Ministre, 48 heures chrono !

« Le commencement est la moitié de l’action ». C’est le vieil Aristote qui disait ça, et c’est toujours vrai.

J’ai pensé qu’il serait instructif de consigner pour moi-même, et pour vous chers internautes, le tourbillon dans lequel un nouveau ministre est plongé pendant ses premières 48 heures. Je n’en ferai pas une habitude, n’ayez crainte.

Ministre, Jour 1, jeudi 20 septembre

Je me réveille donc ministre, jeudi 20 septembre, à 6h30. J’ai ma photo avec Mme Marois en « une » du Devoir. Ce doit donc être vrai: je suis ministre. De quoi déjà ? Relations internationales, Commerce extérieur, Métropole, Relations avec les Anglos. Je connais mes priorités: envoyer, rapidement, une série de bons signaux, réunir une équipe, parer au plus pressé.

À 7h30, petit-déjeuner de travail avec le conseiller diplomatique de Mme Marois, Marc-André Beaulieu. Il y a des dossiers internationaux qui ne peuvent attendre, quelques décisions à prendre.

André Bouthillier. Au cœur de tous les dossiers montréalais.

Autour de la table: mon chef de cabinet, le vétéran François Ferland, et André Bouthillier, adjoint pour la métropole et le commerce. J’ai beaucoup insisté pour qu’André, un ami de longue date, mais surtout un homme plongé dans tous les grands dossiers montréalais depuis 20 ans, soit à mes côtés.

C’est une sécurité pour moi et un signal de compétence envoyé aux acteurs de la métropole. J’ai proposé aussi un sous-ministre de la Métropole qui doublera ce signal, mais il faudra attendre la semaine prochaine pour pouvoir l’annoncer.

Avant 9h00, les journalistes nous attendent à l’entrée du Conseil des ministres. C’est toujours un peu la boîte à surprise. Quelles questions poseront-ils ? En voici une, sur nos attentes envers les Français lors de la visite, non encore officiellement confirmée, de Mme Marois en France à la mi-octobre ? Allez-vous vous contenter du « ni-ni » ?

Je dois donc prononcer mes premiers mots comme chef de la diplomatie, et il ne faut pas se tromper. Il y a deux étages dans la position française face au

Québec. La « non-ingérence et non-indifférence » – le ni-ni – dans la question de l’avenir du Québec, introduite par Raymond Barre dans les années ’70. C’est la ligne de base, abandonnée seulement par Nicolas Sarkozy.

Puis il y a « l’accompagnement du Québec dans ses choix », un peu plus engageant. C’est Louise Beaudoin qui l’avait inventé sous Giscard en 1977 et, chaque fois, avec Mitterrand puis Chirac, nous sommes montés à ce second étage.

À la question directe, il ne faut donc pas hésiter et répondre fermement que nous nous attendons à l’accompagnement. Je sais que les diplomates français — et canadiens, sont aux aguets . Comme l’Agence France Presse, qui en fait une dépêche. (Note mentale d’informer immédiatement la première ministre de ma déclaration.) Puis sur le reste des rapports France- Québec j’insiste sur la « continuité » et sur le « remarquable travail de M. Charest » dans le dossier de la reconnaissance mutuelle des diplômes.

Au Conseil

Je suis évidemment tenu au secret sur les délibérations du Conseil des ministres. Mais je me sens autorisé à noter deux choses. Lorsque j’étais conseiller, de 1994 à 1999, le conseil se réunissait dans la « soucoupe » du « bunker ». Une pièce circulaire sans fenêtre.

Lorsque les choses allaient bien, politiquement, l’endroit clos induisait la convivialité, l’esprit d’équipe. Mais lorsqu’elles allaient mal – ce qui était fréquent – l’enfermement augmentait le sentiment glauque, la sinistrose.

De belles grandes fenêtres…

La nouvelle salle du conseil des ministres est au contraire entourée de grandes fenêtres sur trois côtés, laissant entrer la lumière, donc un peu d’élévation et d’optimisme. Un changement bienvenu.

La Première ministre ouvre la séance avec le ton et l’esprit de décision dont elle fera preuve un peu plus tard en point de presse pour annoncer la rafale de décisions de ce premier jour de gouvernement péquiste.

On la connaissait chef de parti et chef d’opposition. On la découvre chef de gouvernement. Sereine et déterminée, enfin en position de faire bouger les choses. Les messages à ses ministres sont clairs, directs, nourris de l’expérience et libérés par la prise du pouvoir.

Nous sommes ensuite réunis dans une autre salle avec nos chefs de cabinet, ce qui nous permet de découvrir le nom des chefs de cabinet de nos collègues. Pour moi, parmi les bonnes surprises : Thierry Saint-Cyr, l’ex-député bloquiste de Verdun et candidat défait de peu à l’élection du 4 septembre (j’étais allé faire du porte-à-porte avec lui). Je le découvre chef de cabinet de Sylvain Gaudreault, ministre des Transport et des Affaires municipales, avec lequel je travaillerai sur les dossiers métropolitains. Thierry connaît déjà ces dossiers comme le fond de sa poche. C’est excellent.

Martine Tremblay, l’ex-chef de cabinet de René Lévesque et sous-ministre de la culture et des relations internationales, nous fait une présentation sur l’organisation de l’administration publique, les rapports entre fonction publique et cabinet, les rôles, les écueils, l’attitude à adopter.

Je la prends à part ensuite pour discuter de la délicate opération de fusion des services des Relations internationales et du Commerce extérieur.

Anglo-Man

À la sortie, les journalistes nous harponnent encore. Les Anglophones, en particulier, veulent savoir pourquoi on devrait me prendre au sérieux dans mon rôle de ministre du dialogue avec la minorité historique québécoise. Sur Twitter, untel m’appelle déjà Anglo Man. Dans la Gazette, Phil Authier a fait un compte-rendu fidèle de ma première intervention sur le sujet, au sortir de la cérémonie d’assermentation, la veille.

Le chroniqueur Don Macpherson me traite, lui, de xénophobe. Ayant vu son texte en ligne la veille, je me suis permis le gazouillis suivant:

Eh ! Don Macpherson ! Je suis ton nouveau meilleur ami ! Reviens-en ! Câlins ! -JF

Retweeté 78 fois, il me vaut le titre de « Best tweet ever » par un anglo.

Devant des journalistes anglophones qui ont soif de controverse, je développe plutôt mes idées sur Marie-Mai, Leonard Cohen et l’empathie réciproque que les deux communautés devraient avoir pour la sécurité linguistique l’une de l’autre.

Bain et la liberté de la presse

Puis on m’accroche sur le fait que la station CJAD a diffusé une portion de l’entrevue avec Richard Henry Bain, l’auteur de l’attentat du Métropolis qui a appelé, de sa prison, la station de radio. « Vous me trouverez toujours du côté de la liberté d’expression et de la liberté de presse », dis-je. J’ajoute qu’il appartient aux médias de prendre leurs propres décisions éthiques.

« Ne contredisez-vous pas ainsi le ministre Bergeron ? » me demande-t-on. C’est la difficulté de l’exercice. Je n’ai aucune idée de ce qu’a dit mon collègue Stéphane, ministre de la Sécurité publique. Je m’entends improviser : « chacun a ses sensibilités », en m’éloignant. On me pose une autre question, je réponds à la blague : « Je vais m’en aller avant de contredire quelqu’un d’autre ». C’est le problème de l’ironie. Une fois écrite sur la page de journal, le lendemain matin, on ne comprend pas très bien si c’est une blague ou un aveu de panique.

Finalement Stéphane avait surtout parlé du droit de Bain, un détenu, de parler à une station de radio. Nos positions sont complémentaires. Mais je dois tout de suite en aviser la directrice des communications de la première ministre, Shirley Bishop, qui prépare Mme Marois pour son point de presse.

« Peuple du MRI »

Après une salade ingurgitée sur Grande Allée, plusieurs appels. Daniel Breton, de l’environnement, m’a informé qu’il y aurait, le lendemain midi, cérémonie à l’Hôtel de ville de Montréal pour la journée internationale de la paix. Il y sera et pense que je devrais y être. Ce serait une bonne occasion d’avoir immédiatement une rencontre de contact avec le maire Gérald Tremblay. Je demande de voir si cela peut s’organiser. Je veux envoyer le signal qu’on se met immédiatement au boulot. Le bureau du maire est ravi. Ce sera oui.

Michel Audet, mon nouveau sous-ministre. Il fait l’unanimité.

À 13h30, rencontre avec mon nouveau sous-ministre du MRI : Michel Audet, l’ex-universitaire qui fut le premier représentant du Québec à l’UNESCO, puis le responsable de l’organisation du Forum Francophone à Québec cette année. Nommé par les Libéraux à ces fonctions, M. Audet a fait l’unanimité pour sa compétence et nous a été chaudement recommandé de toutes parts. Je rencontre aussi mon sous-ministre adjoint pour le Commerce extérieur, Jean Séguin, jusque-là aux affaires économiques internationales du MDEIE.Audet me présente à une quarantaine de cadres du MRI. Je les salue un à un – j’en connais déjà un bon nombre – puis leur dis tout le bien que je pense du ministère, pour avoir beaucoup travaillé avec lui lors de mes années de conseiller, puis comme directeur du CÉRIUM.

On se dirige ensuite vers le hall de l’immeuble où attendent environ 200 membres du personnel. J’arrive par l’étage supérieur et, regardant par-dessus la balustrade, je suis surpris de les voir et ils sont surpris de me voir. Ils applaudissent. Les bras en l’air, je lance : « Peuple du MRI! » Ils rigolent et applaudissent encore. (Je me retiens de dire «Vive le MRI Libre ! »

Descendu au rez-de-chaussée, je sais avoir deux messages principaux à livrer. D’abord leur réitérer le bien que je pense d’eux et de leur travail. Plusieurs on lu mon billet récent sur le sujet. Mais je le fais en racontant la conversion de Lucien Bouchard. Ex-ambassadeur du Canada à Paris et sherpa de Mulroney pour la Francophonie, M. Bouchard avait développé un préjugé défavorable envers la diplomatie québécoise. J’explique comment, de rencontre en sommet, le premier ministre s’était ouvert à la qualité du travail de son ministère, jusqu’à en devenir un grand partisan.

Me tournant vers les quelques membres personnel de Québec du Commerce extérieur, j’explique comment, conseiller, je travaillais avec eux et le MRI pour organiser des visites à l’étranger et combien leur travail doit s’additionner à celui du MRI. « Il ne faut pas que le politique avale l’économique, ni que l’économique avale le politique » dis-je.

Puis je fais la liste de ce que je n’aime pas: les guerres d’égos ou de territoires, la rétention d’information, une hiérarchie trop formelle, l’inefficacité. Je fais la liste de ce que j’aime: le professionnalisme et la rigueur, la convivialité dans les rapports hiérarchiques, la fluidité de l’information, par dessus tout l’efficacité et la recherche de résultats.

Je fais lever la main de ceux avec qui j’ai déjà travaillé : une trentaine. Puis je fais lever la main de ceux qui ont été formé par le CÉRIUM, par l’UQAM, par les autres universités, jusqu’à mentionner Laval, où se trouvent une majorité de mains. Je mentionne ensuite l’école secondaire Saint-Georges de Thetford Mines (mon école) et j’en trouve un !

Je les avertis que « Raymond Bachand a eu l’honnêteté intellectuelle de nous dire qu’il manquait 800 millions » dans les revenus de l’État, qu’il faut additionner aux 800 millions à trouver pour atteindre l’équilibre budgétaire au premier avril.

« Alors il n’y aura pas d’argent. Cela nous force à continuer de pratiquer l’art de l’impossible. À avoir des idées, de l’ingéniosité, de la créativité. »

La réception est bonne, les sourires nombreux. Alors je prends le risque, en finale :

« Voulez-vous travailler avec moi ? »

Oui, crient-ils.

« Voulez-vous avoir du fun ? »

Oui…

« Voulez-vous gagner des prix ? »

Oui…

« Il y en aura pas de prix ! Mais il va avoir… des réussites ! »

Rires et applaudissements.

Je vais ensuite saluer un à un les gens du Commerce extérieur, pour continuer à les assurer de mon soutien dans la réorganisation qui s’amorce. Je ne veux pas de perdant dans cette fusion, que des gagnants !

En voiture !

Petite rencontre de travail, ensuite, où on me remet un gros cartable qui fait le point de situation sur tous les dossiers en cours.

Puis, hop, dans la voiture. Passage à mon appartement prendre la valise et demander à mon voisin de palier, Léo Bureau-Blouin, s’il veut embarquer avec moi pour le retour à Montréal. C’est oui. Un billet d’autobus d’économisé pour les finances publiques !

Dans la voiture, conduite par mon constable André, je me mets à lire le cartable et multiplie les appels. Je donne des directives pour rencontrer, dès lundi à Montréal, des anciens ministres de la métropole, péquistes et libéraux. Je veux des conseils, des avis, des critiques et des trucs. Je veux rencontrer mardi matin des journalistes spécialisés sur Montréal pour pouvoir leur poser des questions et profiter de leur savoir, de leur recul et de leurs intuitions.

Christine Fréchette. Toute une recrue !

