Leadership : Priorité PME : Moins de paperasse, plus d’entreprenariat

Proposition #7 du candidat Jean-François Lisée

Les PME sont la colonne vertébrale de notre économie. Mon objectif, dans cette course puis comme chef du Parti Québécois, est de laisser ma marque comme le candidat, puis le Premier ministre des PME. Je suis le fils d’un entrepreneur infatigable, j’ai grandi dans des entreprises et j’ai toujours été proche de cet univers, notamment comme ministre du Commerce extérieur.

Lancer une entreprise est un acte audacieux qui requiert un énorme effort. Que cet effort soit compliqué, entravé, bloqué par un fardeau réglementaire excessif est une insulte au bon sens et à une saine politique économique. La Fédération canadienne des entreprises indépendantes (FCEI) estime que le coût du fardeau réglementaire annuel sur les entreprises québécoises est de huit milliards de dollars. Réduire ce fardeau, c’est réduire les coûts de production, augmenter la compétitivité, permettre à l’entrepreneur de se concentrer sur sa vraie vocation : entreprendre !

Malgré plusieurs années d’efforts depuis le gouvernement de Lucien Bouchard, le fardeau bureaucratique demeure insupportable. Pas moins de 42 % des propriétaires empêtrés dans cette paperasse affirment qu’à cause d’elle, ils ne conseilleraient pas à leurs enfants de se lancer en affaire[1]. Pire : le tiers avouent qu’ils ne se seraient peut-être pas lancés eux-mêmes s’ils avaient été conscients de ce fardeau.

Et lorsqu’on leur demande s’ils sont convaincus de la volonté du gouvernement du Québec à réduire le fardeau administratif, 92 % des propriétaires québécois répondent par la négative !

Les frustrations des entrepreneurs sont nombreuses. Elles concernent aussi bien l’indemnisation des accidents de travail que le paiement de la taxe de vente, les normes du travail, l’enregistrement et les déclarations d’entreprise, le financement privé ou public avec un petit nombre d’actionnaires ainsi que la complexité des règles fiscales.

Le problème ne réside pas dans la volonté des élus d’établir des normes exigeantes en termes de droit du travail, de l’environnement, de protection du consommateur et le reste. Les entrepreneurs reconnaissent le bien fondé des normes et des règles. Le problème réside notamment dans l’incroyable répétitivité des gestes administratifs imposés par tous les agences et ministères aux entreprises, par l’absence de flexibilité, parfois même par une volonté de piéger, plutôt que d’aider.

Mon intention est claire : un gouvernement du Parti Québécois que je dirigerai cessera de considérer les PME comme étant au service de la bureaucratie et fera en sorte que la bureaucratie soutienne les PME dans leurs efforts pour respecter les règles tout en créant emploi et richesse.

1) Priorité PME au cœur du pouvoir à Québec et le principe du « Une fois suffit »

Je propose d’établir un premier principe simple, celui du « une fois suffit ». Un entrepreneur ne doit jamais avoir à transmettre plus d’une fois la même information à la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), à Revenu Québec et au ministère de l’Économie. Les ministères et organismes devront apprendre à repenser leur action à travers la lentille des PME. En plus de partager l’information entre eux, ils devront apprendre à arrimer leurs demandes pour en réduire le nombre, à les automatiser et à les simplifier.

Ce principe sera l’une des actions phares du groupe Priorité PME, une équipe de choc, composée de hauts fonctionnaires, de représentants de PME et des municipalités, qui sera directement rattachée au bureau du Premier ministre. Ce groupe sera piloté par un ministre délégué aux PME qui relèvera directement du PM, soutenu par un sous-ministre qui aura rang de secrétaire général associé afin de déployer dès la première année de notre mandat une action très agressive afin de réduire le fardeau des PME. Ce groupe fixera un objectif précis de réduction du fardeau règlementaire, lié notamment à un régime d’incitatifs applicable dans les ministères et agences, les organismes et les municipalités[2].

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2) Mobiliser les municipalités dans Priorité PME

Pourquoi les municipalités ? Parce qu’une part considérable du fardeau administratif que doivent assumer les PME est généré par le palier municipal. La Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) révèle que « sondage après sondage auprès des chefs de PME, les difficultés liées à l’administration municipale occupent le premier plan ». J’estime donc qu’il faut :

  1. Étendre le principe du « une fois suffit » aux municipalités
  2. Généraliser à toutes les municipalités le guichet unique Des efforts ont été faits au cours des dernières années pour simplifier la vie aux entrepreneurs, notamment la création d’un guichet unique pour les permis et les licences. Malheureusement, trop peu de municipalités y sont inscrites[3].
  3. Faire de l’allégement réglementaire un enjeu dans la négociation du pacte fiscal avec les municipalités et fixer des objectifs.
  4. S’inspirer des meilleurs pratiques.Parmi les villes de plus de 100 000 habitants, Laval se démarque au 11e rang, suivie de Québec (26e) et Saguenay (41e), tandis que Montréal (74e) et Gatineau (98e) font piètre figure.L’effort de simplification doit être rapide et efficace sur tout le territoire, particulièrement à Montréal où la situation est préoccupante. La publication annuelle d’un palmarès des villes et des ministères quant à leurs progrès dans l’allègement (tout en conservant les objectifs de l’application des règlements essentiels au bien publics), devrait générer une saine compétition entre elles.
  5. Selon les entrepreneurs sondés par la FCEI, Victoriaville est la municipalité qui offre l’environnement d’affaires le plus accueillant pour les PME, suivie de Cowansville et de ma ville natale de Thetford Mines. Rivière-du-Loup, L’Assomption, Rimouski, Magog, Sainte-Marie, Sorel-Tracy et Blainville font également partie du top 10.

3) « Laissez-les travailler » : Donner de l’oxygène réglementaire aux nouvelles entreprises

Le ministre délégué et le groupe Priorité PME devra présenter au Conseil des ministres six mois après la prise du pouvoir une proposition d’allègement supplémentaire pour la phase de démarrage couvrant les cinq premières années de la vie des entreprises.

Sans faire de compromis sur le respect des normes minimales du travail ou sur les exigences environnementales et de respect des consommateurs, je propose de donner une latitude supplémentaire aux entreprises naissantes pour gérer leur personnel, une latitude plus grande quant au respect pointilleux de l’ensemble des échéances réglementaires. Dans l’esprit de « laissez les travailler, ils bâtissent une entreprise », la fonction publique aura le mandat de se montrer, certes vigilante, mais constamment en mode solution envers ces « jeunes pousses » qui sont, peut-être, les Bombardier, CGI et Cirque du soleil de demain. C’est un changement de culture.

4) La fin de la « culture du racket » à Revenu Québec

Ce n’est un secret pour personne : Revenu Québec a développé des pratiques inexcusables envers les entrepreneurs. Accusations mal fondées qui poussent les entrepreneurs à payer une amende pour se débarrasser du problème, même s’ils se croient innocents. Saisie de comptes d’entreprises avant qu’un jugement ne soit rendu. Le mot racket n’est pas trop fort pour illustrer la situation vécue par un trop grand nombre d’entrepreneurs impuissants face aux tactiques de certains inspecteurs de Revenu Québec.

La lecture des 10 pages consacrées à Revenu Québec dans le dernier rapport annuel de la Protectrice du citoyen[4] confirme les récits d’horreur que j’ai recueillis auprès des entrepreneurs ces dernières années. J’en cite quelques extraits :

Encore cette année, le Protecteur du citoyen a observé des manquements fréquents aux exigences, pourtant fondées sur des principes de justice naturelle, soit le droit à une décision impartiale et le droit d’être entendu.

Les plaintes en la matière ont augmenté et le Protecteur du citoyen a dû intervenir à plusieurs reprises auprès des autorités fiscales. Il déplore vivement qu’en dépit des lacunes qu’il a dénoncées dans son dernier rapport annuel concernant Revenu Québec, ce dernier n’ait pas apporté les solutions requises.

Ainsi, au cours de la dernière année, une opération de vérification à grande échelle a mené à l’établissement d’avis de cotisation basés sur de simples présomptions alors que les citoyens n’avaient pu faire valoir tous leurs arguments en temps opportun. […]

Cette année encore, le Protecteur du citoyen déplore les interprétations juridiques rigides de Revenu Québec dans le traitement de certains dossiers. Cette approche a souvent pour effet d’entraîner une judiciarisation inutile des désaccords avec les contribuables. De plus, certains dossiers ont révélé que Revenu Québec avait adopté et maintenu des positions strictes malgré sa connaissance de décisions contradictoires qu’avaient rendues différents tribunaux. […]

Bien que le premier objectif du Plan stratégique 2012-2016 de Revenu Québec vise explicitement le développement d’une relation positive avec la clientèle, la réalité et la nature des plaintes que reçoit le Protecteur du citoyen lui permettent de conclure que cet objectif n’est pas atteint et qu’il devrait retenir la plus haute attention des autorités de Revenu Québec.

Cette année encore, le Protecteur du citoyen a reçu des plaintes d’entreprises ayant fait l’objet d’une vérification sur la base de leur participation présumée à un stratagème de complaisance : à l’issue de cette vérification, Revenu Québec a cotisé plusieurs d’entre elles parce qu’elles faisaient affaire avec d’autres entreprises qualifiées de « délinquantes fiscales ».

Dans ces dossiers, le Protecteur du citoyen constate le recours à des méthodes de vérification inadéquates, voire abusives, et le refus de Revenu Québec de considérer des éléments venant étayer les explications que fournissent les entreprises. […]

Le Protecteur du citoyen dénonce vivement ces pratiques qui sont contraires aux principes d’équité procédurale et qui affectent sérieusement la santé financière des entreprises visées.

Ces pages sont tout simplement accablantes. D’autant que, de l’autre main, Revenu Québec permet à des fraudeurs avérés, qui admettent avoir caché pendant des années des sommes dans les paradis fiscaux, de ne payer aucune amende pour régulariser leur situation. Une pratique qui cesserait dès mon entrée en fonction !

Candidat à la direction du Parti Québécois, je fais donc miennes les recommandations de la Protectrice du citoyen, qui feront partie de la lettre de mission de mon futur ministre du Revenu :

  • Respecter le droit inaliénable du citoyen et de l’entrepreneur à se faire entendre ;
  • Mette fin à la judiciarisation inutile des désaccords et respecter les jugements de cours antérieurs favorables aux citoyens et aux entrepreneurs ;
  • Cesser de léser injustement des citoyens en situation d’insolvabilité ;
  • Apprécier la preuve à sa juste valeur ;
  • Écarter toute méthode de vérification abusive ;
  • Réduire les délais.

Les gains effectués ces dernières années par Revenu Québec dans la lutte contre le travail au noir et la fraude sont admirables et doivent être maintenus et accentués.

Cependant Revenu Québec doit cesser de voir derrière chaque entrepreneur un fraudeur potentiel et savoir que son rôle n’est pas de mettre toutes les PME du Québec sur la défensive. Un grand coup de barre est nécessaire.

D’autant que des entreprises en santé, libérées du fardeau réglementaire excessif et de pratiques abusives de Revenu Québec, pourront se concentrer sur leur travail de développement économique, de création d’emploi et de richesse. Et ainsi, payer sur cette richesse plus grande, un plus grand montant d’impôts !

Conclusion

Je ferai dans cette campagne d’autres propositions de développement économique, en plus de celle déjà évoquée sur le rôle accru de la Caisse de dépôt et de placement.

Mais tout plan économique qui ne s’accompagne pas d’un allégement du fardeau réglementaire excessif perd en efficacité.

Les propositions que j’avance aujourd’hui ne coûteront rien à l’État, ou si peu. Mais le gain potentiel en productivité sera considérable. Les entrepreneurs, leurs salariés et leurs clients en profiteront. Toute la société québécoise en sortira gagnante.

[1] http://www.cfib-fcei.ca/cfib-documents/rr3344f.pdf

[2] Il existe en ce moment un Comité conseil sur l’allègement, sous la responsabilité du ministre délégué au ministre de l’économie, où siègent des sous-ministres et des représentants de l’entreprise, qui a fait progresser le dossier. L’équipe que je propose pourra être composé de certaines de ces personnes et prendra le relais de leur travail, mais sous la responsabilité du Premier ministre et de son délégué, avec un mandat plus affirmé et un pouvoir d’influence beaucoup plus grand.

[3] http://www2.gouv.qc.ca/entreprises/portail/quebec

[4] https://protecteurducitoyen.qc.ca/sites/default/files/pdf/rapports_annuels/rapport-annuel-protecteur-2014-2015.pdf

 

Vous êtes plutôt d’accord ?
Joignez-vous à ma campagne

Voici les propositions que j’ai mise de l’avant
depuis mon entrée dans la campagne, le 16 mai dernier.

Proposition #1: Chasser les libéraux. Réussir l’indépendance. Dans cet ordre.

Proposition #2: Immigration : Le chemin du succès

Proposition #3: Santé : Gel de l’enveloppe de rémunération des médecins

Proposition #4: Inégalités sociales : Un Québec riche de son équité

Proposition #5: Sièges sociaux : Miser sur la Caisse de dépôt et le développement régional

Proposition #6: Identité : La concordance culturelle

Proposition #7: Priorité PME : Moins de paperasse, plus d’entrepreneuriat

Proposition #8: Laïcité – une approche résolue et responsable

Proposition #9: Compte à rebours 2022 !

