Mes excuses au PLQ

plq_logoAprès avoir lu la lettre d’excuses publiée par la ministre de la Culture Christine Saint-Pierre dans Le Devoir de ce jeudi, j’ai été pris d’un pressant besoin de prendre exemple sur cette expression de contrition et de présenter moi-aussi, dans le même esprit et dans presque exactement les mêmes termes, mes plus plates excuses pour avoir récemment dit, si je me souviens bien: « le sigle du PLQ, nous on sait ce que ça veut dire, ça veut dire la corruption et l’incompétence ».

Voulant rester proche du canevas offert par la ministre, mes changements seront simplement insérés dans son texte:

Une distinction qui s’impose

Je désire faire le point sur le débat qu’ont suscité mes propos et ainsi mettre au clair les arguments avancés. Déjà bien amorcée, la récupération de ma déclaration a fait son chemin. Voici donc ce que j’entendais dire sur le sujet de la violence corruption et sur celui du carré rouge sigle du PLQ.

Avant toute chose, je veux réitérer mes excuses à tous ceux que mes paroles ont pu blesser. Il n’était aucunement dans mes intentions de mettre en doute l’honnêteté de l’engagement et la non-violence probité des artistes Libéraux.

La signification première du carré rouge sigle du PLQ a été perdue ou diluée depuis le début du boycottage gouvernement Charest. Synonyme du refus de la hausse des droits de scolarité au tout début, le symbole du carré rouge n’appartient plus seulement à la cause étudiante. Synonyme de réingénierie de l’Etat et de baisse des impôts au tout début, le sigle du PLQ n’appartient plus seulement aux bons militants libéraux.

Les «casseurs», ceux qui ont causé la violence, ont porté le carré rouge et se sont identifiés à la cause des étudiants. Les « corrupteurs », ceux qui ont provoqué la démission de deux ministres et ont contribué à la caisse libérale se sont identifiés au PLQ.

Ils ont ainsi récupéré le carré rouge et l’ont associé aux actes de violence qu’ils ont commis. Ils ont ainsi récupéré le sigle libéral et l’ont associé aux actes de corruption qu’ils ont commis. L’association malheureuse entre la violence et le carré rouge s’est ainsi faite malgré tous ceux qui appuient « la cause » des étudiants et qui ne sont porteurs d’aucun message violent. . L’association malheureuse entre la corruption et le sigle du PLQ s’est ainsi faite malgré tous ceux qui appuient « la cause » libérale et qui ne sont porteurs d’aucune volonté de corruption.

Il est tout aussi absurde de faire une association entre Fred Pellerin et le mot «violence». Il est tout aussi absurde de faire une association entre Jean Lesage ou Claude Ryan et le mot « corruption ». J’ai trop de respect pour le travail des artistes, pour celui de monsieur Pellerin en particulier, pour même songer à une telle chose. Depuis cinq ans, je travaille avec toute mon énergie et tout mon coeur à faire avancer la cause de la culture au Québec aussi bien qu’à l’étranger et je désire assurer les Québécois que je vais continuer à défendre les intérêts de nos artistes. J’ai trop de respect pour le travail des Libéraux de la révolution tranquille, pour ceux de Lesage et Ryan en particulier, pour même songer à une telle chose.

Il est primordial, nous en sommes conscients, de faire la distinction entre les partisans de la cause des étudiants Libéraux et les actes de violence corruption mais il est aussi impératif de dénoncer ces mêmes actes de violence corruption haut et fort. La violence et l’intimidation corruption et la collusion que nous dénonçons, ce sont autant les chaînes d’étudiants qui veulent empêcher d’autres étudiants d’entrer en classe pour suivre leurs cours les chaînes de chèques de promoteurs de garderies versés pour obtenir des places et empêcher les autres d’en avoir que les menaces reçues par ceux qui « osent » défendre un autre point de vue que celui des étudiants l’organisation d’évènements de financement par des firmes de génie conseil qui font débloquer des subventions contre l’avis des fonctionnaires.

Le Québec n’est pas une société violente corrompue, c’est pourquoi il est toujours surprenant d’entendre ou de lire les propos menaçants ou carrément violents de certains qui refusent pendant deux ans de déclencher une commission d’enquête. Je réitère donc ma demande aux citoyens et citoyennes du Québec de condamner la violence corruption, peu importe la forme qu’elle prend.

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Ouf, cela fait du bien de s’excuser comme ça. Je suis certain que les libéraux qui se sont sentis offensés ou blessés par mes propos antérieurs sont maintenant complètement satisfaits de ma mise au point et ne sentiront nullement que j’associe la corruption à leur sigle.

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À propos de Jean-François Lisée

Il avait 14 ans, dans sa ville natale de Thetford Mines, quand Jean-François Lisée est devenu membre du Parti québécois, puis qu’il est devenu – écoutez-bien – adjoint à l’attaché de presse de l’exécutif du PQ du comté de Frontenac ! Son père était entrepreneur et il possédait une voiture Buick. Le détail est important car cela lui a valu de conduire les conférenciers fédéralistes à Thetford et dans la région lors du référendum de 1980. S’il mettait la radio locale dans la voiture, ses passagers pouvaient entendre la mère de Jean-François faire des publicités pour « les femmes de Thetford Mines pour le Oui » ! Il y avait une bonne ambiance dans la famille. Thetford mines est aussi un haut lieu du syndicalisme et, à cause de l’amiante, des luttes pour la santé des travailleurs. Ce que Jean-François a pu constater lorsque, un été, sa tâche était de balayer de la poussière d’amiante dans l’usine. La passion de Jean-François pour l’indépendance du Québec et pour la justice sociale ont pris racine là, dans son adolescence thetfordoise. Elle s’est déployée ensuite dans son travail de journalisme, puis de conseiller de Jacques Parizeau et de Lucien Bouchard, de ministre de la métropole et dans ses écrits pour une gauche efficace et contre une droite qu’il veut mettre KO. Élu député de Rosemont en 2012, il s'est battu pour les dossiers de l’Est de Montréal en transport, en santé, en habitation. Dans son rôle de critique de l’opposition, il a donné une voix aux Québécois les plus vulnérables, aux handicapés, aux itinérants, il a défendu les fugueuses, les familles d’accueil, tout le réseau communautaire. Il fut chef du Parti Québécois de l'automne 2016 à l'automne 2018. Il est à nouveau citoyen engagé, favorable à l'indépendance, à l'écologie, au français, à l'égalité des chances et à la bonne humeur !