Je suis submergé de demande d’entrevues. Les journalistes ont mon numéro de cellulaire et s’en servent. Il est urgent de me trouver une attachée de presse. J’ai ma petite idée depuis un moment : Christine Fréchette. Fondatrice du Forum sur l’intégration nord-américaine, parfaitement trilingue, je l’avais embauché au CÉRIUM pour coordonner les Chaires États-Unis et Mexique, ce qu’elle a fait avec brio. Au bout du fil, je lui dis la savoir surcompétente pour le simple rôle d’attachée de presse. Je la désignerai aussi chargée de mission, sur des dossiers. Elle accepte. Elle entre en fonction le lendemain matin.

Lorsque j’apprends cette nomination à la communicatrice en chef, Shirley Bishop, elle m’en félicite !

À côté de moi, Léo reçoit des appels de ses amis leaders étudiants. Mme Marois vient d’annoncer l’annulation de la hausse libérale et l’abrogation de la liberticide loi 12 (ex projet de loi 78) (ce n’était pas tant les restrictions à la liberté de manifestation qui me choquaient que le régime des amendes imposées à des tiers en cas de non respect de la loi). Il a Martine Desjardins en ligne. Je la salue.

Appels, textos, notamment à Nicolas Marceau, des Finances, au sujet des négociations commerciales Canada-Europe, dont il faut discuter rapidement. Des gens m’appellent, m’écrivent, m’envoient des textos pour me féliciter, pour envoyer un C-V, proposer une stratégie.

J’appelle les trois membres du PQ de Rosemont dont c’est l’anniversaire aujourd’hui. J’essaie de le faire tous les jours. Ils sont surpris de m’entendre. On jase. Ils trouvent qu’on commence bien. Me souhaitent bonne chance.

Des embouteillages nous ont retardé au sortir de Québec. Misère! J’arrive en retard à la rencontre parent-professeur à l’école de mon fils. Exactement ce que je voulais éviter. Mais j’ai le temps de parler avec le prof et de rattraper l’info perdue.

Je suis vanné, au moment de me coucher. Mon corps veut dormir. Pas mon cerveau. C’est un peu comme lorsque je suis en pleine rédaction d’un bouquin. Mon cerveau fait des liens, a des flashs. Une seule façon de s’endormir: prendre ces idées en note sur mon iPhone, sinon mon cerveau refusera de me laisser m’endormir.

Ministre, Jour 2, vendredi 21 septembre

Au réveil, un des flashs de la nuit s’impose à moi. J’ai avisé tout le monde, à Québec, que je serais un ministre plus montréalisé que ce que certains estimeraient optimal. C’est que mes responsabilités montréalaises, multipliées par mon indispensable présence auprès de mes enfants, vont m’ancrer dans la métropole chaque fois que faire se peut.

Mais il ne faut pas que les gens de Québec ou des régions en concluent que je suis ministre des Relations internationales de la Métropole. Je mets Régis Labeaume en ligne pour lui avouer mon malaise et nous convenons de nous voir dans les jours qui viennent pour discuter des projets internationaux de la capitale, et que ça se sache.

J’ai encore ma binette en une du Devoir. Deux fois en deux jours, il faut que ça s’arrête. ! « Anglos: le choix de Lisée fait jaser« . Mélange de scepticisme et de bonne volonté de la part des interlocuteurs interrogés. Le commissaire aux langues officielles, Graham Fraser, se dit « très content » et me lance quelques fleurs. Je les prends pendant qu’elles passent.

En route vers le travail, je rappelle le bureau du ministre fédéral du Commerce extérieur, Ed Fast, qui a placé un appel et voudrait me parler. Son adjoint est surpris de me trouver au bout du fil, mais pour l’instant je suis ma propre réceptionniste et il n’y a que dans mon iPhone qu’on trouve mon agenda. RV téléphonique est pris pour le début de la semaine suivante.

À 9h00 je rencontre l’équipe de la Métropole, Tour de la bourse. Je m’attendais à un petit groupe d’une demi-douzaine de personnes. Ils sont 50, chargés d’une panoplie de dossiers, comme je le découvrirai en feuilletant l’imposant cartable qu’ils me remettent.

Je vois d’abord la sous-ministre adjointe Claire Deronzier, qui dirige cette équipe avec énergie et qui me présente ses adjoints, puis toute l’équipe.

Je les salue un à un, leur demandant d’identifier leurs dossiers, ce qui me permet d’en mesurer la diversité. Un grand gaillard, en chemise bleue, me dit être responsable des « contrats et de l’éthique ». Pause. Je le prends dans mes bras et lui tape gentiment le dos !

Devant tout le groupe, je sens que je dois les rassurer sur mon statut de diplomate toujours en mission, alors que la tâche est si lourde à Montréal. Je leur explique que je serai très présent et que je laisserai volontiers mes collègues, le vice-premier ministre, le ministre de l’économie, la ministre de la stratégie industrielle, mener quelques missions.

J’insiste sur le fait que je suis conscient de l’ampleur de mon ignorance sur plusieurs dossiers et que j’aurai vivement besoin de leur aide, de leur expertise et de leurs conseils.

Même laïus sur ce que j’aime et n’aime pas. Même accueil. « Voulez-vous travailler avec moi? »…

De retour à la direction du secrétariat à la Métropole, je demande d’être tout de suite mis au fait du dossier de l’échangeur Turcot. Dans les journaux du matin, le maire de l’arrondissement et l’opposition à l’Hôtel de ville réclament une réouverture du dossier. Je m’attends à ce que le maire Tremblay et les journalistes me posent la question.

Ce serait évidemment insensé de prendre position si rapidement sur un sujet si sensible — et qui concerne au premier chef le ministère des transports — mais je dois savoir de quoi il retourne. « Est-ce seulement théoriquement envisageable, dans le calendrier, d’en rediscuter? » On me donne des réponses préliminaires.

Le fils d’entrepreneur

On traverse la rue à pied pour se rendre au Centre de commerce mondial, où se trouvent mes bureaux montréalais du MRI et du Commerce extérieur. (Ce sera pratique, mon personnel montréalais est vraiment regroupé à quelques minutes de marche.) Brève rencontre avec la haute direction, puis avec la cinquantaine de membres du personnel qui ne sont pas en mission de vente à l’étranger.

Encore une fois, leur parler un à un. Mais je sais que c’est le moment le plus délicat. Ces personnes, les démarcheurs économiques du Québec, viennent d’apprendre que leurs services, jusqu’ici autonomes, vont se fondre dans le MRI. Ils sont inquiets.

Et puis ils sont sous le choc, je suppose, d’avoir à leur tête un intellectuel universitaire souverainiste qui, pensent-ils peut-être, ne doit rien connaître à l’économie et à sa culture.

« Je vais vous parler de mon père ». Et je commence, pour plusieurs minutes, le récit de l’entrepreneur-en-herbe, fils de boucher dans le micro-village de Fontainebleau dans le Haut-Saint-François. Sa première carrière de vendeur de viande, de bière, de voitures et de ciment. Puis l’épicier local, puis régional. Ses aventures dans l’immobilier, l’hôtellerie.

« Je vous dis tout ça parce que je sais ce que c’est d’être un entrepreneur. Je connais la culture d’entreprise. Je sais que votre travail d’épauler les entrepreneurs québécois, les exportateurs et d’attirer des investisseurs est différend du travail de conclusion d’ententes entre gouvernements. Je suis ici pour vous dire que je serai le garant de votre travail, de votre culture. Il n’est pas question de perdre votre expertise, je veux au contraire la déployer mieux encore. »

Et voici ce que j’aime et ce que je n’aime pas.

Alors? « Voulez-vous travailler avec moi ? »…

À la sortie, le sous-ministre adjoint Séguin rayonne. « Un coup de circuit », dit-il. Il est vrai qu’il travaille pour moi. Mais il semble sincère. Moi, je pense avoir fait le maximum.

Vers chez Gérald

Il est 11h15 et il faut partir vers l’Hôtel de Ville où nous attendent le maire et les participants de la journée internationale de la Paix.

Dans la voiture, André Bouthillier me donner une copie du discours préparé pour l’occasion par les services du MRI. Sensation étrange. Je me revois donner des discours à mes anciens premiers ministres. En recevoir ? Jamais. Je le lis en vitesse et suis agréablement surpris par sa qualité. Je biffe ici et ajoute là, mais à peine. Tout à l’heure, j’appellerai directement le scribe pour le féliciter.

Ils sont environ 150, membres d’organisations favorables à la paix, ONGs, Fondations (je serre la main à Brian Bronfman, le philanthrope de la famille, qui parle un bon français). Le DG du Cégep Dawson y est aussi, car cet événement est aussi lié au thème de la non-violence, la réponse de Dawson à l’ignoble tuerie dont elle a été victime. Ils ont inauguré l’année précédente un « Peace Garden » dans l’enceinte du Cégep et plusieurs étudiants sont dans le « Peace Bus » qui est à l’ONU pour l’occasion.

Le DG, Richard Filion, et moi avons le temps d’échanger sur le sujet épineux de l’accès des non-anglophones aux Cégeps comme le sien. Échange civil mais non concluant. Je croise aussi Richard Bergeron, de Projet Montréal, et on convient de se voir bientôt.

Sur l’estrade, le chef Algonquin Dominique Rankin bénit l’assistance et est suivi par les discours de Gérald Tremblay et Richard Filion. Ce qui me permet de faire des ajustements et ajouts à mon texte.

Nous étions convenus que Daniel Breton parlerait avant moi. Mais le message ne s’est pas rendu et on m’invite d’abord. J’annonce que nous sommes un gouvernement de collaborateurs et que je dois présence à Daniel. Je l’invite à parler.

Il improvise remarquablement sur les liens entre nature et paix, l’homme étant « dénaturé » et devant retrouver son respect pour l’environnement pour retrouver la paix.

De retour sur l’estrade, je livre le discours préparé par le MRI et en sors pour ajouter quelques considérations, en anglais, sur la chute du nombre de conflits dans le monde depuis 1995. Puis je salue la contribution de Dawson à cet événement et ajoute:

« Whatever one can think of who should or should not be able to attend a Cegep, it has to be stated that Dawson is a jewel of Montreal, a pillar of the English community, and it shall remain so. »

Avec Gérald

J’avais l’impression qu’on ferait d’abord la rencontre avec le maire, puis le point de presse. Mais les journalistes nous accrochent d’abord. « Euh, dis-je à Gérald, je pensais qu’on se verrait d’abord et qu’on dirait ensuite aux journalistes que la rencontre s’était bien passée ».

« Ça va bien se passer » répond le maire qui, en fait, a parfaitement raison.

On a le temps de dire aux journalistes qu’on se connaît bien, lui et moi, qu’on a développé une connivence depuis de longues années car, alors journaliste à L’actualité, j’avais écrit sa biographie dans le très peu lu « Les Prétendants ». Je l’avais appelé, lui le ministre optimiste de Robert Bourassa: « L’anti-sceptique de Québec ».

Gérald répond à toutes les questions, surtout sur le Bixi, ses finances et son rayonnement international. Ne voyant pas venir la fin du point de presse et sentant que le temps passe, je prends sur moi de le prendre par la taille et de lui signifier que nous devons aller travailler. On verra la scène au TJ de 18h de Radio-Canada.

En rencontre privée avec Daniel Breton et des membres de l’équipe du maire, on fait le tour de tous les grands sujets d’actualité, les attentes de la ville, la difficulté des finances de Montréal et de Québec, l’importance de sérier et de prioriser les projets.

Le maire est très heureux de mon choix d’André Bouthillier à mon cabinet. Il est dans la confidence pour la nomination du futur sous-ministre à la Métropole. Il applaudit.

Gérald avait raison, cela s’est très bien passé. Nous sommes sur la même longueur d’ondes.

Adulte et vacciné

De retour au bureau vers 14h00, m’attend mon attachée pour Rosemont, l’increvable Véronique Bergeron, qui déploie devant moi des formulaires à signer, des invitations à accepter ou à décliner. Je bloque la journée du vendredi suivant pour les rencontres dans le comté.

On fait le point avec François Ferland sur des infos sur notre masse salariale (on tente de savoir combien de gens on peut embaucher au cabinet — réponse: moins qu’on pensait!), sur les invitations lancées pour le lundi et le mardi, puis je file me faire vacciner contre la fièvre jaune. Oui car je dois me rendre, à la mi-octobre, à Kinshasa pour le Sommet de la francophonie. Je dois aussi remplir des nouveaux formulaires de passeport, faire des photos, toute la gomme…

Mon sous-ministre Michel Audet m’informe qu’il a réduit le nombre de personnes prévues pour ce voyage, car il faut faire preuve de rigueur budgétaire. J’en suis ravi.

J’apprends que François Legault a donné à Jacques Duchesneau le poste de critique, entre autres, des Relations internationales. Je dois trouver son numéro pour le féliciter et lui offrir toute ma collaboration (ce que je ferai le lendemain — un ami journaliste me filant son numéro de cell !).

Christine me fait rapport sur les nombreuses demandes d’entrevue. Nous prenons la décision: ma première entrevue proprement dite comme ministre sera accordée, en anglais, au bulletin de 18h00 de CTV News Montreal, ce lundi.

Je continue à travailler sur le dossier anglo, j’ai deux ou trois idées, je parle à des gens. J’ai dit avoir « une crédibilité à construire ». C’est ce que je tente de faire.

En soirée, j’emmène fiston au Stade Olympique, car son PDG m’a invité à voir la nouvelle configuration spectacle, de 12 à 15 000 places, du Stade. C’est le tombeur des latinas Marc Anthony qui inaugure l’endroit. Tout le Montréal latin y est.

« Vous aimez la musique latino ? me demande un d’entre eux » Je réponds dans mon espagnol hésitant que, bien sûr, il faut être éclectique. (En fait j’aurais de loin préféré entendre l’ex d’Anthony, Jennifer Lopez. Allez savoir pourquoi…)

« Me parecia que usted fue muy gringo » répond-il, un peu surpris.

Ce sera la dernière personne que je surprendrai en ce jour, le second de mon nouvel emploi. Je tombe de sommeil. Fiston aussi. On part avant la fin, laissant les latinos et latinas-montréalaise se déhancher au son du crooner, sous le toit suspendu.

Buenas noches…

85 réflexions au sujet de « Ministre, 48 heures chrono ! »

  1. Vous m’épatez! Prendre le temps de décrire votre quotidien comme vous le faites nous permet d’apprécier un politicien engagé . Votre formation journalistique est tout à votre honneur pour les gens qui vous suivent.

  2. par exemple:  »Et puis ils sont sous le choc, je suppose, d’avoir à leur tête un intellectuel universitaire souverainiste qui, pensent-ils peut-être, ne doit rien connaître à l’économie et à sa culture. »
    j’aurais aimé mieux:  » Ils sont sous le choc. Avoir à leur tête un intellectuel souverainiste, ex-journaliste international? Que connait-il, lui, à l’économie et la culture?  » (ponctuation,phrases courtes, punchées, rythme, pas commencer les phrases avec des Et, la méthode du docteur Barbeau,Académie française.)

  3. Bravo M. Lisée! Il faut être fort et bien préparé pour occuper ce poste.

    Prendre le temps de nous communiquer ce que vous faites est un tour de force! Merci!

  4. Bravo M. Lisée et toutes mes félicitations pour votre nomination à ce poste ôh combien mérité. Je suis vos performances dans le cadre des activités du CÉRIUM, Planète terre entre autres et en tant que chroniqueur talentueux dans le journal Actualité de façon anonyme depuis 2009, année où je suis entré au Québec.

    Je salue tout simplement l’homme et l’intellectuel engagé. Qu’on soit de votre bord politique ou pas, votre engagement mérite d’être souligné.
    Mais en tant qu’Africain, subsaharien et francophone, je souhaite que vous puissiez laisser votre marque de fabrique dans cette zone francophile et fragile. Votre illustre concitoyen, l’honorable Paul gérin-Lajoie, y a fait construire et rénover des écoles afin d’aider tout simplement des enfants à retouver le chemin de l’école pour savoir lire et écrire.

    En tant que premier chef de la diplomatie Québécoise, je vous exhorte à suivre cet exemple. Vous pouvez et devez vous appuyer sur un véritable instrument culturel et politique qu’est l’OIF (Organisation internationale de la francophonie) pour faire rayonner le Québec en dehors de sa province (en afrique francophone) même si beaucoup de diplômés originaires de cette partie du monde ont du mal à s’intégrer professionnellement ici. Nous avons en commun le partage de cette belle langue aux multiples facettes. Dans ce monde ce n’est pas seulement le bisiness qui doit primer. C’est aussi ça mais avec la richesse humaine en filigrane. Encore une fois FÉLICITATION et bonne chance, car de votre réussite dépendra l’image de marque du Québec à l’internationale même si cette prérogative est partagée avec le fédéral.

  5. Monsieur le ministre
    Depuis quelques décennies, j’ai eu le grand bonheur d’assister à plusieurs de vos conférences, de lire plusieurs de vos ouvrages. Votre compte-rendu de vos premières journées, à titre de ministre des relations extérieures, de la francophonie et du commerce extérieur, montre bien votre engagement, votre attitude démocratique. Je suis sûre que vous aurez un impact important.
    Et, j’ose dire – avec un peu d’humour – que Vous saurez « Comment mettre la droite K.-O. en 15 arguments »
    Merci beaucoup beaucoup

  6. Monsieur le ministre
    Depuis quelques décennies, j’ai eu le grand bonheur d’assister à plusieurs de vos conférences, de lire plusieurs de vos ouvrages. Votre compte-rendu de vos premières journées, à titre de ministre des relations extérieures, de la francophonie et du commerce extérieur, montre bien votre engagement, votre attitude démocratique. Je suis sûre que vous aurez un impact important.
    Et, j’ose dire – avec un peu d’humour – que Vous saurez « Comment mettre la droite K.-O. en 15 arguments »
    Merci beaucoup beaucoup

  7. Ping : Le Chialeux De Salon » Blog Archive » Les 48 heures du ministre Lisée

  8. Je n’ai pas voté pour le PQ.
    Je n’aime pas le programme politique du PQ.

    Mais il faut rendre à César ce qui revient à César. Le générosité avec laquelle vous partagez ce compte-rendu, votre bonne volonté évidente et votre amour du Québec transcendent ce texte.

    Non seulement je vous souhaite bonne chance M. le ministre, mais je suis ravi que vous me représentiez à l’étranger.

    Un libéral, qui vous apprécie malgré les divergences partisanes.

    P.S. Si vous pouviez nous refaire le coup du compte-rendu lors du sommet de la francophonie, ce serait grandement apprécié. D’ailleurs, y a-t-il d’autres ministres qui ont pris le soin de faire ce genre de compte rendus, ici ou ailleurs? Je pense que c’est justement en rétablissant cette proximité avec les électeurs que l’on va combattre la désaffection citoyenne envers la politique. Encore bravo.

  9. Je vous ai écouté à Laval, au souper dans Fabre en avril, et j’avais aimé beaucoup votre présentation. Après, pendant l’été j’ai lu 2 de vos livres, Super aussi! Mais, maintenant, c’est vous même et c’est le meilleur! J’ai confiance que le PQ va redonner aux Québécois le goût d’aimer la politique, la vrai et le simple: quelqu’un qui veut le meilleur pour tous, majorité ou pas, l’important c’est de faire son mieux. Malheureusement, il y a « les autres » à qui il ne faut pas donner trop d’attention, mais pas les laisser faire non plus.
    Bravo à vous et à Pauline avec toute l’équipe du PQ que je trouve plus « humaine » que politique, c’est ça le Vrai changement!!! Prenez-soin de vous!!!

  10. J’ai vraiment adoré vous lire M.Lisé. C’est difficle pour le commun des mortels de comprendre ce que peut être le travail d’un ministre, mais vous avez soulevé un coin du voile et je vous en remercie!

  11. Merci M. Lisée de nous avoir fait partager les 48 h dans la vie d’un ministre péquiste nouvellement élu. J’étais à bout de souffle à vous suivre dans vos déplacements qui s’enchaînaient à une telle allure. C’était captivant. Vous nous avez appris qu’il faut être au fait de tout et qu’il faut être bien entouré, bien supporté si l’on veut arriver à ses fins.
    J’ai lu tous les commentaires positifs à votre endroit. Signe que vous êtes très, très apprécié et ça ne fait que commencer.

  12. Cher Jean-François,
    Comme j’ai eu plaisir à lire la description de ce 48 heures. Vous n’aurez pas le temps d’écrire autant chaque jour mais, je connais votre capacité de rédacteur et je sais que vous nous régalerez encore. Je vous souhaite, très sincèrement, beaucoup de plaisir dans la très lourde de tâche que vous a confiée la Première Ministre car je sais que vous y mettrez toute l’ardeur dont vous êtes capable et vous réussirez! Je suis très touchée aussi que vous évoquiez le temps passé avec votre famille, c’est l’illustration que les pères d’aujourd’hui sont différents, et s’organisent autrement. Bravo.

  13. J’aime beaucoup votre blogue! Merci pour toute l’information pertinente que vous partagez avec nous. Cela contribue à mon bagage politique. Aussi, en plus d’être intelligent, vous avez une personnalité très positive, vous êtes rassembleur et ouvert sur le monde!

  14. Vous me donner envie de retourner travailler au MRI…Quel vent de fraîcheur..M Audet et vous. Ils sont chanceux mes anciens collègues!!! Vive les relations internationales modernes, ouvertes et pas coincées ;-)

  15. Bonyene de bonyene! On dirait une journée dans ma vie au siège social du Cirque du Soleil (sauf pour les clowns)… :-)

  16. Je suis plus qu’impressionnée, je suis flabergastée de vos premiers 48 heures dans la vie d’un ministre. Tout comme Mme Marois ça fait plus de 25 ans que vs vs préparez à ce titre et ça paraît! Nous savourons avec vous votre succès et merci énormément pour le partager d’une façon si imagée, si sentie, si drôle, si intellectuelle, quel cadeau vous nous faîtes! Prenez-soin de vous. :o))

  17. Bravo M. Lisée !

    Je souhaite que votre rythme de travail puisse inspirer vos collègues ministres et que vous même puissiez continuer votre excellent travail sans mettre en danger votre santé.

  18. C’est cool de nous avoir partagé ta journée et tu peux recommencer!
    Tu montreras un coté de la politique que personne ne connait justement et c’est bon que les citoyens sachent ce que vous vivez.
    Tu as tellement le talent pour le faire en plus, c’est en plein toi ça!
    Bonne route Jean François et bon courage!

  19. Cher Jean-François,

    Liette et moi avons pris connaissance de ton compte rendu de ton premier 48 heures. Super intéressant et agréable à lire. On sait que tu n’auras pas le temps de faire cela très souvent – et c’est fort compréhensible – mais ce fut extra! Merci.

    J’en profite pour te souhaiter à toi et à mon grand ami André Bouthillier le meilleur des succès dans la tâche immense qui t’incombe.

    Amitiés et au plaisir.

    Marcel Barthe

  20. Vraiment passionnant ! Un gros merci de nous faire partager tout ça. Si vous avez un peu de temps, n’hésitez pas à répéter l’exercice. Peut-être suite au Sommet de la francophonie à Kinshasa. ;) Encore merci et surtout félicitation.

  21. Blog intéressant et instructif. Le MRI va devoir passer à un rythme supérieur, ce dont il a besoin, et ce dont les uns et les autres sont capables. La re-fusion avec le Commerce extérieur était souhaité par tous ceux qui avaient sérieusement examiné la question. Bon vent, Monsieur le ministre!

  22. Cher M. Lisée, ce fut un 48 heures enlevant… en organisation et coordination de toutes sortes. Je vous félicite car ça m’a personnellement permis d’apprécier l’ampleur et les responsabilités réelles d’un ministre engagé. Je suppose que vous allez vous auto-réguler parce qu’à ce rythme, pas sûr que vous allez tenir le marathon qui s’annonce. Obligez-vous à prendre un peu de recul obligatoire pour vous et vos proches, vous ne vous en porterez que mieux. C’est égoïste de ma part cette suggestion mais, on la fait, quand on veut garder quelqu’un de précieux… longtemps! Bon succès. ;-)

  23. Super idée! Et très intéressant! J’espère que votre nouvel emploi vous laissera le temps de continuer à raconter la vie de ministre.
    Merci beaucoup.

  24. Citations d’Aristote:
    L’ignorant affirme
    Le savant doute
    Le sage réfléchit

    Je vous souhaite aussi du temps pour la réflexion malgré votre horaire surchargé.
    Bonne chance!

  25. Merci ! M. Lisée, quel moyen imaginatif de faire comprendre le travail d’un ministre et de l’expliquer.
    C’est rassurant de connaître la façon dont vous travailler pour le Québec.
    Merci et bon mandat.

  26. Mille « Mercis » monsieur Lisée. Du pur bonheur! Ça se lit comme un roman ou si vous préférez comme une audience à la défunte commission Bastarache. Puissiez-vous avoir l’énergie et le temps de nous entretenir de vos journées.encore et encore….

  27. Avec vous au pouvoir, au cotée de madame Marois. Je peux vous dire que je ressens réellement la confiance l’hônneteté et la prospérité.

    Bravo à vous. Je vous souhaite longue vie au pouvoir.

  28. La politique est un métier que l’on se doit de respecter, peu importe ses travers. Votre blogue le démontre parfaitement. Un peu plus de contacts personnels comme celui-ci avec les électeurs serait bienvenu. Passez le message à vos collègues.
    Félicitations et bon courage M. Lisée !

  29. Vous me sortez des romans pour me plonger dans un autre, un vrai ! Quel personnage principal vous faites ! Contrairement à un héros de papier, vous êtes en chair et en os, faudra quand même pas vivre des journées aussi chargées à tous, tous les jours. Je vais mettre ça sur le compte du début où il faut mettre tant d’énergie pour partir le bal sur le bon pied.

    En tout cas, vous avez bien fait ça, plus que ça, on meurt pas, mais on dort plus.

    Et j’admire votre détermination à garder des trous d’horaire pour votre progéniture. Ça va demander beaucoup d’organisation et d’ingéniosité, et pas trop de trafic !