Proposition #10: Anticosti – Enfin sortir des faux-fuyants !

Proposition #11: Incarner la laïcité et l’ouverture

Proposition #12: Le pipeline Énergie Est: Pourquoi il faut dire Non et Non !

Proposition #13 : Pour un processus d’évaluation et de consultation « digne du 21e siècle »

Proposition #14 : Développement régional : rétablir les budgets et reconstruire les outils de développement dans le respect des régions

Leadership: Identité : La concordance culturelle

Proposition # 6 du candidat Jean-François Lisée

« La patrie est un projet commun, une création continue de nos efforts solidaires [. . .] Être ensemble est une immense opération, une orchestration infiniment complexe, dont le chef invisible est la conviction partagée que cet ensemble existe, qu’il a un sens à travers l’histoire, qu’il nous faut y être attentifs afin qu’il ne se relâche pas […] Le plus grave désastre qui puisse menacer un peuple n’est pas l’anéantissement militaire, c’est l’indifférence de ses membres à la forme de son avenir. »
Citation de Pierre Emmanuel, choisie par Camille Laurin et Fernand Dumont pour ouvrir leur Politique québécoise de développement culturel, en 1978
***

‘‘There is no core identity, no mainstream in Canada. There are shared values — openness, respect, compassion, willingness to work hard, to be there for each other, to search for equality and justice. Those qualities are what make us the first postnational state.’’

Traduction : Il n’y a pas d’identité fondamentale, pas de courant dominant, au Canada. Il y a des valeurs partagées – ouverture, compassion, la volonté de travailler fort, d’être là l’un pour l’autre, de chercher l’égalité et la justice. Ces qualités sont ce qui fait de nous le premier État post-national. 

Justin Trudeau, New York Times Magazine, décembre 2015

Le Québec est dans une situation unique. Un peuple minoritaire sur un continent anglo-américan dont la survie et le dynamisme sont un défi lancé à l’histoire.

La proposition que je dévoile aujourd’hui vise à donner la charpente de ma vision pour la cohésion du Québec de demain (la Concordance culturelle) la méthode pour y parvenir (l’Assemblée constituante) et le texte fondateur qui l’enchâssera (la Constitution interne du Québec).

Le contexte continental

Notre voisin du Sud pratique une politique de « Melting pot » qui vise sans inhibition à assimiler dans le grand tout américain chaque vague d’immigration. (Il faut dire que les millions de Canadiens français ont été plus longs que les autres à se fondre dans le grand tout !). Le Québec est cependant dans un pays, le Canada, qui pratique la politique exactement contraire à celle des États-Unis. Loin de vouloir assimiler ses citoyens dans un grand tout chargé d’histoire, de symboles et de mythes, le Canada s’affiche comme la terre multiculturelle par excellence. Là où chacun reste soi.

Ce principe est enchâssé dans la constitution du pays, une loi en dicte les paramètres, un ministère y consacre son activité et ses budgets, les tribunaux y soumettent les lois.

Avec une efficacité telle que le premier ministre du moment, Justin Trudeau, puisse affirmer que le pays est désormais « post-national ». C’est-à-dire qu’il ne constitue plus une nation, donc qu’il n’est plus une communauté construite autour d’un parcours historique, d’une existence culturelle et linguistique, de pratiques forgées par un tronc commun d’individus sur plusieurs générations. Non, Justin Trudeau le dit fièrement au plus grand quotidien américain : « il n’y a pas d’identité fondamentale, de tronc commun au Canada ».

Les Québécois, leurs intellectuels, leurs élus, ont beaucoup cherché à dessiner leur propre définition du vivre-ensemble, ni assimilationniste à l’américaine, ni multiculturaliste à la canadienne. Cet effort de bonne foi a conduit à l’approche actuelle dite de « l’interculturalisme »[1]. Ses défenseurs insistent pour l’investir de différences importantes par rapport à sa version canadienne. Ses détracteurs estiment qu’en pratique, sinon en théorie, le résultat n’est pas significativement différent.

D’autant que le Québec faisant toujours partie du Canada, une politique d’intégration québécoise cherchant l’équilibre entre la culture du néo-Québécois et celle du tronc commun de la nation d’accueil, se heurte au pouvoir d’attraction considérable d’une politique fédérale qui affirme que le tronc commun n’existe pas et que la nation elle-même n’existe plus.

J’estime qu’il est temps de tracer une trajectoire beaucoup plus affirmée : la Concordance culturelle, soit la volonté clairement exprimée par la nation qu’elle souhaite de et pour tous ses citoyens un cheminement commun vers des éléments qui constituent les piliers de son identité nationale.

Concorder, mais vers quel tronc commun  ?

Pour trouver ces éléments, il faut puiser dans la réalité du tronc commun des traits distinctifs qui, soit, relèvent de l’évidence, soit, ont marqué notre société et ont une portée civique universelle.

L’évidence :

Le Québec forme une nation sur son territoire et s’exprime démocratiquement par les élus de son Assemblée nationale, célèbre son existence notamment lors de sa Fête nationale ;

Le Québec a une langue officielle et commune, le français, et tous les habitants de son territoire ont vocation à l’apprendre, la connaître, la partager ;

Le Québec s’est incarné dans une production culturelle principalement francophone riche et multiforme qui exprime à la fois ses origines, son évolution et ses métissages, et plus largement un esprit créatif qui déborde sur d’autres domaines. Il coule de source que tous ses citoyens puissent connaître les éléments essentiels de cette culture commune et  contribuer à son enrichissement ;

Le Québec est le résultat d’un passé qui a produit un récit historique singulier, toujours en devenir. La connaissance de ce récit, la participation aux débats incessants entourant ses hauts et ses bas, font partie de l’expérience d’une citoyenneté québécoise commune.

Et comme l’écrivait très justement le sociologue Gérard Bouchard :

« Cette dimension [de la mémoire] n’est pas restreinte aux Québécois d’origine canadienne-française. Dans sa singularité même, elle est porteuse d’enseignements à caractère universel. Notre passé a quelque chose d’important à dire à tous les Québécois. Il y a deux conditions à respecter : a) ne pas l’amputer, b) ne pas verser dans l’endoctrinement. »

La portée civique universelle :

Le Québec n’est pas le seul lieu où l’égalité entre femmes et hommes est un acquis précieux (et encore incomplet). Mais à cause de notre histoire, ce désir d’égalité est exprimé intensément et fait partie de notre identité fondamentale ;

Le Québec n’est pas le seul lieu où se pratique l’entraide et la concertation, le partage de la richesse, la coopération et l’économie sociale. Mais force est de constater que notre statut de minorité a fait de ces approches de décision et d’action un trait fort ;

Le Québec n’est pas le seul lieu où le pouvoir religieux a fait place à un État et une société de plus en plus laïcs. Mais la rapidité du changement enregistré depuis 1960 et la volonté manifeste de la nation de faire des pas supplémentaires en cette direction en font une caractéristique centrale de notre identité moderne.

Le Québec n’est pas le seul lieu où la quête de justice sociale se déploie. Mais la marche d’une population francophone qui, avant la Révolution tranquille, était sous-payée et socialement déclassée vers une société moderne d’une grande mobilité sociale et exigeante pour viser l’équité sous toutes ses formes font de cette quête un trait saillant de notre vie collective.

Le Québec n’est pas le seul lieu où la volonté démocratique est présente. Mais des Patriotes qui font voter dans tous les villages les 92 résolutions réclamant davantage de démocratie, en passant par l’obtention du gouvernement responsable, jusqu’aux lois sur la démocratie de René Lévesque et Robert Burns, des avancées récentes et des débats persistants sur la recherche d’un mode de scrutin encore plus équitable, notre engagement pour la démocratie est indissociable de ce que nous sommes.

La Concordance culturelle, un principe structurant

Premier ministre, j’adopterai une vision plus claire de l’intégration basée sur le concept de « Concordance culturelle ».

La définition stricte de Concordance, selon le Larousse, est « un rapport de conformité entre deux ou plusieurs choses: accord, correspondance, analogie ». On vise donc une mise en commun, un objectif commun qui n’est pas une fusion mais une rencontre, vers un objectif défini, celui du tronc commun. Dans concordance il y a aussi « concorde », donc l’idée d’une relation amicale, conviviale, apaisée.

Cette idée n’est pas complètement nouvelle. Elle s’appuie sur les travaux réalisés sous le premier gouvernement de René Lévesque par Fernand Dumont, sous la direction de Camille Laurin. Sous le terme « Convergence culturelle », elle fut esquissée dans le livre blanc sur la Politique de développement culturel[2], publié en 1978 dans la foulée de l’adoption de la Charte de la langue française. En voici quelques extraits, encore très actuels:

« Une «culture de convergence»: l’expression n’est pas une métaphore commode ni une formule de rhétorique. Elle veut indiquer un axe fondamental d’une politique de développement propre au Québec dans sa réalité concrète, soucieuse de diversité comme de cohérence. […]

Si le français doit être la langue commune au Québec, comme on semble le reconnaître partout, on doit en admettre les conséquences pour la culture. Non pas, répétons-le patiemment, parce que la culture de tradition française devrait abolir les autres sur notre territoire, mais parce que, comme pour la langue, elle devrait servir de foyer de convergence pour les diverses communautés qui continueront par ailleurs de manifester ici leur présence et leurs valeurs propres[3]. »

La tentative d’implantation de la politique fut abandonnée par Gérald Godin quelques années plus tard. Dans le contexte socio-culturel alors tendu – suite à l’application d’une Charte de la langue française qui n’avait pas que des amis, et dans la foulée de l’intense et polarisante période référendaire puis du rapatriement imposé de la constitution canadienne – la Convergence culturelle fut mal accueillie.

C’est donc à dessein que je ne reprends pas cette expression, non pour en rejeter l’intuition d’origine, mais d’abord pour m’extraire de cette expérience alors non concluante, ensuite et surtout pour investir la Concordance d’un contenu plus adapté au Québec d’aujourd’hui et à l’évolution des débats.

D’autant que depuis cette époque, le Québec a changé. L’idée forte voulant que le Québec forme une « nation au sein du Canada » a été adoptée par la Chambre des communes en 2006 – même si l’opinion publique canadienne la récuse massivement dans les enquêtes d’opinion. Au sein des frontières du Québec, la connaissance du français et le sentiment d’appartenance au Québec sont beaucoup plus forts qu’ils ne l’étaient en 1978 et en 1980, y compris dans la minorité anglophone et parmi les Québécois d’adoption. Le terrain est donc mieux préparé, il me semble, pour changer, en douceur, la donne.

Contrairement au multiculturalisme et plus fermement que l’interculturalisme, la Concordance culturelle telle que je l’entrevois propose que les néo-Québécois d’hier, d’aujourd’hui et de demain soient invités à cheminer vers le tronc commun auquel ils se sont ajoutés en franchissant nos portes. L’assimilation ? La Concordance n’a ni à l’encourager ni à la décourager. Chaque citoyen et chaque génération effectue son parcours identitaire comme il ou elle l’entend.

Mais la Concordance récuse la notion voulant que le Québec soit une mosaïque de pôles culturels équivalents qui vivent en permanence côte à côte en échangeant idées et cultures. Elle respecte la richesse de la diversité, oui, mais crée les conditions de la concordance, en direction du tronc commun bâti ici par l’histoire.

Elle n’est pas non plus un processus symétrique entre l’arrivant et la société d’accueil. Elle rompt avec la proposition voulant que le néo-québécois et la société d’accueil aient à faire un effort équivalent l’un envers l’autre. Dans le modèle de la Concordance, le néo-Québécois s’inscrit dans un processus d’intégration et de Concordance alors que la société d’accueil, elle, a le devoir de créer des conditions favorables à cette intégration. Ce devoir doit être affirmé clairement dans les textes et respecté dans les faits. Dans cet esprit, la Concordance est un processus graduel à long terme impliquant des ajustements et conduisant à des enrichissements réciproques.

Des groupes historiquement constitués, dans et à côté de la nation

Le Québec de la Concordance culturelle reconnaît bien évidemment la présence sur son territoire de groupes historiquement constitués au parcours singulier.

Il s’agit d’une part des peuples autochtones dont, depuis René Lévesque, le Québec reconnaît l’existence comme nations. Ces nations et la nôtre partagent un territoire, s’accompagnent, interagissent, s’influencent par de multiples échanges culturels et personnels. Ces nations n’ont pas pour destin de se concorder avec la nation québécoise au sens strict de la politique publique décrite ici. Elles ont leurs identités propres.

La minorité historique anglophone constitue, elle, une société distincte au sein de la nation québécoise. Elle participe de la politique de Concordance culturelle, elle en partage des traits historiques et culturels, mais elle préserve aussi des caractéristiques propres, des institutions, des droits, un destin singulier et permanent au sein de la nation québécoise.

