se sont présentés à l’assemblée générale spéciale qui s’est tenue dimanche matin le 4 mars au Palais des congrès.   Il n’y avait qu’un seul point à l’ordre du jour et c’était l’entente de réciprocité entre le local 712 de l’AIMTA, Bombardier et la société en commandite C Series. Au terme d’une assemblée qui a duré plusieurs heures et au cours de laquelle les membres ont été en mesure de poser toutes les questions qu’ils voulaient, ces derniers se sont prononcés en faveur de l’entente dans une proportion de 92,3%.   Les grandes lignes de cette entente sont les suivantes :   Priorité d’embauche : Les travailleurs et travailleuses sur les listes de rappels des deux compagnies seront appelés en priorité pour pourvoir aux postes disponibles. custom writings

  4. C’est du solide et du bien documenté. quand on na pas de chez soi à protéger, on est vassal. Quand le Québec libre va-t-il vivre ?

  5. João Adaime, a Bombardier vendeu 50% da empresa que detinha no projeto C-Series para a Airbus por 1 dólar, ficando com quase 32% e o resto ficou com o fundo de Quebec, ou seja, o que foi « vendido para a Airbus foi 50% do projeto C-Series e não a Bombardier como um todo, o resto da empresa, leia-se, divisão de jatos executivos, divisão ferroviária, os CRJ e os aviões turboélices continuam pertencendo a Bombardier como uma empresa independente Zorann A China demorara décadas para construir um avião que seja confiável e competitivo, e quando isso acontecer ela dará prioridade para aviões maiores na faixa do A-320/737 A Boeing é outra, bote uma década para caso ela queira, apresentar ao mercado um linha regional, o foco dela agora é na substituição da família 777, em colocar no mercado o 797 e depois disso pensar no substituto da família 737, prioridade é o que não falta para a Boeing nessa próxima década, o lançamento de uma família regional está longe de ser uma dessas prioridades cheap

  6. Ces commentaires sont vraiment à point. Oui, nous avons raison d’avoir honte de de ce monsieur sans couilles, notre premier ministre, qui est en train de vendre la province sans se soucier des conséquences. L’important dans toutes ses décision c’est qu’elles sont toujours profitables… à certains ti n’amis selon la tradition du parti Libéral. Dégoûtant!

  7. Lâchez pas le morceau! Répétez le Martelez-le, y a rien d’autre à dire juste ça encore et encore sans relâche ni répit formulé à l’endroit où à l’envers, tel quel ou en l’utilisant en analogie pour tous les autres dossiers. Ça va finir par être compris par le monde mais il va falloir le répétez sans arrêt jusqu’au jour de l’élection.

  8. Depuis que Philippe Couillard a laissé les affaires, comme président du CA d’AMORFIX, dont le pdg était Hans Peter Black, j’ai toujours posé la question suivante : Pourquoi aucun journaliste ne s’intéresse au succès ou à l’échec de Philippe Couillard comme président du CA de cette entreprise ?

    On sait à peu près tout des différents premiers ministres, sauf les qualités de gestionnaire de Philippe Couillard. Les grandes décisions, c’est lui qui les prends et qui engagent le Québec.

    Même si les membres du cabinet et les députés essaient de se montrer optimistes, je pense que pour plusieurs, le coeur n’y est plus..Vitement des élections, et penchons-nous sur le plus grand défit du Québec, accompagner les Entreprises Manufacturières et les Régions à combler les emplois disponible, alors que les 2 ministères de l’Immigration, celui de Québec et d’Ottawa, ne remplissent plus leur mission, c’est pour ça qu’on fait vivre les gouvernements, fournir les services ou les laisser au milieu.de Vie.

    Moi aussi, ça m’a fait mal d’entendre notre premier ministre dire au pdg d’Air Bus : Une chance que vous étiez là. Il en a profité : On vous en demande un peu plus : Travaillez plus fort et diminuez vos prix.

    Avec pareil attitude, je comprend pourquoi Philippe Couillard n’a pas confiance en son peuple et à ses capacités. Dommage, cet homme sortira de la politique brisé et les 150 ans d’histoire du PLQ, une fête absolument manquée.

    La population demande de passer à autre chose, où les gens vont travailler ensemble, et s’il le faut, nous ferons comme les Slovaque, lorsqu’ils ont dit aux Tchèques, négocions notre indépendance respective, chaque pays sera plus fort et dynamique.

    Peter Stasni sera à Québec, bientôt, il pourra vous expliquer son cheminement après sa carrière de hockeyeur dans la Ville Capitale, laquelle n’attend que de relever de nouveaux défis, la Ville d’un peuple.

  9. D’accord les décisions de Couillard dans le dossier de la C Series oscillent entre pas géniales et gênantes.

    Néanmoins, il ne faut surtout pas oublier que c’est le gouvernement du Canada qui a poussé Bombardier et son projet de la C Series au bord de la faillite,

    comme je l’ai expliqué dans une longue analyse détaillée et que ce gâchis est à inscrire dans le bilan des coûts du fédéralisme canadien

    «  »le cas de la C Series: les coûts du « fédéralisme canadien » : incertitude, centralisation et « Québec bashing » » » » »

    http://quebec.blog.lemonde.fr/2016/06/27/couts-du-federalisme-can
    adien-incertitude-centralisation-et-quebec-bashing/

    • De Québec : Avec tout mon respect, c’est vraiment Philippe Couillard et son gouvernement qui a tout mis ses billes dans la C/Series. Le fédéral est intervenu après. De toute façon ça n’a pas d’importance puisque tous les deux ont mal agi.

  10. Bien dit. Bravo. J’ espère que cette lettre ira plus loinqu’un message aux abonnés. N’ hésitez pas à interpeller notre (malheureusement) Pm

  11. Je n’avais pas compris pourquoi l’extension du transport en commun vers le West Island à Montréal avait été pris en charge par Michael Sabia. Après tout, Jean Drapeau n’avait pas eu besoin de Québec pour la construction de son Métro. Le président de la Caisse de Dépôt ne pouvait investir dans ce projet et laisser la responsabilité de la construction au gouvernement Couillard, même si ça faisait mal à Bombardier. Le risque était trop grand que le projet ne voit jamais le jour.

  12. Les libéraux qc et ça ils ont¨ les sens des affaires ¨et surtout le timing des voleurs je ne veux pas imaginer ce que l’on va apprendre aussi par la suite

  13. De Québec : On a tous honte avec vous, M. Lisée !!! Je ne pensais pas que M. Couillard pouvait tomber si bas et nous entraîner dans sa chute !!! C’est terrible tout le mal fait depuis plus de 2 ans à des centaines de travailleurs et autres à propos de la Séries C. . Il faut que je me pince pour croire tout ce que notre Premier Ministre dit et fait sur ce sujet ( et sur bien d’autres ). Courage, quand le P.Q. sera au gouvernement vous ferez de votre mieux pour réparer les pots cassés si c’est possible naturellement. Quelle mauvaise gestion de ce gouvernement libéral !!!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *