La vidéo anticapitaliste d’un candidat républicain

Un groupe appuyant officiellement le candidat républicain Newt Gingrich a mis en ligne ce mercredi un documentaire de 23 minutes présentant une dénonciation impitoyable du capitalisme financier tel que pratiqué par les Fonds d’investissement de Wall Street. La pratique d’acheter une entreprise, de l’endetter, de vendre ses actifs, de réduire les salaires et le nombre de salariés, puis d’en fermer les portes tout en empochant des profits est démontée à travers plusieurs exemples, et illustré des témoignages des travailleurs qui ont ainsi perdu leur emploi, leur maison, leurs épargnes, leur couverture médicale liée à leur emploi.

Le documentariste anti-capitaliste Michael Moore n’aurait pas fait mieux. Alors pourquoi un républicain aussi conservateur que Newt Gingrich s’associe-t-il à ce qu’en d’autres temps il qualifierait de propagande socialiste ? C’est que le vilain dans cette affaire s’appelle Mitt Romney, alors président de la firme Bain, et qu’il s’est mis en poche pas moins de 250 millions de dollars.

Le documentaire — en fait une vidéo partisane (ajout: dont les faits sont fortement contestés) destinée à convaincre les électeurs républicains de Caroline du Sud de ne pas voter pour Romney aux primaires de la semaine prochaine — peut être vu comme un dangereux boomerang pour les républicains, car il porte, contre Romney, le message que le président Obama tente de faire passer contre la cupidité des 1% des  Américains les plus riches.

Le vidéo vaut la peine d’être vu, ici:

romney

 

 

 

 

 

Dévastateur !

Dans les faits, il n’y a aucun doute que les personnes interrogées dans le documentaire ont perdu leur emploi. Mais est-ce bien des mains de Romney ? Ce dernier affirme que, par ailleurs, son entreprise a créé 100 000 emplois. Une assertion impossible à prouver, notamment parce que Bain refuse de divulguer les données adéquates pour faire ces calculs, comme l’explique ce texte de Politifact.

La campagne de Romney s’engage à répondre au documentaire en produisant ses propres publicités présentant des employés satisfaits de l’action de Bain et de Romney.

Pendant ce temps, 58% des électeurs Républicains participant aux primaires affirment dans un sondage CBS qu’ils aimeraient avoir d’autres candidats à l’investiture que ceux qu’ils ont en ce moment !

Ce contenu a été publié dans Présidentielle USA 2012 par Jean-François Lisée. Mettez-le en favori avec son permalien.

À propos de Jean-François Lisée

Il avait 14 ans, dans sa ville natale de Thetford Mines, quand Jean-François Lisée est devenu membre du Parti québécois, puis qu’il est devenu – écoutez-bien – adjoint à l’attaché de presse de l’exécutif du PQ du comté de Frontenac ! Son père était entrepreneur et il possédait une voiture Buick. Le détail est important car cela lui a valu de conduire les conférenciers fédéralistes à Thetford et dans la région lors du référendum de 1980. S’il mettait la radio locale dans la voiture, ses passagers pouvaient entendre la mère de Jean-François faire des publicités pour « les femmes de Thetford Mines pour le Oui » ! Il y avait une bonne ambiance dans la famille. Thetford mines est aussi un haut lieu du syndicalisme et, à cause de l’amiante, des luttes pour la santé des travailleurs. Ce que Jean-François a pu constater lorsque, un été, sa tâche était de balayer de la poussière d’amiante dans l’usine. La passion de Jean-François pour l’indépendance du Québec et pour la justice sociale ont pris racine là, dans son adolescence thetfordoise. Elle s’est déployée ensuite dans son travail de journalisme, puis de conseiller de Jacques Parizeau et de Lucien Bouchard, de ministre de la métropole et dans ses écrits pour une gauche efficace et contre une droite qu’il veut mettre KO. Élu député de Rosemont en 2012, il s'est battu pour les dossiers de l’Est de Montréal en transport, en santé, en habitation. Dans son rôle de critique de l’opposition, il a donné une voix aux Québécois les plus vulnérables, aux handicapés, aux itinérants, il a défendu les fugueuses, les familles d’accueil, tout le réseau communautaire. Il fut chef du Parti Québécois de l'automne 2016 à l'automne 2018. Il est à nouveau citoyen engagé, favorable à l'indépendance, à l'écologie, au français, à l'égalité des chances et à la bonne humeur !