Il existe au Québec de nombreuses organisations représentant ce qu’il est convenu d’appeler les « communautés culturelles ». Elles sont évidemment bienvenues et font partie de la société, de son histoire, de son tissu, de son foisonnement culturel. Elles ont laissé des marqueurs forts dans notre vie collective. Qu’on songe aux Irlandais ayant creusé le Canal Lachine et qui rassemblent largement les Québécois le jour de la Saint-Patrick, à la communauté juive dont l’enracinement chez nous se confond avec nos origines, à la riche histoire du Chinatown, pour ne nommer que ces trois exemples parmi les plus saillants.

Leur existence est couverte par la liberté d’association, de culte, de manifestation, elles ont accès et aux programmes gouvernementaux de soutiens divers et de valorisation lorsqu’elles en satisfont les critères. Si elles le désirent, les organisations des communautés peuvent être des vecteurs, des facilitateurs, de concordance. Mais elles ont une existence et une autonomie propre et n’ont pas à être embrigadées dans quelque politique que ce soit.

Les outils de la Concordance culturelle :
Une constituante, une constitution, une loi, une politique

Comme l’a fait le Canada avec le multiculturalisme, le Québec doit user de plusieurs outils pour faire de la Concordance une réalité. Le plus important sera d’en consacrer le principe dans un texte fondateur, qui reconnaîtra également le rôle central dans notre vie collective de la Charte de la langue française et de la Charte québécoise des droits et libertés de la personne.

Je propose ainsi de créer, au début du mandat qui s’enclenchera en octobre 2018, une commission parlementaire spéciale portant le nom d’« Assemblée constituante ». Cette assemblée sera composée d’individus représentatifs du Québec ayant pour mandat de proposer à l’Assemblée nationale une constitution interne du Québec.

Cette Commission parlementaire élargie sera composée, sur le canevas de la Commission Bélanger-Campeau de 1990, de façon la plus consensuelle possible entre les partis représentés à l’Assemblée nationale, dans un esprit de bonne représentation de la diversité québécoise.

Elle procèdera à des consultations, nationales et régionales, avant de faire son rapport. Son objet ne portera pas sur le statut politique du Québec (fédéralisme ou souveraineté) ou sur la forme de ses institutions (monarchie ou république). Elle aura mandat de proposer à la Nation les éléments qui constituent ses points de Concordance, à l’intérieur de son statut politique actuel. Notre objectif sera de faire adopter cette constitution par plus d’un parti représenté à l’Assemblée nationale.

Il appartiendrait à un gouvernement ayant obtenu, à l’élection de 2022, un mandat de conduire le Québec à la souveraineté de faire les pas supplémentaires.

Il en découlera, comme pour le multiculturalisme canadien, l’adoption d’une loi sur la Concordance culturelle et la publication d’une politique dotée d’un plan stratégique pluriannuel et de budgets adéquats.

Quels pas de plus sur les éléments de la Concordance ?

Ma proposition vise ici à établir un principe structurant pour le Québec d’aujourd’hui et de demain et pour tous les Québécois. Un principe qui guidera, ensuite, l’action de chaque gouvernement qui l’adaptera selon l’évolution, les priorités, voire les virages, de la société québécoise.

D’ici peu, je proposerai sur chacun des éléments constitutifs de la Concordance les pas supplémentaires que le gouvernement du Parti québécois que je dirigerais voudrait réaliser pendant le mandat allant de 2018 à 2022 :

  • au sujet de la protection et de la promotion de la langue française;
  • au sujet de la promotion de la culture québécoise;
  • au sujet d’une meilleure transmission du récit historique québécois;
  • au sujet des progrès à accomplir en matière de laïcité et d’accommodements religieux;
  • au sujet des pas à franchir pour davantage d’égalité entre femmes et hommes;
  • au sujet de la culture d’entraide et de concertation, mise à mal par le gouvernement actuel, et qu’il faut reconstruire en fonction de la réalité d’aujourd’hui et des défis de demain.

[1] On demandera de préciser en quoi la « concordance culturelle » se distingue de l’interculturalisme. La définition la plus « officielle » de ce dernier se trouve dans la Politique d’immigration, de participation et d’inclusion du gouvernement, de novembre 2015 (p. 35): « L’interculturalisme reconnaît et valorise une conception plurielle et dynamique de l’identité québécoise, une langue publique commune, le français, le respect des droits et libertés de la personne et la lutte contre la discrimination, une éthique du dialogue et de la médiation ainsi qu’une conception de l’intégration basée sur l’engagement partagé entre la société et les personnes immigrantes. Il reconnaît aussi l’importance des rapprochements interculturels et de la pleine participation des Québécoises et Québécois de toutes origines. » Cette définition n’inclut ni l’existence d’une culture québécoise majoritaire ni le caractère asymétrique de l’intégration. Notons que parmi les définitions non officielles, celle de Gérard Bouchard insiste sur la reconnaissance d’une majorité francophone.

[2] La rédaction du document fut confiée  à Fernand Dumont. Le contenu fut élaboré et discuté au cours d’une période d’échanges formels et informels au sein d’une petite équipe composée  de Camille Laurin, inspirateur et porteur officiel du document,  Fernand Dumont, Guy Rocher et Henri Laberge, alors chef de cabinet de Camille Laurin.

[3] Plus récemment, le concept a fait l’objet d’un intéressant texte du juriste Guillaume Rousseau, « Pour une loi-cadre sur le convergence culturelle » dans Micheline Labelle, Jean-René Milot et Sabine Choquet, Actes du colloque interdisciplinaire et international d’étudiants et de nouveaux chercheurs, Montréal, Les Cahiers de la CRIEC, 2014, 79 à 95.

Vous êtes plutôt d’accord ?
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Voici les propositions que j’ai mise de l’avant
depuis mon entrée dans la campagne, le 16 mai dernier.

Proposition #1: Chasser les libéraux. Réussir l’indépendance. Dans cet ordre.

Proposition #2: Immigration : Le chemin du succès

Proposition #3: Santé : Gel de l’enveloppe de rémunération des médecins

Proposition #4: Inégalités sociales : Un Québec riche de son équité

Proposition #5: Sièges sociaux : Miser sur la Caisse de dépôt et le développement régional

Proposition #6: Identité : La concordance culturelle

Proposition #7: Priorité PME : Moins de paperasse, plus d’entrepreneuriat

Proposition #8: Laïcité – une approche résolue et responsable

Proposition #9: Compte à rebours 2022 !

Proposition #10: Anticosti – Enfin sortir des faux-fuyants !

Proposition #11: Incarner la laïcité et l’ouverture

Proposition #12: Le pipeline Énergie Est: Pourquoi il faut dire Non et Non !

Proposition #13 : Pour un processus d’évaluation et de consultation « digne du 21e siècle »

Proposition #14 : Développement régional : rétablir les budgets et reconstruire les outils de développement dans le respect des régions

Proposition # 21: Pour une vraie culture de la culture au Québec

Proposition # 22: 8 propositions pour oser réussir la Métropole

Proposition # 23: L’information, un service essentiel

Stratégie indépendantiste: Éloge des caribous !

(Ce texte est publié ce matin dans Le Devoir, en réplique à un article de Pierre Dubuc et de Marc Laviolette.)

J’ai toujours été irrité par l’expression voulant que les péquistes pressés d’arriver à la souveraineté soient des « caribous ». Le mot renvoie à la tragique noyade de 10 000 caribous tentant de traverser en septembre 1984 une rivière Caniapiscau malheureusement gonflée d’un débit meurtrier.

caribousC’est faire injure aux caribous que de les croire tous aussi imprudents que ceux de 1984. D’abord, ceux-là ne représentaient que 1,5% de la harde locale, dite de « la rivière George ». La vérité est qu’une écrasante majorité de caribous traversent chaque année les rivières du Québec en choisissant des points de passage praticables, raisonnables, et assurant le succès du voyage.

C’est ce que je propose aux indépendantistes québécois. Faire l’indépendance le plus vite possible, en choisissant le point de passage le plus prudent, pour assurer le succès de la traversée vers le pays.

Marc Laviolette et Pierre Dubuc.

Marc Laviolette et Pierre Dubuc.

Dans Le Devoir de vendredi dernier, Pierre Dubuc et Marc Laviolette ont voulu faire croire aux lecteurs que ma proposition de préparer à partir de cet automne, méthodiquement et pendant six ans, un rendez-vous électoral pour l’indépendance pour 2022 — en se débarrassant dans l’intervalle d’un gouvernement toxique pour notre identité nationale — équivalait à abandonner notre objectif et de le repousser aux « calendes grecques ».

J’ai vérifié. Nul dictionnaire n’indique que ces calendes sont prévues pour 2022. Ils affirment plutôt que l’expression signifie que la chose discutée n’arrivera « jamais ».

Je reconnais à MM Dubuc et Laviolette le droit de vouloir entraîner leur part de harde vers le point de passage le plus risqué qui s’offre à nous. Mais il m’apparaît évident que lorsque près de la moitié (43%) de ce qui reste d’électeurs péquistes (25%) disent aux sondeurs qu’ils seront « moins enclins » à voter PQ si on leur propose un référendum dans le prochain mandat, on choisit la marginalisation. Et on augmente les chances que l’indépendance n’arrive jamais. Donc aux vraies calendes grecques.

Je préfère viser plus large. Pour déloger les libéraux et rebâtir tant au plan de l’emploi national et régional qu’aux plans de la langue, de l’identité, de l’enseignement de notre récit national, de la laïcité et d’une gestion prudente de notre immigration, il faut additionner tous ceux qui souhaitent ce changement. Donc entraîner avec nous beaucoup de Québécois qui – on s’en désole mais il faut l’entendre – ont développé une véritable hantise de la perspective d’un référendum hâtif.

Dubuc et Laviolette sont très aigris que des souverainistes comme Gérald Larose et Jacques Lanctôt appuient ma démarche. (Merci les gars, l’appui de Jacques m’avait échappé !) Mais c’est pire que vous pensez ! Sur l’aile gauche, Camil Bouchard s’est exprimé en faveur de ma démarche et estime que je serai un bon porte-parole de la social-démocratie que doit incarner notre parti. Sur l’aile droite, l’historien Éric Bédard et le sociologue Mathieu Bock-Côté estiment aussi que ma proposition stratégique est la bonne. Même Joseph Facal et Mario Dumont écrivent dans leurs chroniques qu’il s’agit du bon point de passage.

Cela s’appelle additionner. Les caquistes et les libéraux l’ont bien vu, eux qui ont fermement dénoncé mes propositions le lendemain de leur sortie, alors qu’ils étaient restés bien tranquilles lorsque Véronique Hivon, Alexandre Cloutier et Martine Ouellet ont fait connaître les leurs. Ceux-là ne semblent pas les inquiéter. Moi, au contraire, je les fais sortir de leurs gonds. C’est bon à savoir.

Mais la préoccupation de nos deux auteurs n’est pas d’additionner. Elle est plutôt de soustraire. Et ils consacrent une bonne part de leur texte à dénigrer et déformer des positions que j’ai défendues ces dernières années. Il serait trop long de les rectifier toutes. Mais voici le principal :

Sur Hydro j’ai en effet réfléchi, au temps du pétrole couteux, à une proposition de réaménagement des tarifs qui aurait complètement protégé le pouvoir d’achat des citoyens et créé des conditions nettement plus favorables à l’économie d’énergie et à l’émergence d’énergies alternatives. J’ai un temps pensé qu’une vente de 25% d’Hydro permettrait de réduire significativement la dette du Québec, pour mieux financer la santé, l’éducation et le filet social. Mais j’ai refait mes calculs et me suis ravisé (ce que les auteurs feignent d’ignorer).

Sur les anglophones il est vrai que j’ai davantage de respect pour notre principale minorité nationale que les deux auteurs. Vrai que j’estime qu’ils peuvent user des droits que Camille Laurin leur a accordés dans la loi 101. Vrai que je pense qu’il faut dialoguer avec eux dans un climat de franchise. Le discours du Centaur prononcé par Lucien Bouchard dans les mois suivant le référendum de 1995 fut un geste d’ouverture important et apprécié. Dubuc et Laviolette le qualifie de « capitulard ». Eh ben ! Pourtant, le discours réitère clairement notre volonté d’atteindre rapidement la souveraineté et avertit que si la proportion de francophones continue à décliner à Montréal, il faudra introduire des mesures supplémentaires de protection du français. J’ai écrit ce discours et j’en suis fier. Chef du PQ et Premier ministre, je continuerai dans cette voie.

Car comme tout bon caribou, je sais choisir les chemins du succès.

Leadership : Sièges sociaux : Miser sur la Caisse de dépôt et le développement régional

Proposition #5 du candidat Jean-François Lisée

Les deux dernières années ont montré l’existence d’une faille importante dans la gestion économique du gouvernement libéral. Ce dernier a été complètement pris au dépourvu par la vente de Rona, de Saint-Hubert, du Cirque du Soleil.

Le départ des sièges sociaux a des conséquences néfastes nombreuses pour l’emploi. Les décideurs emportent avec eux à l’étranger une partie de leur contrat d’approvisionnement, au détriment des producteurs locaux. Les services financiers, juridiques, informatiques sont déplacés ailleurs, provoquant des pertes d’emploi chez nous. Les entreprises enracinées localement contribuent souvent aux initiatives locales, aux grandes causes charitables, sans compter leur contribution aux projets collectifs de développement économique. Une fois partis, les décideurs font peu de cas de nos priorités et de nos besoins.

