Construction: Ne pas prendre le droit de grève à la légère

(Voici l’essentiel de mon intervention de ce dimanche à l’Assemblée nationale sur le Projet de loi de retour au travail dans le secteur de la construction)

Comme plusieurs autres avant moi, je dois dire que ce n’est pas de gaieté de coeur que nous sommes ici aujourd’hui pour essayer de mettre un terme de façon non négociée à un conflit de travail.

Je suis un parlementaire relativement récent mais j’ai quand même été frappé par la légèreté avec laquelle un certain nombre de mes collègues ici ont traité du droit de grève. Et, à les entendre, on a l’impression que c’est un élément superflu, nuisible et qu’il convient d’abandonner.

C’est la conclusion à laquelle je suis obligé d’en venir.

Evidemment une grève, ou un lock-out, c’est toujours un échec. C’est l’échec d’une négociation et c’est la volonté d’exercer un rapport de force, d’exercer de la force sur l’autre mais aussi de se départir d’un certain nombre d’avantages.

Un message syndical comme vous n’en avez jamais vu!

Nous vivons la plus grande crise depuis la grande dépression et les syndicats, surtout américains, sont victimes d’un assaut patronal sans précédent. Le syndicat des métallos a mis en ligne en ouverture de son congrès hier cette pub (en anglais, mais surveillez le Québécois) qui veut expliquer et mobiliser en usant de musiques, d’images et du montages généralement utilisés pour vendre les camionnettes les plus robustes et/ou d’une bande annonce de Rocky. (Ce n’est pas une critique).

Voyez vous-mêmes.

(Merci à mon ami Facebook Jason K pour ce signalement.)

USA: comprendre l’offensive anti-syndicale

L’épreuve de force aux États-Unis entre les syndicats du secteur public et les gouverneurs républicains est un peu plus compliquée qu’il n’y paraît. J’en parle à Planète Terre avec l’américaniste Pierre Martin et le spécialiste en syndicalisme Claude Rioux. Puis, « Liberté pour la recherche », une analyse des contraintes imposées aux chercheurs présentée par la juriste Andrée Lajoie.

Mes cinq questions à Mme CSN

ae4886e7f896f4825e413d1af8c4e4fc2Pendant que Pierre Karl Péladeau réfléchit aux cinq questions que je lui ai posées, je récidive en tournant mes points d’interrogation vers la présidente de la CSN, Mme Claudette Carbonneau.

(Transparence totale: Mme Carbonneau m’a quelquefois invité à m’adresser à des instances de la CSN, où j’ai pu en toute liberté exprimer les défis auxquels, à mon avis, le syndicalisme est convié. C’est vrai aussi pour la FTQ.)

Comme pour PKP, je vais aborder le conflit au Journal de Montréal, mais je vais déborder sur des questions plus large d’information et de relations syndicales/patronales.

Chère Claudette,

Permettez-moi de vous appeler par votre prénom car c’est notre pratique dans la vie civile et vous faites de même avec moi. Je suis, vous le savez, un allié critique du monde syndical (comme, ajouterais-je du monde entrepreneurial). Ma liberté de ton dans cette lettre ne vous surprendra donc pas.

Éloge du syndicalisme

On les enterre souvent, les syndicats. On note leur déclin, la disparition des usines qui étaient leurs châteaux forts. On les dit victimes de la nouvelle technologie, du travail autonome, de l’individualisme. Les comptes de dépenses de l’ex-président de la FTQ-Construction laissent un goût amer chez plusieurs syndiqués… et non syndiqués. On impute le déclin syndical à la mondialisation, surtout. Maintenant qu’il faut être souple, rapide, compétitif et efficace, pourquoi s’encombrerait-on de tels dinosaures ?

Étrange : un rapport de la Banque Mondiale affirme que ce n’est pas la présence, mais bien l’absence ou la trop grande faiblesse des syndicats qui fait problème, dans les pays du Nord et du Sud. L’impact social de la présence syndicale va sans dire. Quoique, ces temps-ci, cela va parfois mieux en le disant. Selon la Banque, le syndicalisme permet, partout, de meilleurs salaires. Il réduit l’écart de revenus entre les travailleurs spécialisés et ceux qui n’ont pas cette chance. C’est un facteur d’égalité des sexes, non seulement parmi les syndiqués mais, par voie d’entraînement, dans la société toute entière. Il permet aussi la promotion des salariés des minorités raciales. Indirectement, son existence rend plus rentable le fait de terminer ses études. Le syndicalisme contribue donc à envoyer un signal productif à toute la société : qui s’instruit s’enrichit.

Obama contre Wal-Mart

Il se passe quelque chose. Au moment où l’administration Obama s’apprête à faciliter la syndicalisation des travailleurs américains, le géant Wal-Mart, connu pour son antisyndicalisme, augmente ses contributions au Parti démocrate.

Vous le savez, Wal-Mart est le premier employeur au monde, avec 1,8 million de salariés. Les autres plus gros employeurs, dont McDonald’s, sont loin derrière, avec un minime un demi-million de salariés. La société fondée par Sam Walton mène la charge antisyndicale sur toute la planète. Seulement deux peuples irréductibles ont réussi à lui imposer des organisations syndicales : un milliard de Chinois et sept millions de Québécois !