  30. Bonjour M. Lisée,.

    J’éprouve un certain malaise à vous lire. Non pas que ce ne soit pas intéressant, bien au contraire. Mais je me demande si cette activité est bien compatible avec celle de ministre. Au surplus, le temps que vous consacrez à écrire sur ce carnet, vous ne le prenez pas pour votre famille qui en aura bien besoin de vous.
    C’est un peu vieux jeu, j’en conviens, mais c’est peut-être aussi sagesse!
    Jean-Pierre Proulx, journaliste et professeur retraité

  31. bravo m Lisée enfin un ministre et pas n,importe quel qui nous tiens au courant de ce qui ce passe et comment il travail et qui assume ces responsabilités. je suis tres content de vous avoir comme ministre et vous souhaite bonne chance on verras pour les détails plus tard justement en ce qui concerne montréal et son fameux maire tremblay qui base toute ou presque sa politique sur l,économie au lieux de cherché un équilibre entre la paix social et l,économie bien sur je fais ici allusion aux abus des policiers pendant la greve étudiante et encore samedi la violence provoqué par la police du maire tremblay.

  32. Extraordinaire! Que cela doit être trippant et motivant de vivre des moments intenses comme cela! Garder touojours le cap sur la réalité! Je ne suis pas inquiète pour cela,avec l’attitude que vous avez avec nous ,vos lecteurs fidèles.

    Bonne chance

    francine dumont locas
    Exécutif de St-hyacinthe et fan de vos livres.

  33. Ouf! Je suis vannée uniquement à vous lire… Mais quelle bonne idée de nous donner un aperçu de la tâche titanesque d’un ministre! Je vous souhaite la meilleure des chances dans vos nouvelles fonctions et j’espère, en effet, que vous aurez assez de temps et de ressources pour bien vous occuper de notre métropole, ma ville chérie, Montréal :)

  34. Très bonne idée que de nous donner un aperçu de ce 48 heures chrono!! Suis brulée juste à le lire!! ALors je vous envoie en pensée des tonnes et des tonnes d’énergie M. Lisée!!!!

    • Ouf ! moi aussi j’avais vraiment l’impression de suivre Jack Bauer mais en plus poli et raffiné…

  35. Incroyable ! Comme d’autres l’ont déjà mentionné, j’ai de la difficulté à imaginer comment tu as réussi à écrire un billet aussi complet en étant occupé comme tu l’es présentement. Enfin, je crois que tes détracteurs sont estomaqués, il n’y a eu que quelques petits commentaires négatifs sur ce blogue depuis sa mise en ligne, et aucun pour ce billet. Dans un monde peuplé de trolls comme l’Internet, c’est tout un exploit, et la preuve que ton travail et ta transparence sont tout à fait exemplaires !

    Je te souhaite la meilleure des chances pour la suite !

    (Oh, et si tu as besoin de révision linguistique pour ton blogue, il me ferait plaisir de t’aider, gratuitement, il y a quand même quelques fautes ici et là, dont une de terminaison « é-er » dans ce billet…)

  36. Toute votre équipe a raison de battre le fer pendant qu’il est chaud: alors qu’on déchire sa chemise à Gentilly, il faut d’urgence donner suite à cet engagement au programme du PQ: Comme homme de média vous savez l’importance de nationaliser la station Télé-Québec, instrument par excellence pour renseigner les négligents sur la rationnelle de l’indépendance du Québec.

  37. Anglos: sur le fil du rasoir!… Il semble que vous ayez le doigté. Et ce qui nous change des minisss libéraux, c’est que vous connaissez votre langue maternelle… ce qui ne vous a pas privé de connaître les autres langues (y’a pas que l’anglais comme langue seconde)

  38. Quelle fougue!Je vous remercie de garder le contact avec nous ,vos lecteurs assidus.Vous et votre gouvernement apportez un grand vent de renouveau et d’espoir.J’aime votre style et votre manière d’être….ça change de la langue de bois des politiciens à cassettes.MERCI!

  39. Je suis persuadé que Martineau va crever de jalousie
    s’il prend connaissance de ces commentaires élogieux
    (et bien mérités) .
    Félicitations M.Lisée et continuez à nous montrer ce dont
    vous êtes capable.

  40. Félicitations pour vos nominations, en espérant pour vous que vous êtes un peu hyper-actif.

    En lisant ce récit de vos premières 48 heures comme ministre, je suis convaincu que , dans une autre vie, vous auriez pu être un excellent vendeur d’autos.
    Le problème du vendeur d’autos face à un client, c’est pas de lui en vendre une, c’est de s’assurer qu’ultérieurement il pourra lui en vendre une deuxième, une troisième, …..et quelques autres. Au niveau politique, les Québécois sont habitués : Ils en ont vu passer bien des vendeurs de chars et se sont fait avoir par plusieurs.

    Attention ! Vous êtes légèrement en conflit d’intérêts sur la question linguistique dans votre votre nomination de ministre responsable des relations avec les anglais et les allophones de Montréal:Pouvez vous être leur Best Friend tout en demeurant le Meilleur Ami des francophones ? Sur la question linguistique, le Québec n’a pas le choix, il doit prendre des mesures additionnelles pour s’assurer que la langue de la majorité cesse d’être mis en danger et pour que subsiste la nation issue de la Nouvelle-France. À ce niveau, l’on doit cesser de tergiverser: Continuer à le faire serait creuser la tombe de l’épopée du peuple issu de la Nouvelle-France qui finira alors, éventuellement et fatalement, par cesser d’exister et cela peut importe que l’on soit le Best Friend de l’un ou le Meilleur Ami de l’autre.

  41. Quelle bonne idée ce blogue, intéressant et éducatif. Je reconnaît le rythme effréné et incessant de la vie de ministre que j’ai connue dans un cabinet du précédent gouvernement péquiste. J’aime beaucoup votre approche avec le personnel des ministères dont vous avez la responsabilité. J’espère que vous inspirerez vos collègues.

    En passant, en ce qui concerne l’accord entre le Canada et l’Europe, il faut veiller à exclure la santé pour ne pas risquer de défigurer notre réseau de la santé. Je vous suggère de consulter certaines organisations de secteur dont la FIQ et de regarder du côté de l’éducation aussi.

    La meilleure des chances pour la suite des choses, c’est bien parti!