Le Québec est évidemment une économie ouverte et le demeurera. Si je suis Premier ministre, il arrivera que des entreprises québécoises soient acquises par des sociétés étrangères et, plus souvent encore, que des entreprises québécoises fassent des acquisitions à l’étranger. Mais contrairement à la situation actuelle, il y aura un pilote dans l’avion. Les Québécois n’auront plus l’impression que le gouvernement se fait prendre les culottes à terre à chaque transaction importante.

Mon approche: je donnerai aux acteurs du développement économique les outils et les ressources nécessaires pour travailler en amont et voir venir les coups. Mon gouvernement ne se contentera pas de réagir en apprenant par les médias le départ d’un nouveau siège social.

1) Voir venir les coups

D’abord, je constituerai au ministère de l’Économie une équipe de veille dotée d’analystes de haut niveau. Cette équipe aura pour mandat d’identifier en permanence les entreprises à risque de faire l’objet d’une prise de possession étrangère, mais aussi les entreprises étrangères susceptibles d’établir leur siège social au Québec. Cette équipe identifiera les situations à risque, de même que les opportunités à exploiter. Le ministre de l’Économie sera ainsi en mesure de mobiliser en amont les acteurs du développement économique plutôt que de rester passif ou simplement réactif, dans l’urgence.

L’équipe de veille aurait également pour mandat de déposer un rapport annuel de suivi des engagements d’emploi ou d’investissement pris par les entreprises qui ont bénéficié de l’aide gouvernementale. Trop souvent, des entreprises encaissent des aides de l’État en échange d’engagement qui sont par la suite peu ou pas réalisés, sans pénalités aucune. Un suivi rigoureux et public de ces engagements créerait une pression tangible pour le respect des engagements par les entreprises.

2) Le mandat d’Investissement Québec

Pour m’assurer que tous les acteurs travaillent dans le même sens, je modifierai la mission d’Investissement Québec afin d’ajouter à son rôle actuel un mandat explicite dans l’attraction et la rétention des sièges sociaux stratégiques et structurants.

3) Le mandat de la Caisse de dépôt et de placement

La Caisse de dépôt et de placement est, de très loin, notre principal outil économique. Son indépendance est essentielle et le gouvernement ne peut pas et ne doit pas dicter ses décisions d’investissement.

Il appartient cependant aux élus de définir le mandat général de la Caisse. Jusqu’en 2004, ce mandat se trouvait dans le discours de fondation de la Caisse, livré par Jean Lesage. Le père de la Révolution tranquille confiait à la Caisse une « double mission » : offrir un rendement sur les épargnes et contribuer au développement économique du Québec.

En 2004 le gouvernement libéral a introduit une hiérarchie dans ce mandat : le rendement d’abord, le développement économique ensuite. Cette décision s’est soldée par une ralentissement des investissements de la Caisse dans l’économie québécoise, puis a pavé la voie au plus grand fiasco financier de son histoire: 38 milliards perdus en 2008 dans des placements risqués dans le papier commercial américain.

De 2008 à 2015, les engagements directs de la Caisse dans des entreprises québécoises sont repartis à la hausse, passant de 4,8 milliards à 9,5 milliards. C’est une progression importante, mais ce montant demeure une fraction modeste des actifs de la Caisse (248 milliards). Et malgré ces progrès, la Caisse investit encore peu dans les PME québécoises (1,7 milliards), notre principal vecteur de croissance, notamment parce qu’il faut beaucoup de travail pour y dénicher les bonnes occasions d’affaires.

Un gouvernement du Parti québécois que je dirigerais respecterait le vœu de Jean Lesage et préciserait le mandat de la Caisse :

  1. en rétablissant, sur un pied d’égalité, la « double mission » voulue par Jean Lesage ;
  2. en précisant le rôle de la Caisse en ces termes : « contribuer au développement économique national, régional et sectoriel du Québec ». Cette précision conduira la Caisse à être plus active face aux occasions d’investissements dans les régions – y établissant si elle le juge opportun des antennes régionales – et plus structurantes dans ses stratégies de soutien aux filières économiques porteuses;
  3. en ajoutant, comme mandat supplémentaire mais subordonné à la « double mission », l’attraction et la rétention de sièges sociaux stratégique et structurant.

Ces orientations données à la Caisse feront en sorte que ses analystes accompagneront plus qu’auparavant les projets porteurs de PME dans toutes les régions du Québec, y créant richesse et emploi. Elles feront en sorte que la Caisse soit attentive à toute stratégie visant le départ d’un siège social (exactement le scénario qu’on a vécu avec Rona), pour le déjouer lorsque c’est possible. En lui donnant un mandat de développement sectoriel, la Caisse verra à identifier des locomotives qui peuvent avoir un effet d’entraînement sur un secteur d’activité, pour le renforcer et y créer excellence et emploi.

De tous les leviers économiques à la disposition du Québec, la Caisse de dépôt reste le plus important et le plus puissant. Malgré les progrès enregistrés récemment, le potentiel d’investissement de la Caisse au Québec reste largement inexploité. La Caisse peut, tout en offrant des rendements excellents à ses épargnants, faire beaucoup plus pour notre richesse collective.

  1. Mettre l’excellence de la Caisse à la disposition de tous

En ce moment, la Caisse peut recevoir l’épargne de toutes les institutions du secteur public et parapublic. Certaines universités ou municipalités, par exemple, lui ont confié la gestion de leurs fonds de pension. C’est un excellent choix puisque les frais de gestion de la Caisse sont très bas (environ 0,18$ par 100$ d’actifs) et les rendements très compétitifs. Comme Premier ministre, je modifierai la Loi de la Caisse afin de lui permettre de recevoir également les placements privés, notamment d’entreprises qui souhaiteraient lui confier la gestion de leurs fonds de pension.

Je ferai aussi en sorte que les citoyens individuels puissent confier leurs épargnes à moyen et long terme à la Caisse de dépôt. Il n’y a aucun doute dans mon esprit qu’un grand nombre de Québécois voudront se prévaloir de cette option supplémentaire pour leur épargne.

En choisissant la Caisse, ces citoyens et ces investisseurs contribueraient à maintenir au Québec une expertise en Finance, alors que de plus en plus d’institutions financières transfèrent leur expertise à Toronto.

  1. Revoir la loi des compagnies et la fiscalité pour protéger nos sièges sociaux

Pour préserver les sièges sociaux, je modifierais la Loi sur les compagnies à capital-actions afin que les conseils d’administration prennent leurs décisions en fonction de  »toutes les parties prenantes » et non des seuls actionnaires. Cela signifie que les CA peuvent rejeter une offre d’achat, même amicale, même si l’intérêt financier strict des seuls actionnaires pourrait le justifier.

C’est déjà la norme dans 24 États américains et la Cour suprême du Canada a indiqué à deux reprises que les CA doivent travailler pour l’ensemble des parties prenantes, donc y compris la communauté, les consommateurs, les fournisseurs.

Je m’engage également à revoir les règles fiscales qui font obstacle à la transmission des entreprises d’une génération à l’autre ou au transfert d’actions aux employés. Ce problème a été relevé par le Groupe de travail sur la protection des entreprises québécoises (http://www.groupes.finances.gouv.qc.ca/GTPEQ/index.asp) qui avait été formé par mon collègue Nicolas Marceau alors qu’il était ministre des Finances.

Les règles actuelles font en sorte qu’il est souvent plus avantageux pour le propriétaire d’une entreprise de vendre à des inconnus plutôt que de la transférer à ses enfants ou à ses employés (par exemple, en les rémunérant sous forme d’actions). En ce moment, les héritiers ou les employés doivent acquitter immédiatement l’impôt sur la valeur accumulée sur les actions qui leur sont transférées, ce qui est souvent impossible faute de liquidités ou ce qui pourrait mener à une perte de contrôle de la société (ou à sa dévaluation). J’assouplirai ces règles fiscales en permettant sous certaines conditions aux nouveaux actionnaires de reporter l’impôt sur les gains en capital au moment où les actions sont ultimement vendues.

Cet assouplissement permettrait un transfert de propriété à la relève familiale ou aux cadres et employés, donc le maintien sur place du siège social et de ses emplois.

D’autres engagements économiques

Ces propositions constituent la première d’une série d’engagements forts pour relancer l’économie québécoise. Au cours de la campagne, j’aurai l’occasion de dévoiler d’autres volets de mon projet, notamment pour les PME, les régions, l’innovation et l’exportation.

Vous êtes plutôt d’accord ?
Joignez-vous à ma campagne

Voici les propositions que j’ai mise de l’avant
depuis mon entrée dans la campagne, le 16 mai dernier.

Proposition #1: Chasser les libéraux. Réussir l’indépendance. Dans cet ordre.

Proposition #2: Immigration : Le chemin du succès

Proposition #3: Santé : Gel de l’enveloppe de rémunération des médecins

Proposition #4: Inégalités sociales : Un Québec riche de son équité

Proposition #5: Sièges sociaux : Miser sur la Caisse de dépôt et le développement régional

Proposition #6: Identité : La concordance culturelle

Proposition #7: Priorité PME : Moins de paperasse, plus d’entrepreneuriat

Proposition #8: Laïcité – une approche résolue et responsable

Proposition #9: Compte à rebours 2022 !

Proposition #10: Anticosti – Enfin sortir des faux-fuyants !

Proposition #11: Incarner la laïcité et l’ouverture

Proposition #12: Le pipeline Énergie Est: Pourquoi il faut dire Non et Non !

Proposition #13 : Pour un processus d’évaluation et de consultation « digne du 21e siècle »

Proposition #14 : Développement régional : rétablir les budgets et reconstruire les outils de développement dans le respect des régions

Proposition # 21: Pour une vraie culture de la culture au Québec

Proposition # 22: 8 propositions pour oser réussir la Métropole

Proposition # 23: L’information, un service essentiel

Signez mon bulletin de candidature !

Il me faut 1 500 signatures de membres en règle pour devenir candidat officiel. On peut signer les bulletins des quatre candidats (c’est ce que j’ai fait). Ce n’est pas un appui, mais une permission d’être dans la course.

Cliquez sur l’image, copiez, imprimez, remplissez, envoyez !

Vous pouvez le faire en: 1) Cliquant sur l’image ci-contre, en l’imprimant, la remplissant et la retournant à l’adresse suivante:

Équipe Lisée
6557 Des Écores
Montréal (Québec) H2G 2J8

Mieux encore 2) Après avoir fait (1), Cliquez ici sur J’embarque pour faire partie de l’équipe, on mettra vos talents à profit, y compris pour la signature du bulletin autour de vous.

Il n’est pas possible d’utiliser le scan ou le télécopieur pour retourner le bulletin de candidature signé.


Vous devez donc ABSOLUMENT nous le faire parvenir par la poste. Seule la copie originale est valide

Pour les nouveaux membres ou ceux qui ne connaissent pas leur numéro de membre du PQ, ce n’est pas grave! Vous pouvez compléter mon bulletin de candidature quand même en laissant l’espace pour le numéro de membre vide.

Si vous n’êtes pas membre en règle, vous pouvez le devenir en 60 secondes en cliquant ici, votre carte de crédit en mains. C’est cinq dollars ! Un bon investissement pour l’avenir du Québec !

Véronique Hivon et moi avons signé nos bulletins respectifs sous l'oeil des caméras quelques minutes après le lancement officiel de la course.

Véronique Hivon et moi avons signé nos bulletins respectifs sous l’oeil des caméras quelques minutes après le lancement officiel de la course.

Leadership : Inégalités sociales : Un Québec riche de son équité

Proposition #4 du candidat Jean-François Lisée

Le Québec fait plutôt bonne figure en matière d’équité et de justice sociale, surtout lorsqu’on le compare à ses voisins. Pourtant, il n’a pas été épargné par la hausse des inégalités qui a marqué les sociétés avancées depuis trente ans. Et il est encore loin derrière les pays qui font le mieux (par exemple, la Suède, le Danemark ou la Finlande) !

En tant que Premier ministre du Québec, je m’attaquerai aux inégalités en m’y prenant par les deux bouts : d’abord, en améliorant substantiellement la situation économique de ceux qui se trouvent au bas de l’échelle, puis en luttant contre la concentration de la richesse au sommet. Je veux que nous nous fixions un objectif constant, celui de faire du Québec une société qui figure parmi les plus dynamiques, les plus entreprenantes, les plus innovantes et les plus égalitaires en Occident.

Rehausser le bas de l’échelle

Rehausser l’aide de dernier recours : Aujourd’hui, une personne seule ayant des contraintes à l’emploi reçoit de l’État 25% de moins que ce qu’on considère être le seuil de la pauvreté. Une personne apte à l’emploi : 50% de moins. On ne peut pas et on ne doit pas se résigner à maintenir ces personnes dans la pauvreté. Je présenterai dans cette campagne une proposition de sortie graduelle de la pauvreté pour tous nos concitoyens les plus défavorisés.

Un salaire minimum à 15$ : À 10,75$, le salaire minimum ne suffit plus à sortir les travailleurs de la pauvreté. Je m’engage à l’augmenter à 15$ d’ici octobre 2022[1]. Cette augmentation est ambitieuse mais le moment est opportun pour minimiser l’impact sur nos PME: nos entreprises manufacturières profitent depuis deux ans d’une devise qui s’est dépréciée d’un quart face au dollar de notre principal client, les États-Unis, ce qui leur offre une marge significative. Quant à nos entreprises du domaine du commerce au détail, elles évoluent dans une économie où l’inflation est très faible. Le transfert de ces coûts sur les prix est donc plus facile à opérer qu’en période d’inflation forte, pour eux et pour les clients, tout en conservant le niveau d’emploi.

Un mécanisme d’évaluation continue de la mesure sera institué pour nous assurer que ses effets positifs dépassent nettement ses effets négatifs. D’autant que ces mesures combinées auront un impact positif sur la consommation, donc sur l’économie québécoise.

Pour une vraie protection des salariés non-syndiqués: Chaque mois, en ce moment au Québec, plus d’un salarié non-syndiqué sur trois se fait littéralement voler par des employeurs qui ne respectent pas les normes du travail. La Commission des normes du travail estime que 37 % des travailleurs n’ont pas été payés adéquatement pour leurs heures supplémentaires. En chiffres réels, cela signifie que 100 000 salariés québécois se font escroquer, chaque mois, d’une somme de 20 millions de dollars[2] ! Mon gouvernement agira de façon résolue afin de faire appliquer la Loi sur les normes du travail. Il le fera par une surveillance et des pénalités très strictes.

Prioriser l’insertion : Une cinquantaine d’entreprises du Québec ont pour vocation d’aider les gens les plus éloignés du marché du travail à trouver leur place. Chaque année, elles forment plus de 3000 personnes, dont les trois quarts sont des jeunes entre 16 et 35 ans. Ces entreprises d’insertion sont une telle réussite, avec 80% de taux de réinsertion, qu’elles ne répondent plus à la demande. En 2013, près de 900 personnes attendaient pour une place, un nombre assurément sous-évalué. Je propose qu’un gouvernement du Parti Québécois fasse disparaître les listes d’attente dans les entreprises d’insertion, afin que l’on puisse offrir des places à tous les décrocheurs qui veulent raccrocher !

Ramener le haut de l’échelle à la raison

Une rémunération équitable des médecins : J’ai brisé un tabou plus tôt cette semaine en affirmant qu’il était impératif de geler dès notre élection la rémunération des médecins. Cette mesure est non seulement essentielle pour assurer la viabilité des finances publiques, mais aussi pour réduire les inégalités économiques. Avec un salaire moyen dépassant les 300 000$, l’écrasante majorité des 22 000 médecins du Québec fait maintenant partie du 1 % des Québécois les plus fortunés (en fait, près du tiers du 1 % est constitué de médecins). Lutter pour une rémunération équitable des médecins, c’est lutter pour davantage d’égalité.

Le secteur public doit donner l’exemple : Le secteur public doit être irréprochable et dire « non » à la spirale des hauts salaires. Sous mon gouvernement, la rémunération de tous les employés de l’État sera limitée à un montant fixé 10 % en-dessous de la rémunération du Premier ministre (qu’on évalue à environ 250 000$ en incluant les avantages). Cette norme s’appliquera aux hauts fonctionnaires, mais aussi aux PDG d’Hydro-Québec, d’Investissement Québec, de la SAQ, de Loto-Québec, etc. Il est complètement faux de prétendre que les dirigeants des sociétés d’État seront happés par la concurrence internationale si on limite leur rémunération. Cela ne s’est jamais produit. D’ailleurs, si cela devait se produire, ce ne serait pas une mauvaise nouvelle pour le rayonnement du Québec.

(Je ferai une exception, la seule, pour le PDG de la Caisse de dépôt et de placement du Québec, puisque l’expérience montre qu’il est recruté dans les milieux financiers locaux, où les salaires sont plus élevés.)

Les recteurs et les cadres supérieurs des universités : Depuis des années, la rémunération des recteurs et cadres supérieurs des universités soulève à très juste titre l’indignation des Québécois. Ce n’est pas le cas dans le réseau de l’Université du Québec, où elle est étroitement encadrée, mais dans les « universités à charte ». Ces universités prétendent que ces rémunérations exagérées sont motivées par la compétition entre grandes universités nord-américaines pour les talents des gestionnaires. Or il n’existe pas un seul cas où un de nos recteurs a été happé par une grande université américaine.

Mon gouvernement exigera que ces universités se plient aux mêmes règles que le reste du secteur du public. Une pénalité financière sera imposée aux établissements qui persistent à offrir de très hauts salaires à leurs cadres supérieurs.

Les coopératives : En tant que membre de Desjardins, je suis choqué de voir ses hauts dirigeants toucher des millions de dollars en rémunération, empruntant ainsi les mauvaises pratiques du secteur bancaire. La rémunération de la dernière présidente du mouvement, Monique Leroux, est passée de quelques années de 700 000 $ à 4 millions de dollars deux ans plus tard. Cela dépasse, de loin, les bornes de l’indécence.

Le statut de coopérative étant un privilège accordé par l’État pour des raisons précises, je modifierai la Loi sur les coopératives afin que la rémunération des hauts dirigeants ne puisse dépasser un multiplicateur raisonnable par rapport au salaire médian au sein de la coopérative.

Et le secteur privé ? La réussite doit être valorisée au Québec, plus encore qu’aujourd’hui. Qu’un entrepreneur crée une entreprise de toutes pièces et devienne milliardaire grâce à son travail et son inventivité va de soi. Il paiera ses impôts en conséquence.

Mais la dérive en cours vers un absurde déplacement de la richesse vers l’ensemble des cadres supérieurs de la société est un non-sens qui mine le tissu social et le vivre-ensemble.

Au privé comme au public, une des principales raisons qui expliquent la croissance des inégalités est la perte de repères éthiques et l’affaiblissement des normes sociales en vigueur jusque dans les années 1980. Le gouvernement du Parti québécois que je dirigerai contribuera à établir un nouveau consensus sur ce qui est socialement préférable et ce qui ne l’est pas. Je m’engage à établir un dialogue constructif avec les experts, les partenaires sociaux et patronaux afin de définir un cadre de référence, non contraignant mais socialement influent, pour encadrer les hautes rémunérations dans le secteur privé. Cette initiative s’insèrera dans le cadre d’une campagne plus large en faveur d’une culture de l’intégrité.

Contre l’évasion et l’évitement fiscal : Depuis des années, le Canada multiplie les conventions fiscales et les accords d’échange de renseignement fiscaux (AÉRF) avec des paradis fiscaux notoires. Ces accords permettent à ceux qui « investissent » dans ces législations de complaisance de rapatrier au Canada des bénéfices en payant peu ou pas d’impôt. Le pire cas est celui de la Barbade, où les Canadiens ont « investi » pour 71 G$ au cours des ans, ce qui représente 15 fois la taille de l’économie de ce pays. Le portrait est également troublant aux Îles Caïmans (où les Canadiens ont investi 37 G$ pour un PIB de 5 G$) ou aux Bermudes (18G$ pour un PIB de 5G$). Ces montants ne sont souvent que des transferts au sein de filiales dans le seul but d’éviter de payer sa juste part d’impôt au Québec et au Canada.

Historiquement, Québec a pris la très mauvaise habitude d’appliquer aveuglément les conventions fiscales canadiennes. Pourtant, aucune contrainte légale ne l’oblige à le faire.

Sous ma gouverne, le Québec cesserait immédiatement d’appliquer les conventions fiscales conclues entre le Canada et une dizaine de paradis fiscaux notoires et considérerait comme imposables les revenus et dividendes provenant de ces juridictions. Il est possible que les fraudeurs parviennent de nouveau à masquer ces sommes, mais la première étape dans la lutte contre les paradis fiscaux est de s’assurer que la fraude est bel et bien déclarée illégale par l’État et traitée comme telle.

Finalement, je mettrais fin à la pratique insensée de n’imposer aucune amende aux contribuables qui font des déclarations volontaires après avoir caché de l’argent au fisc. Cette pratique encourage les fraudeurs à tenter de cacher leur argent dans les paradis, sachant qu’ils pourront obtenir une amnistie sans amende si le risque devient trop grand !

Une politique générale, cohérente et patiente de lutte aux inégalités

Ces mesures formeront le cœur d’une politique de lutte aux inégalités de revenus au Québec. Elles accompagneront un effort dynamique de création de richesse, de soutien aux entrepreneurs. Un gouvernement du Parti québécois doit donner un signal fort quant à sa volonté de contenir les écarts de richesse dans des limites socialement équitables.

[1] C’est le calendrier adopté en Californie et proposé partout sur le continent.

[2] Enquête de 2010 de la CNT:http://www.cnt.gouv.qc.ca/fileadmin/pdf/enquetes-et-recherches/2010/ENQUETE-EVALUATION-CERTAINES-DISPOSITIONS-LNT-EDITION2010.pdf

Vous êtes plutôt d’accord ?
Joignez-vous à ma campagne

Voici les propositions que j’ai mise de l’avant
depuis mon entrée dans la campagne, le 16 mai dernier.

Proposition #1: Chasser les libéraux. Réussir l’indépendance. Dans cet ordre.

Proposition #2: Immigration : Le chemin du succès

Proposition #3: Santé : Gel de l’enveloppe de rémunération des médecins

Proposition #4: Inégalités sociales : Un Québec riche de son équité

Proposition #5: Sièges sociaux : Miser sur la Caisse de dépôt et le développement régional

Proposition #6: Identité : La concordance culturelle

Proposition #7: Priorité PME : Moins de paperasse, plus d’entrepreneuriat

Proposition #8: Laïcité – une approche résolue et responsable

Proposition #9: Compte à rebours 2022 !

Proposition #10: Anticosti – Enfin sortir des faux-fuyants !

Proposition #11: Incarner la laïcité et l’ouverture

Proposition #12: Le pipeline Énergie Est: Pourquoi il faut dire Non et Non !

Proposition #13 : Pour un processus d’évaluation et de consultation « digne du 21e siècle »

Proposition #14 : Développement régional : rétablir les budgets et reconstruire les outils de développement dans le respect des régions

Leadership: Santé : Gel de l’enveloppe de rémunération des médecins

Proposition #3 du candidat Jean-François Lisée

« Les gouvernements essaient de ne pas affronter la médecine, ou de ne pas trop l’indisposer. On l’a vu lorsqu’on a accepté le principe du rattrapage par rapport à l’Ontario. On sait que c’est un non-sens. 

Si on essayait de rehausser la rémunération de toutes les professions et tous les métiers au niveau de l’Ontario, ce serait la faillite parce qu’on n’a pas le même niveau de richesse. On reconnaît aujourd’hui que dans un cadre normal, où les relations auraient été plus équilibrées, on n’aurait jamais consenti à une entente comme celle-là.[…] » 

«Notre système de santé n’est pas la propriété des médecins, mais des Québécois. Il devrait être vu, analysé et géré en fonction des besoins des Québécois et des patients. C’est un aspect qui m’apparaît fondamental.
Et on ne progresse pas dans ce sens-là parce que tout ce qui touche le moindrement aux médecins doit toujours être négocié avec les deux fédérations médicales. »

 -Claude Castonguay, père de l’Assurance-maladie, 24 février 2016

Aucune décision prise au cours des dernières décennies n’a causé autant de tort aux finances publiques que l’augmentation de la rémunération des médecins négociée par les docteurs Philippe Couillard et Gaétan Barrette. À ce jour, cette décision a mené au transfert de 3 milliards de dollars vers le 1% des citoyens les plus riches, compromettant l’équilibre déjà fragile des finances publiques, forçant des compressions dans tous les autres domaines d’intervention de l’État, et ce, sans gain pour les citoyens.

De 2006 à 2016, la rémunération totale des médecins (services médicaux payés par la RAMQ) est passée de 3,3 à 7,1 milliard de dollars. Si elle avait cru à la même vitesse que l’inflation (+18%) et que la population du Québec (+9%), cette rémunération se chiffrerait plutôt aujourd’hui à 4,2 milliards de dollars, soit presque 3 milliards de moins que ce nous paierons cette année.

L’augmentation de la rémunération des médecins ne s’est pas traduite par de meilleurs soins offerts à la population. Le nombre d’actes médicaux a légèrement augmenté (suivant l’augmentation générale de la population, +10%), mais le nombre d’actes par médecin a diminué, notamment parce que ces derniers sont parvenus à augmenter substantiellement leur revenu tout en réduisant leur charge de travail.

Comment un prochain gouvernement du Parti québécois pourrait-il reprendre le contrôle face à un tel gâchis ?

Geler l’enveloppe de la rémunération

Il m’apparaît impératif de contenir la valeur totale de l’enveloppe de la rémunération des médecins. Politiquement et financièrement, la croissance de la rémunération est insoutenable et injustifiable, au regard de l’état des finances publiques et de la rémunération des autres Québécois.

C’est pourquoi je propose que le Parti québécois demande en octobre 2018 aux Québécois un mandat électoral fort de geler dès sa prise du pouvoir l’enveloppe de rémunération des médecins, spécialistes et omnipraticiens.

Jusqu’à quand ? Jusqu’à ce que la rémunération globale se rééquilibre autour d’une norme québécoise de la part de la richesse que la société consent à verser à ses médecins – une norme qui n’est pas et ne doit pas être la moyenne canadienne.