    Sylvie Charbonneau
    Montréal

  42. Félicitations M. Lisée et merci pour cette généreuse et très originale contribution. Je souhaite que cette formule vous soit aussi utile que le plaisir qu’elle nous procure,

  43. “Le commencement est la moitié de l’action.”
    Il semblerait que c’est plutôt Wilfrid Laurier qui a dit ça. Aristote aurait quant à lui dit : « Le commencement est beaucoup plus que la moitié de l’objectif. »

  44. Bravo M.Lisée ,
    Dans le genre démystification et éducationnel c’est c’est vraiment intéressant .
    Si jamais tu vais une réflexion spécifique sur le dévelloppement du volet économique de Montréal et que tu veux un ciyoyen entrepreneur qui a des bureaux à Beleoil ,Trois-rIvières ,Québec et Sherbrooke et que tu crois que je puisse être utile il me fera plisir de collaborer avec toi.
    Salutations amicales et surtout bonne chance dans ce grand défi
    Renaud

  45. N’oubliez pas que les immigrants ne sont pas des anglos il faut leur parler en français
    N’oubliez pas que 90% des êtres humains ne parlent pas anglais et qu’il y a deux fois plus de pays francophones que de pays anglophones
    N’oubliez pas qu’au Québec certains nous empêchent de travailler si nous refusons de parler anglais et ceci en nous imposant abusivement l’anglais au travail
    NE NOUS OUBLIEZ PAS
    MICHEL GUAY

  46. Je vois en vous Jean-François celui qui nous mènera au grand jour…( vous n’avez pas à me répondre),
    encore une fois mes félicitations!

    • Entièrement d’accord! Vous faites partie de l’équipe du tonnerre qui va faire la seconde révolution tranquille! C’est bien débuté en TGV! Bravo!

  47. Je lis tout cela de PARIS… et je fais WA0 !!!!Fini le Ni-ni; on va vraiment se parler entre français et québécois.Un vent nouveau se lève… ça va décoiffer !!! attache ta tuque , en québécois…Merci monsieur LIsée. Nous avons hâte de vous voir.
    Andre COUPET

  48. Très palpitant de lire vos premières 48 heures comme nouveau Ministre….

    Je venais de faire une petite mise à jour reliée à mes recherches sur Bixi ( envoi à des journalistes ).

    Je vois le fil de presse sur RDI indiquant que Bixi sera encore dans le rouge en 2012….aucune surprise…

    Je retrouve le texte sur internet. (site Radio-Canada) Je surveille le Téléjournal pour voir le reportage sur Bixi. Je vois M. Tremblay accompagné de M. Lisée…( situation temporaire selon M. Tremblay )…

    Ma réaction….sur le non-dit…. c’est comme si M. Lisée dit à M. Tremblay…’vient-en’, arrêtes de dire des menteries sur Bixi….dégonfles ta balloune…

    Je ferai une autre intervention ( période de questions du public au Conseil Municipal ) ce soir reliée à la mauvaise gestion et la non-transparence de BIXI…. ( enfin, j’ai obtenu le rapport financier de la Société de vélo en libre-service (31-12-11). Je vais l’envoyer aux élus municipaux ce matin….

    On parle des compteurs d’eau avec une perte de plus de 7 millions….. On va tous bientôt comprendre que l’aventure Bixi aura coûté plus de 40 millions
    (perte sèche) ….

    Je cherche l’adresse courriel de M. Lisée pour lui faire parvenir tout le dossier Bixi ( 600 heures de recherche personnelle) au cours des prochaines heures….
    mbenoit56@hotmail.com
    Michel Benoit 514-993-8384

  49. Passionnant récit. Votre idée de maintenir l’équilibre linguistique du Québec est géniale. Elle empêche les batailles de territoire et apporte de la sérénité dans le paysage. Dans cet esprit il n’est peut-être pas nécessaire d’imposer le Cegep français aux allophones. Il faudrait voir cette mesure dans le cadre de l’équilibre que vous recherchez et de « l’empathie réciproque » que vous proposez. 

    Félicitations et bon courage.

  50. Très intéressant , pour ne pas dire fascinant votre texte. Je suis vraiment heureux de votre passage en politique. Vous, vos confrères et consoeurs ministres et aussi la première ministre, amènez une bouffée d’air frais et suscitez beaucoup d’espoirs.. Je m’empresse de transmettre le lien de votre blogue à mes amis (es) et quant à moi, vous m’avez hameçonné, je vais continué à vous suivre. Et même que ça donne le goût de m’impliquer encore plus pour la cause de la souveraineté.
    En vous lisant, j’ai la conviction qu’il se passe enfin quelque chose: La fin d’un certain cynisme. Et de l’espoir pour une nouvelle manière de faire de la politique et de faire avancer la souveraineté d’une façon pragmatique.

  51. C’est vraiment intéressant et instructif de lire sur votre expérience de nouveau ministre! Je sais que vous avez dit ne pas vouloir en faire une habitude, mais j’espère tout de même que vous recommencerai l’exercice lors d’évènement particuliers.

  52. Superbe!!

    J’ai bien aimé le « Peuple du MRI… ». Ça fait du bien de lire ce genre de chose…. :-).

    Haaa. Je me lancerait en politique juste pour être dans la gang… M’enfin… Je ne contenterai de vous serrer la pince quand je vous verrai peut-être à la tour de la bourse où je travaille.

    Bonne continuité !

  53. N’hésitez surtout pas à faire une habitude de ce genre de petits topos, M. Lisée. C’est là un des grands intérêts du ministre blogueur que vous êtes: il nous permet d’avoir quasi en direct une impression du déroulement des choses du point de vue du pouvoir, ce que nous n’avons généralement qu’en rétrospective sous forme de biographies, après plusieurs années.

    Je pense que mieux comprendre le travail que doivent abattre les élus et les ministres et mieux connaître les intervenants avec qui ils négocient ne peut qu’être bénéfique pour lutter contre le cynisme envers la politique qui a pris tant d’expansion sous les libéraux.

    Au plaisir de vous suivre dans cette aventure!

  54. Passionnant. Merci de lever le rideau sur ce travail si important auquel tous les ministres doivent actuellement s’affairer ! Mais reconnaissons que vous avez un doigté particulier ! Bonne route et encore bravo.

  55. Merci pour ce moment de pur bonheur, celui de lire les premières heures d’un ministre qui saura faire sa marque, sans pouvoir en douter.

    La meilleur des chances à vous, Monsieur Lisée

    • Très intéressant, instructif et valorisant ce temps que vous trouvez encore à nous donnez. J’apprécie aussi de savoir que malgré cette bousculade vous ayez gardé du temps pour votre petite famille. Il ne vous reste qu’à arriver à en dégagez suffisamment pour ménager votre santé, éviter l’épuisement et ainsi pouvoir nous servir avec brio encore très longtemps.

  56. C’est bien la première fois que je lis un ministre en étant aussi fébrile (sauf Godin une fois au chalet)!

    Bravo on a l’impression que vous passerez à l’histoire, j’ai vraiment l’impression de lire les débuts de quelque chose d’important…

    Bravo M. Lisée

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>