De plus, un gouvernement du Parti québécois abolirait dès son premier budget le droit à l’incorporation des médecins et des autres professionnels dont la rémunération est entièrement liée à la dispensation de services publics payés par l’État. (Une mesure qui, à elle seule, pourrait générer des économies allant jusqu’à 150 millions de dollars par an.)

Il ne s’agit évidemment pas de sous-payer les médecins, mais leur rémunération doit s’insérer dans un continuum incluant les autres professionnels du réseau de la santé, et plus largement l’ensemble des travailleurs et des travailleuses du Québec. Les médecins ne doivent pas constituer une caste à part. Cet exercice de rééquilibrage devrait raisonnablement prendre de cinq à dix ans.

Cette proposition soulève quelques enjeux importants:

Les ententes existantes : Malgré les augmentations gigantesques déjà réalisées, les ententes existantes prévoient que la rémunération des médecins augmente encore de 2,3 milliards de dollars d’ici 2021-2022, en raison de l’étalement des hausses convenu avec les fédérations médicales. Cette hausse supplémentaire est insoutenable pour les finances publiques et injustifiable à tout point de vue.

Fort d’un mandat électoral et de l’appui d’un grand nombre de médecins qui s’oppose à la dérive dans laquelle leurs fédérations les ont entraînés, un gouvernement du Parti québécois rouvrirait ces ententes avec les Fédérations pour annuler ces augmentations. D’où l’importance que cet enjeu fasse partie de la discussion lors de la prochaine campagne électorale.

Sait-on que la seule augmentation de 568 millions de dollars par an liée à la clause remorque consentie par le gouvernement libéral aux médecins suffirait pour mettre à niveau en moins de trois ans toutes les écoles vétustes de la Commissions scolaire de Montréal ?

Une nouvelle négociation s’enclencherait sur de nouvelles bases. Il ne fait aucun doute qu’un grand nombre de médecins membres de leurs fédérations, et qui ont à cœur leur rôle de service public et les notions d’équité, seront des alliés précieux dans cette renégociation.

Un « big bang » de la répartition des tâches : Les pharmaciens, les infirmières et les autres professionnels de la santé doivent être beaucoup plus présents pour dispenser les soins. En ce moment, les spécialistes consacrent une trop grande part de leur temps à réaliser des actes qui pourraient être assumés par les omnipraticiens et les omnipraticiens à réaliser des actes qui devraient être délégués notamment aux infirmiers ou aux pharmaciens.

La clinique d’infirmières de la Coopérative de solidarité SABSA à Québec est l’exemple d’une complémentarité réussie au bénéfice d’une clientèle vulnérable. Les infirmières et travailleuses sociales de SABSA ont pu répondre à 95% des besoins en santé des patients. Seuls 5% ont du ensuite voir un autre professionnel de la santé. Des cliniques semblables existent en Ontario depuis des années, et ces infirmières praticiennes n’exercent pas sous la gouverne de médecins.

Pour arriver à une offre optimale de soins, la RAMQ devrait pouvoir réduire périodiquement le financement de certains actes afin d’encourager la hiérarchisation et la pertinence des services rendus, ce qui pourrait être compensé par une augmentation du financement d’actes plus spécialisés ou de la prise en charge des patients.

L’abandon de la norme canadienne : L’augmentation de la rémunération des médecins s’est faite en vertu de l’atteinte de la moyenne canadienne. Pourtant, contrairement aux prétentions du docteur Barrette alors qu’il était président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ, l’écart salarial avec le reste du Canada n’a jamais conduit à un exode des médecins. Les départs pour le Canada ont toujours été peu nombreux et principalement motivés par des raisons linguistiques.

En fait, selon les calculs effectués le mois dernier (avril 2016) par l’économiste Pierre Fortin, la hausse excessive de rémunération accordée par le gouvernement libéral procure aux médecins un avantage de pouvoir d’achat de 19 à 34% par rapport à leurs confrères ontariens !

Fortin écrit : « Seulement en 2013-2014, l’excès de générosité envers les médecins du Québec a coûté 838 millions de dollars aux contribuables québécois. L’austérité imposée dans les années récentes aux autres secteurs de l’activité gouvernementale afin de parvenir à l’équilibre budgétaire s’explique en bonne partie par la nécessité d’absorber cette énorme facture annuelle supplémentaire de 838 millions. »

Les redressements budgétaires successifs imposés au réseau de la santé, largement dus aux sommes qu’il a fallu dégager pour assumer les augmentations des médecins, ont entraîné l’abolition de nombreux postes, la réduction de services à la population, la centralisation à outrance, tout cela au détriment du patient.

Je propose donc d’abandonner la norme canadienne et de la remplacer par une norme québécoise, tenant compte de plusieurs facteurs : le coût de la vie inférieur au Québec, la rémunération moindre des médecins dans les pays ayant une meilleure performance en santé et l’équité générale de la rémunération avec les autres travailleurs des secteurs public et privé.

L’impact sur le volume de soin : En ce moment, la rémunération des médecins est un bar ouvert, tout acte médical est remboursé. Cette situation a mené sur deux ans à un dépassement de 800 millions de dollars de la rémunération prévue. Fermer l’enveloppe de la rémunération des médecins devra se doubler d’une meilleure gestion des sommes disponibles, par l’introduction d’un mécanisme d’évaluation continue de la rémunération des médecins afin d’assurer l’optimisation des services médicaux offerts.

Passer de la rémunération à l’acte à une rémunération mixte digne du XXIe siècle : Il est grand temps de revoir le mode de rémunération des médecins, codifiés dans pas moins de  874 pages d’actes médicaux du manuel de la RAMQ.

Comme l’indiquait récemment Claude Castonguay : « La rémunération à l’acte est mal adaptée à la rémunération de gens qui fonctionnent en équipe. Cette approche individuelle ne permet pas de développer la  nécessaire vision d’ensemble permettant de mettre efficacement en réseau toutes les ressources. Les solutions doivent passer non pas par l’ajout de ressources financières supplémentaires, mais par une réallocation à l’intérieur de la masse financière déjà consentie. L’octroi d’une augmentation aux omnipraticiens pour qu’ils acceptent des infirmières praticiennes en première ligne constitue un exemple d’une approche totalement injustifiée. »

Un programme santé beaucoup plus large

Ces éléments ne portent que sur le cadre financier général de mes propositions en santé.

Comme porte-parole du Parti québécois en matière de Services sociaux, de Santé publique, de Protection de la jeunesse et de Soins à domicile, j’ai développé un grand intérêt pour l’ensemble de ces questions, ainsi que celles de la prévention et des saines habitudes de vie.

J’interviendrai sur ces autres volets pendant le déroulement de la campagne à la direction du Parti.

Vous êtes plutôt d’accord ?
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Voici les propositions que j’ai mise de l’avant
depuis mon entrée dans la campagne, le 16 mai dernier.

Proposition #1: Chasser les libéraux. Réussir l’indépendance. Dans cet ordre.

Proposition #2: Immigration : Le chemin du succès

Proposition #3: Santé : Gel de l’enveloppe de rémunération des médecins

Proposition #4: Inégalités sociales : Un Québec riche de son équité

Proposition #5: Sièges sociaux : Miser sur la Caisse de dépôt et le développement régional

Proposition #6: Identité : La concordance culturelle

Proposition #7: Priorité PME : Moins de paperasse, plus d’entrepreneuriat

Proposition #8: Laïcité – une approche résolue et responsable

Proposition #9: Compte à rebours 2022 !

Proposition #10: Anticosti – Enfin sortir des faux-fuyants !

Proposition #11: Incarner la laïcité et l’ouverture

Proposition #12: Le pipeline Énergie Est: Pourquoi il faut dire Non et Non !

Proposition #13 : Pour un processus d’évaluation et de consultation « digne du 21e siècle »

Proposition #14 : Développement régional : rétablir les budgets et reconstruire les outils de développement dans le respect des régions

 

Leadership : Immigration : Le chemin du succès

Proposition #2 du candidat Jean-François Lisée

J’ai honte. Comme Québécois, j’ai honte chaque fois que je rencontre un chauffeur de taxi qui est venu chez nous pour être ingénieur, une caissière qui a été formée comme technicienne dentaire, un chômeur qui n’a jamais de suivi lorsqu’il envoie des CV parce que son nom semble étrange aux yeux des employeurs.

On a plus honte que jamais, au Québec, depuis que le gouvernement libéral a décidé de hausser à 45 000, puis à 50 000, les seuils d’immigration, sans s’assurer le moins du monde que ces gens qu’on appelle et accueille puissent réaliser leurs rêves.

C’est la grande séduction, suivie de la grande déception. Oui, c’est honteux.

Le taux de chômage des immigrants est plus élevé ici qu’ailleurs en Amérique. 60 % de ceux qui ne parlent pas français ne vont pas aux cours de francisation. La moitié de ceux qui arrivent en connaissant l’anglais plutôt que le français quittent rapidement pour des cieux plus cléments. Je ne leur en veux pas. Je nous en veux d’être si peu accueillants. Si mal-accueillants. Je ne nous reconnais pas

Le seuil de 50 000 est le seuil de l’échec. Il faut le revoir. L’abandonner. Mais comment ?

Si les Libéraux proposent un seuil, on les soupçonne de vouloir importer davantage d’électeurs libéraux. Si les péquistes proposent de le baisser, on nous soupçonne de vouloir empêcher l’arrivée de nouveaux électeurs libéraux.

Il faut donc dépolitiser le dossier en le confiant à une des institutions encore très crédibles aux yeux des Québécois: le Vérificateur général.

Le VG avait produit en 2011 un rapport dévastateur sur l’incurie généralisée qui prévalait dans notre gestion de l’intégration. Il a donc démontré sa capacité à offrir un jugement rigoureux sur nos réelles capacité d’accueil.

Voici donc mes engagements en immigration:

1) Un mandat au Vérificateur général

Premier ministre, je demanderais sans délai au Vérificateur général de répondre aux deux questions suivantes:

  • Dans l’état actuel de nos ressources et de notre investissement en intégration, combien de néo-Québécois pouvons-nous accueillir en leur offrant une perspective raisonnable de s’intégrer dans un emploi correspondant à leur formation et à maîtriser notre langue commune, le français ?
  • Au cours des prochaines années, compte tenu des défis démographiques et du marché du travail, quel serait le nombre optimal de néo-Québécois que nous devrions accueillir et, en conséquence, quel devrait être le niveau d’investissement supplémentaire pour assurer à ce nombre une perspective raisonnable d’intégration réussie ?

Ces questions portent sur la sélection de travailleurs qualifiés, mais il faut aussi assurer le succès de l’intégration des réfugiés que le Québec accueille en vertu de sa volonté, maintes fois réaffirmée (Chili, Vietnam, Haiti, Syrie) de participer à l’effort humanitaire international.

2) Poser les jalons du succès

Avant même d’obtenir ces informations essentielles du VG, et dans le but de mieux assumer notre devoir d’accueil auprès des immigrants qui sont déjà parmi nous et de ceux qui sont en processus d’obtention de leur Certificat de sélection, des mesures urgentes s’imposent.

A. Réduire à quelques jours le délai de délivrance d’une évaluation comparative des diplômes, un document souvent essentiel pour l’obtention d’un emploi. Nous devons même offrir un service en ligne qui permettra aux candidats d’obtenir une évaluation préliminaire;

B. Négocier avec la Tunisie, le Maroc et l’Algérie des ententes de reconnaissance réciproque des compétences professionnelles. C’est ce que nous avons fait avec la France, ces dernières années, avec 72 ententes. Ministre des Relations internationales sous Pauline Marois, j’avais décidé de concentrer nos efforts sur la principale source d’immigration diplômée au Québec, le Maghreb. Ces accords, lorsqu’ils se concluent, s’appliquent non seulement aux futurs immigrants, mais aux ressortissants professionnels déjà présents au Québec et qui en bénéficient.

Cela a été par exemple le cas pour des centaines d’infirmières françaises dont le statut a été reconnu et le salaire rehaussé grâce à une entente. Les futures ententes avec le Maghreb pourront s’appliquer aux professionnels concernés déjà établis ici.

Nous pourrons ensuite étendre ces ententes en direction d’autres bassins important d’immigration.

C. Offrir une aide financière remboursable pour les immigrants en formation ou en stage. Il est fréquent, pour des diplômés ou des professionnels, que la reconnaissance complète des compétences nécessite des cours supplémentaires, un stage, une formation. Nous allons mettre sur pied un système de micro-crédit qui permettra à ces personnes de disposer des sommes nécessaires à financer ces périodes de mises à niveau. Une fois en emploi, elles rembourseront la somme, à des taux d’intérêts très bas, et passeront ainsi au suivant.

D. Inciter les immigrants à s’établir partout au Québec. À l’heure actuelle, seulement 20 % des nouveaux arrivants s’installent en dehors de Montréal. Il faut déployer de nouveaux efforts pour augmenter substantiellement cette proportion.

3. Lutter fermement contre le racisme et la discrimination

Si je suis Premier ministre, je voudrai qu’un gouvernement du Parti québécois élabore sans délai une politique de lutte contre le racisme.

En particulier je voudrai déployer une campagne robuste, destinée au public et plus particulièrement aux employeurs et responsables du personnel, pour faire reculer la discrimination à l’embauche ou dans le logement.

Je voudrai de plus développer une action plus efficace contre contre les crimes dits d’honneur, les mariages forcés, la radicalisation, etc.

Dans mes propositions en éducation, j’ai ajouté un autre volet à mes propositions en immigration, le voici:

Renforcer l’attraction et la rétention des étudiants étrangers dans les établissements francophones.

De nombreux étudiantes et étudiants étrangers étudient déjà au Québec, mais il est possible de faire mieux, notamment dans les universités francophones et à l’extérieur de Montréal. Je souhaite proposer un contrat d’attractivité pour les étudiants étrangers qui viendraient étudier au Québec.

D’abord, l’organisation du recrutement d’étudiants à l’étranger par le gouvernement québécois et ses universités et Cégeps établissements d’enseignement supérieur manque de coordination, ne dispose pas d’une image de marque suffisamment distinctive et souffre de la volonté du gouvernement du Canada de prendre la place du Québec dans ce champ de compétence québécois.

Ensuite, les droits de scolarité exigés des étudiants de l’extérieur du Québec varient considérablement selon leur origine. Un étudiant indien venant d’une famille désargentée paiera davantage qu’un fils de chef d’entreprise du Sénégal. Un étudiant haïtien de milieu modeste, même s’il bénéficie d’une exemption, n’aura pas les moyens d’étudier au Québec, quelle que soit la qualité de son dossier scolaire.

Il faut, à mon avis, tout remettre à plat pour introduire une réforme majeure mais lisible de l’offre québécoise, afin de viser à la fois l’attraction d’étudiants et de chercheurs en provenance de la francophonie ou francophiles et de viser la reconnaissance du Québec comme pôle d’excellence doté d’un système d’enseignement en français et, au surplus, d’établissements anglophones d’excellence.

Le Québec devrait lancer un programme destiné à tous ceux et celles qui veulent étudier en français au Québec, de quelque nation qu’ils soient, de France, du Canada hors Québec, d’Afrique ou d’ailleurs.

Dans un modèle simplifié s’inspirant du régime québécois des prêts et bourses (et d’une grande école française, Sciences Po), le gouvernement du Québec recevrait les demandes d’inscription et accorderait à un étudiant, selon l’excellence de son dossier scolaire et selon son niveau de revenu et celui de ses parents :

  • Soit une bourse ou un prêt couvrant à la fois les droits de scolarité et les frais de séjour ;
  • Soit une bourse ou un prêt couvrant seulement en tout ou en partie les droits de scolarité.
  • En fonction de l’excellence du candidat et indépendamment de ses ressources financières, une bourse d’excellence aux 2e et 3e cycles ou une bourse postdoctorale.

Ces sommes seraient accordées jusqu’à concurrence du budget total consacré à l’accueil des étudiants étrangers. L’opération ne coûterait donc pas un sou de plus que ce qu’il en coûte actuellement à l’État. Mais en modulant les sommes en fonction des besoins des étudiants, ces derniers seraient plus nombreux à recevoir une aide financière. Ainsi :

  • L’offre québécoise devient plus équitable et plus respectueuse de l’approche sociale-démocrate québécoise. Elle évite de financer sans raison un étudiant du Sud qui vient d’une famille fortunée, mais elle permet de payer des frais de séjour à un étudiant haïtien méritant qui, sinon, ne pourrait se prévaloir de l’aide actuelle.
  • L’exemption modulée selon les besoins réduira la somme affectée à chaque étudiant et, en fractionnant les sommes, augmentera probablement le nombre d’étudiants bénéficiaires.
  • Chaque étudiant reçu saura le montant de l’investissement consacré par le Québec à sa réussite.
  • La diversité de la provenance d’étudiants favorisera le mérite plutôt que l’origine nationale.
  • L’offre québécoise sera rapidement connue dans toute la francophonie.
  • Les étudiants aisés auront toujours le loisir de choisir le Québec pour son coût comparativement plus bas.
  • Ainsi outillé d’une offre simple, généreuse et universelle pour le monde francophone et d’une situation comparativement très forte pour les établissements anglophones, le gouvernement du Québec pourrait financer et lancer une offensive internationale importante pour l’attraction à l’étranger de l’excellence au Québec.

Ce n’est pas tout. Je ferais en sorte d’inviter ces étudiantes et étudiants à rester au Québec après avoir obtenu leur diplôme en appliquant une formule que j’avance depuis quelques années. Tout étudiant étranger qui a payé davantage qu’un étudiant québécois pour ses études se verrait rembourser graduellement ce supplément, sur une durée de plusieurs années, par un crédit d’impôt sur son revenu. Une raison de plus de rester parmi nous.

Vous êtes plutôt d’accord ?
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Voici les propositions que j’ai mise de l’avant
depuis mon entrée dans la campagne, le 16 mai dernier.

Proposition #1: Chasser les libéraux. Réussir l’indépendance. Dans cet ordre.

Proposition #2: Immigration : Le chemin du succès

Proposition #3: Santé : Gel de l’enveloppe de rémunération des médecins

Proposition #4: Inégalités sociales : Un Québec riche de son équité

Proposition #5: Sièges sociaux : Miser sur la Caisse de dépôt et le développement régional

Proposition #6: Identité : La concordance culturelle

Proposition #7: Priorité PME : Moins de paperasse, plus d’entrepreneuriat

Proposition #8: Laïcité – une approche résolue et responsable

Proposition #9: Compte à rebours 2022 !

Proposition #10: Anticosti – Enfin sortir des faux-fuyants !

Proposition #11: Incarner la laïcité et l’ouverture

Proposition #12: Le pipeline Énergie Est: Pourquoi il faut dire Non et Non !

Proposition #13 : Pour un processus d’évaluation et de consultation « digne du 21e siècle »

Proposition #14 : Développement régional : rétablir les budgets et reconstruire les outils de développement dans le respect des régions

Leadership – Questions/Réponses sur mes propositions

Voici des réponses à des questions fréquemment posées sur ma proposition stratégique. Plusieurs de ces échanges sont tirées d’entrevues réalisées ces derniers jours.

Quel est le problème avec la perspective d’un référendum hâtif ?

Le mot référendum est le principal repoussoir à la mobilisation. Je pense que c’est un poison, il faut le retirer du système pour parler des autres choses y compris de l’indépendance. 

En faisant du porte à porte, quand on se présente en disant « bonjour je suis du PQ et je veux vous parler d’électrification des transports », les gens répondent: « c’est bien beau, mais on veut surtout savoir s’il va y avoir un référendum ». C’est la première question et tant qu’on n’y répond pas, les gens ne veulent pas nous parler d’autre chose

Répondons simplement qu’on en tiendra un dès le prochain mandat, ce sera clair ?

Oui ce serait clair. Mais ce serait clairement l’échec. Pourquoi ? Parce que 75% des Québécois sont pour l’instant opposés à la tenue d’un référendum, ce qui inclut une bonne moitié des gens qui se disent indépendantistes. Ce n’est pas qu’ils ne veulent pas que le Québec devienne souverain, c’est qu’ils ont peur d’un nouvel échec.

Nous sommes face à un blocage qu’il faut faire sauter.

Oui mais 41% des Québécois ont dit dans le dernier sondage Léger qu’ils étaient pour la souveraineté. S’ils votent PQ, on est majoritaires, et alors il ne nous manque que 600 000 personnes pour atteindre le 50% + 1 ?

Ce serait génial si ça marchait comme ça. En fait, le 41% est atteint en répartissant les indécis qui, par définition, sont indécis. On tombe à 38%. Mais dans ce 38%, il y en a beaucoup pour lesquels la souveraineté n’est qu’une question parmi d’autres. Ils ne sont pas des souverainistes ardents comme vous et moi. Ils ne vont pas voter pour le PQ automatiquement.

Selon le sondeur Pierre-Alain Cotnoir, il n’y a que 25% des électeurs qui sont comme nous, les indépendantistes militants, et qui votent aux élections en fonction de leur volonté indépendantiste. 25%, c’est la proportion que le PQ a obtenu à son pire score, en avril 2014. 25%, c’est aussi la proportion de Québécois qui veulent un référendum.

Ça ne suffit pas pour être élu, même minoritaire.

Cotnoir écrit aussi:

Il y a ceux qui ne se s’identifient pas de prime abord comme Québécois, mais plutôt comme Canadien ou Canadien français. Ils forment grosso modo le tiers des francophones et la très grande majorité des non-francophones. C’est un bon handicap de départ 40% à 45% de gens qui ne veulent rien savoir parce qu’ils n’ont aucun sentiment d’appartenance à la nation québécoise!

Et encore pour les autres qui se disent d’abord Québécois, si c’est une condition nécessaire, elle est loin d’être suffisante pour opter illico pour l’indépendance.

Enfin que faites-vous des trois quarts des apolitiques, de même que de la moitié des souverainistes modérés qui estiment qu’il sera possible un jour de réformer le fédéralisme canadien de manière à satisfaire à la fois le Québec et le reste du Canada (ce nombre atteint 80% chez les francophones de moins de 35 ans) ?

Or ce n’est pas en se mettant la tête dans le sable qu’ils cesseront d’exister.

C’est bien pourquoi le constat de Jean-François Lisée m’apparaît faire passer la sagesse avant la témérité.

Parce que pour gagner un référendum portant sur la souveraineté, il faudra obtenir, auprès des francophones, non seulement l’appui des «partisans» (c.-à-d. les souverainistes décidés, formant environ le quart de l’électorat), mais aussi celui de la grande majorité des «centristes» qui forment près du tiers de l’électorat, ainsi que celui des «réfractaires», ces « angry young men » bien connu dans la région de Québec, car admirateurs des radios poubelles, et des «Canadiens français», des gens s’identifiant d’abord comme Canadiens-français plutôt que comme Québécois, très souvent des personnes âgées. Ces deux derniers groupes forment ensemble un autre quart de l’électorat. Puis, il faudra aller chercher chez les non-francophones une fraction des voix.

Le soutien des «partisans» peut être assuré, mais pour atteindre une majorité, il faut y additionner minimalement l’appui de plus de la moitié des «centristes», sinon des deux tiers (si l’appui des deux groupes suivants reste faible), des gens pourtant peu intéressés par ce débat. À ces deux premiers groupes, il faut compter sur l’appui d’une fraction importante des «réfractaires», à ceux-ci il faut ajouter l’appui d’une portion significative des «Canadiens français».

Enfin, l’appui en fonction des scénarios d’un contingent oscillant entre 10% et 30% d’allophones est également souhaitable. Selon les simulations, ces chiffres varient, mais si la composition des contributions de chaque groupe peut changer, il demeure qu’elle doit s’exercer sur l’ensemble de ces groupes. Or la difficulté réside dans leur hétérogénéité. Je le répète : ce n’est pas par des discours qu’on atténue chez des gens souffrant d’anxiété sociale la peur du changement, surtout alors que nos adversaires se plaisent à les effrayer avec des contre-discours (par exemple, vous allez perdre vos pensions!).

Pour parler plus simplement, pour bon nombre d’électeurs provenant de la frange des «centristes» ou des «Canadiens français», plus fragile socio économiquement, quand ça brasse dans leur vie, ils ne veulent pas qu’en plus le plancher branle. Par ailleurs, bon nombre d’électeurs ont une relation pratique avec le monde politique, une relation très fonctionnelle.

L’égalité entre les peuples, ça les laisse plutôt froids… mais un seul rapport d’impôt, ça leur parle beaucoup plus. Alors, les préoccupations qui les rejoignent sont celles qui se déroulent réellement dans leur vie comme un pipeline imposé par le Rest of Canada qui traverserait leur cour, leur village ou leur région et tout ça sans leur consentement…

(Pour voir comment nous nous sommes rendus là, lire Appui à la souveraineté: État des lieux.)

Si le référendum est un tel blocage en 2018, pourquoi ce ne le serait pas aussi en 2022?

Je pense que si on enlève la perspective d’un référendum imminent et qu’on reporte ce rendez-vous dans six ans, on permet aux Québécois de regarder les choses autrement. On peut alors leur parler non seulement de nos autres propositions, mais aussi recommencer à parler du fond des choses, de la souveraineté elle-même.

Dans les années 1990, Jacques Parizeau avait formulé un plan similaire, en trois périodes. D’abord les Québécois allaient dire ce qu’ils ne voulaient pas, en rejetant en 1992 les offres sur la constitution. Ensuite ils allaient choisir leurs défenseurs à Ottawa, en élisant le Bloc à Ottawa en 1993. Ensuite ils allaient donner le mandat d’enclencher la démarche référendaire, en élisant le PQ en 1994. Le référendum était promis pour l’année suivante.

Cela avait deux avantages: 1) préparer les Québécois à un processus clair, ordonné, longtemps à l’avance. On peut les accompagner dans le processus; 2) Se donner le temps, nous, indépendantistes, de trancher toutes les questions concernant notre projet — monnaie, défense, culture, code criminel, etc, etc.

Je ne dis pas que ça va faire disparaître complètement la crainte d’un référendum, mais je pense que ça va, dans un premier temps, la désamorcer et, à moyen terme, l’amenuiser.

Reporter la question à 2022, ce n’est pas renoncer à en parler ?

Lorsque je dis que les 6 années qui viennent vont être utilisées par le mouvement souverainiste, (pas le gouvernement), pour préparer un rendez-vous à l’élection suivante, ce n’est pas attendre ça. C’est commencer à travailler méthodiquement, mois après mois, de façon visible dès la fin de cette année si je suis chef et dès l’an prochain et pour chacune des années qui viennent pour préparer une proposition complète, réfléchie, convaincante.

Et aussi, maintenant qu’on n’a plus la menace d’un référendum qui arriverait on sait pas quand, les gens vont ouvrir leurs oreilles, c’est mon pari, s’ils ne sont pas stressés par le choix référendaire. J’ai proposé une quinzaine de mesures pour qu’on fasse la plus grande promotion de la souveraineté au cours des 6 prochaines années,

Pourquoi renoncer à utiliser les fonds publics pour préparer la souveraineté pendant le mandat 2018-2022 ?

D’abord pour augmenter la clarté de notre message à l’électorat en 2018: pas de référendum, pas d’astuce, pas d’agenda caché, pas d’argent dépensé pour faire indirectement ce qu’on promet de faire directement.

Les libéraux vont tenter par tous les moyens de mettre en cause notre crédibilité, de dire que nous mentons, que nous n’allons pas tenir parole, que nous allons trouver des moyens d’utiliser l’État pour notre projet. Il ne faut laisser aux Libéraux le moindre pouce, la moindre prise, le moindre argument.

Notre défi pour 2018, en dé-référendumisant l’élection, est d’obtenir le soutien électoral le plus vaste posible, y compris de nationalistes hésitants, de membres des minorités, pour une tâche commune de reconstruction de notre État. Nous devons bâtir la confiance avec eux sur un discours franc, net, sans échappatoire.

Cette confiance une fois établie, nous pourrons dialoguer sainement sur l’ensemble de nos projets, et préparer le rendez-vous de 2022, mais en marge de l’action gouvernementale.

Préparer la souveraineté pendant 6 ans, ça va se financer comment?

Ça va se financer avec les citoyens, avec les gens qui vont vouloir donner des sous, avec les militants. Moi je vous dis : on a toute une nouvelle génération de jeunes entrepreneurs qui sont souverainistes. On va leur demander de signer des chèques, puis les militants sont prêts à investir là-dedans. Quand on va savoir qu’on a une échéance de 6 ans, ça va être plus facile à financer.

Garderiez-vous l’institut sur la souveraineté ?

J’y tiens absolument. Pierre Karl, que j’ai encore rencontré en fin de semaine, qui est neutre dans cette course bien sûr, va être un élément essentiel de la préparation de tout ça.

Abandonnez-vous la convergence ?

Absolument pas. C’est avec la convergence que je veux planifier les six ans qui sont à notre disposition.

Les libéraux disent que vous proposez six ans de turbulences ?

La turbulence qui nous menace, là, c’est 6 ans de Gaétan Barrette, de Sam Hamad, de Lise Thériault pis de Philippe Couillard, le neurochirurgien qui n’arrive pas à négocier une entente économique qui a de l’allure. 

Pourquoi avoir parlé de la stratégie indépendantiste dès le premier jour de campagne ?

Je crois qu’il y avait un test de leadership important dans cette course, qui était de répondre clairement à ce que Michel David appelle avec raison « la question qui tue », à savoir ce qu’on va faire avec le référendum.

J’ai dit qu’il n’y aura pas de référendum dans un premier mandat si je suis élu. Maintenant, ça ne veut pas dire que je ne veux pas faire l’indépendance, ça veut dire que je ne veux pas l’échouer ! Essayer de forcer les gens à nous donner un mandat au cours des 24 prochains mois, ce serait un échec.

La tâche immédiate, il me semble, est de nous débarrasser du gouvernement libéral, qui est le plus toxique qu’on ait eu.

Pour 2018, il faut que Gaétan Barrette, Sam Hamad et Lise Thériault ne soient plus en charge de quoi que ce soit au Québec.

Ne pensez-vous pas que vous faites une proposition que les militants péquistes ne veulent pas entendre ?

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, les militants souverainistes ne vivent pas dans un univers parallèle. Ils connaissent les difficultés actuelles qu’on rencontre avec l’idée de l’indépendance. Ils ont fait le pointage et ils l’ont vu ! Je crois qu’il doit y avoir le tiers des militants qui partageaient déjà cette position-là avant que je la dise, un autre tiers qui a acquiescé à mes propos et un autre avec lequel je souhaite parler.

Qu’est-ce qui garantit que , d’ici l’élection de 2018, vous allez pas changer de position ?

C’est impossible. Mais c’est impossible parce que  j’aurais été élu chef avec cette position-là. Donc une majorité de membres auraient dit : Jean-François a raison. Et il y aura peut-être beaucoup de gens qui auront acheté leur carte de membre, 5$ sur pq.org pour m’aider à avoir cette majorité, et ensuite je vais l’inscrire dans le programme du parti au congrès du Parti Québécois. Et donc on auraidit ça pendant 2 ans. Et je suis un homme de parole. Et on va tenir cette parole. C’est la seule façon de gagner. Nous n’avons pas le choix à mon avis. Ma lecture des choses c’est que si nous voulons nous libérer des libéraux en 2018, c’est la voie qu’il faut suivre. Si on veut faire réussir l’indépendance en 2022, c’est la voie qu’il faut suivre.

Si vous enlevez la question référendaire de l’élection de 2018, quels seront vos autres arguments face aux libéraux ?

Qu’est-ce qu’ils ont les libéraux pour garder le pouvoir ? La même stratégie depuis 1970 : référendum et économie. En leur enlevant le référendum, je leur enlève la moitié de leur stratégie et sur l’économie, ils ont perdu eux-mêmes. Présentement, le parti libéral bénéficie de 7 conditions gagnantes pour qu’on ait le plein emploi au Québec : selon eux, 1) il n’y a pas de gouvernement péquiste ou séparatiste qui nuise à l’économie, 2) pas de charte des valeurs, 3) pas de loi linguistique, 4) le dollar canadien à 75 cents rend nos entreprises très compétitives, 5) notre principal voisin a une économie en croissance, 6) le coût du pétrole est en baisse et enfin, le 7e point, l’effet libéral ! Il faut s’en souvenir, c’était censé tout changer. Malgré ça, la progression de l’investissement au Québec cette année, selon le ministre des Finances, sera de 0 %. À Montréal, il y a plus de chômage qu’il y a un an et demi. Ce gouvernement est incompétent.

Si le PQ ne propose pas de référendum dans le mandat, pourquoi les indépendantistes ne voteraient pas plutôt pour ON ou pour QS en 2018 ?

Parce qu’on va avoir eu deux ans, d’octobre 2016 à octobre 2018, pour commencer notre plan de travail indépendantiste de six ans. Les gens d’ON et de QS vont constater qu’on est sérieux, qu’on ne parle pas d’indépendance que pendant les conseils nationaux !

Ils vont voir qu’on a un vrai plan pour 2022.

Alors pourquoi les gens ne voteraient pas plutôt pour la CAQ ?

Justement, si on enlève le référendum du débat à l’élection de 2018, on va pouvoir se concentrer sur les autres différences entre nous et la CAQ.

Sur le pipeline Énergie Est, un énorme enjeu, nous sommes contre, ils sont pour.

Sur la francisation des moyennes entreprises, une proposition essentielle, nous sommes pour, ils sont contre.

Sur les CPE, nous sommes pour, ils sont contre.

Et ça ne fait que commencer. Nous avons aussi une équipe beaucoup plus talentueuse et compétente que la leur. Ça va apparaître très clairement.

Je n’ai pas peur d’affronter François Legault dans un débat. Philippe Couillard non plus.

Est-ce que vous êtes dans la course pour avancer des idées ?

J’y suis pour gagner. On est au point de départ et je pense que c’est une course qui est complètement ouverte. Véronique et Alexandre ont eu de beaux lancements la semaine dernière, Martine est déjà placée et va se lancer cette semaine. Mon arrivée modifie un peu la donne et je suis là pour gagner. La première chose que je voulais faire était d’être clair sur la question du référendum. J’ai l’impression d’avoir passé ce test-là, mais je ne suis pas sûr que ce soit la même chose pour mes collègues. Il y avoir d’autres tests sur des idées. Au niveau de l’organisation, j’avais des conditions gagnantes la dernière fois et je n’ai pas de doute qu’il en soit de même cette fois. J’invite les gens à venir s’inscrire sur pq.org et ensuite de visiter mon site pour qu’on puisse devenir une grosse gang à reconnaître la réalité et à chasser le PLQ.

Comment allez-vous concilier vos fonctions de chef avec vos obligations familiales ?

Il n’y a pas de problème de garde en ce qui me concerne. Il y a des périodes de vacances sacrées. Si je suis chef de l’opposition, et idéalement premier ministre, pendant la semaine de relâche, s’il y a une inondation, ce sera le ou la vice-première ministre qui va venir, a-t-il expliqué. S’il y a une crise du verglas, je vais revenir.

 

Vous avez d’autres questions ?
Posez-les dans la section commentaires. J’y répondrai.

Joignez-vous à ma campagne

Voici les propositions que j’ai mise de l’avant
depuis mon entrée dans la campagne, le 16 mai dernier.

Proposition #1: Chasser les libéraux. Réussir l’indépendance. Dans cet ordre.

Proposition #2: Immigration : Le chemin du succès

Proposition #3: Santé : Gel de l’enveloppe de rémunération des médecins

Proposition #4: Inégalités sociales : Un Québec riche de son équité

Proposition #5: Sièges sociaux : Miser sur la Caisse de dépôt et le développement régional

Proposition #6: Identité : La concordance culturelle

Proposition #7: Priorité PME : Moins de paperasse, plus d’entrepreneuriat

Proposition #8: Laïcité – une approche résolue et responsable

Proposition #9: Compte à rebours 2022 !

Proposition #10: Anticosti – Enfin sortir des faux-fuyants !

Proposition #11: Incarner la laïcité et l’ouverture

Proposition #12: Le pipeline Énergie Est: Pourquoi il faut dire Non et Non !

Proposition #13 : Pour un processus d’évaluation et de consultation « digne du 21e siècle »

Proposition #14 : Développement régional : rétablir les budgets et reconstruire les outils de développement dans le respect des régions

#AvecLisée : Nous sommes déjà 800 !

Ma campagne s’est ouverte lundi matin aux aurores. En moins de 48 heures, vous avez été plus de 800 à m’offrir votre aide, notamment en indiquant votre disponibilité en cliquant sur :

J’embarque

C’est donc devenu notre campagne. Vous êtes, non, Nous Sommes de Montréal et de Québec, d’Ungava, de la Côte-Nord, de Chaudière-Appalaches, d’Estrie, d’Outaouais, de Mauricie, d’Abitibi et d’ailleurs.

Nous sommes des membres actuels, membres d’exécutifs du parti. Nous sommes nombreux à dire que nous prenons maintenant notre carte, après l’avoir abandonné auparavant. Ou alors à la prendre alors que nous ne l’avions jamais eue.

Nous sommes certains des 1000 qui avaient cliqué sur J’embarque la dernière fois, et qui en redemande cette fois-ci. Nous sommes des pressés de l’indépendance, mais des pressés de réussir, avec méthode et en chassant les libéraux du pouvoir.

Nous sommes du secteur de la santé ou de l’entreprise, professeurs ou ouvriers, retraités ou tout juste devenus en âge de voter. (Précision importante, il vaut avoir 16 ans pour voter dans la course au leadership. Seize ans, l’âge que j’avais lorsque j’ai participé à mon premier congrès du Parti québécois.)

Nous sommes prêts à consacrer des énergies à faire signer les formulaires pour se qualifier à la candidature (probablement 1500 membres en règle à faire signer); nous sommes disposés à participer au financement de la campagne, nous sommes volontaires pour être de l’équipe web ou d’organisation ou de recrutement des bénévoles ou de contribution à la plateforme… et plus si affinités !

Nous bénéficions déjà de l’appui de plusieurs voix fortes:

Camil Bouchard, l’ex-député péquiste de Vachon et le père de la politique de l’enfance qui nous a donné, entre autres, les CPE. Il a écrit dès lundi un texte magnifique, ici: Lisée tire le tapis sous le pied des Libéraux.

Éric Bédard, l’historien qui fut président des jeunes péquistes, choisit aussi notre stratégie. On peut le lire ici.

Mathieu Bock-Côté, un des penseurs contemporains du mouvement indépendantiste, exprime son accord avec la proposition, dans son texte Référendum, cesser de faire semblant !

D’autres ont annoncé leur contribution pour bientôt.

Mais ce qui importe par-dessus tout est l’implication des citoyens, comme vous. Si vous êtes des nôtres, convainquez vos amis. Ce matin, en moins de 48 heures, nous sommes 800. C’est magnifique. Nous devons maintenant être contagieux.

Voici la vidéo envoyée à ceux qui m’ont appuyé jusqu’ici:

https://youtu.be/TEAeajsbzgM

J’embarque