Lettre ouverte à M. Denis Coderre: Montréal fait partie du Québec

Monsieur le maire, cher Denis,

Vous me savez partisan d’une réelle décentralisation des pouvoirs et d’un statut pour la métropole. Je m’y étais engagé lorsque j’étais ministre de la métropole et l’ai appuyé comme chef du Parti Québécois. J’estime d’ailleurs que la loi votée par le gouvernement libéral est encore trop timide. En habitation, par exemple, j’aurais aimé donné davantage de latitude à Montréal pour mieux répondre aux besoins criants de logements sociaux et abordables.

Je dois cependant exprimer mon désacccord total avec votre tentative d’utiliser le statut de la métropole pour vous soustraire aux lois de l’Assemblée nationale portant sur la laïcité et le vivre-ensemble.

Monsieur le maire, Montréal fait partie du Québec. Les Montréalais sont membres de la nation québécoise.

Les trous dans le gruyère identitaire de la CAQ : Legault persiste et signe

François Legault avait une belle occasion de préciser ou de corriger ses propositions identitaires dans le texte qu’il a publié samedi dans Le Devoir, en réponse au mien. Malheureusement il ne fait que confirmer les erreurs qu’il propose aux Québécois.

Regrette-t-il d’avoir affirmé que le Québec est envahi de « mononcles » et de « matantes » immigrants par la réunification familiale, alors que ce n’est absolument pas le cas? Silence. Admet-il que sa proposition brutale de renvoyer chez eux, après trois ans, des immigrants échouant à ses tests de français serait invalidée par les tribunaux? Silence. (D’ailleurs, où suggère-t-il de déporter les nombreux analphabètes québécois qui échoueraient aussi à ces tests si on les leur appliquait?) La proposition du Parti Québécois de contrôler la connaissance du français de 100 % des immigrants avant leur arrivée au Québec est à la fois plus efficace et plus humaine.

Identité québécoise – Une approche résolue, équilibrée et responsable

Qu’est-ce que l’identité québécoise? René Lévesque l’appelait la « différence vitale » du Québec. L’addition de tout ce qui fait de nous une nation et la volonté de nous projeter ainsi dans l’avenir et dans le monde.

« Être ensemble est une immense opération, une orchestration infiniment complexe, dont le chef invisible est la conviction partagée que cet ensemble existe, qu’il a un sens à travers l’histoire, qu’il nous faut y être attentifs afin qu’il ne se relâche pas. » On trouvait cette citation de Pierre Emmanuel en exergue de la Politique de développement culturel publiée par Camille Laurin il y a bientôt 40 ans.

Le Parti Québécois a toujours été au rendez-vous de l’identité québécoise. Et s’il s’agissait
naguère d’un combat défensif, celui qui visait à « protéger » la langue face aux risques d’assimilation, il doit s’agir maintenant d’une affirmation positive, sereine et inclusive.

Incarner la laïcité et l’ouverture: l’état de ma réflexion

Je vous jure, on en apprend des choses en remontant le fil des communiqués officiels de notre premier ministre canadien, M. Justin Trudeau.

En trois mois, de la fin mars au début juin, le chef du gouvernement d’un pays du G7 a confirmé que 1) la Reine Esther et son oncle Mordecai ont bel et bien sauvé le peuple juif de Perse, quoi qu’en disent les historiens de l’Antiquité; 2) Jésus Christ est bien mort et ressuscité, quoi qu’en pensent les Canadiens pratiquant d’autres religions; 3) Bouddha a réellement vécu et il faut donc en célébrer la vie et les enseignements, même si la trace historique reste, disons, ténue; 5) le prophète Mahomet a bel et bien reçu le Coran grâce à une révélation divine.

Évidemment, il n’y a rien de nouveau ni de condamnable à ce qu’une figure politique, y compris un chef de parti ou de gouvernement, souligne dans une déclaration – de plus ou moins 144 caractères, cela importe peu – la fête religieuse d’une partie des citoyens.

Leadership : Laïcité – une approche résolue et responsable

Proposition # 8 du candidat Jean-François Lisée

J’ai proposé un cadre général de ce qui doit constituer le socle de notre identité québécoise. Sous l’expression « Concordance culturelle », j’estime que tous les Québécois sont appelés à partager les éléments communs suivants :

Le Québec forme une nation ; a une langue officielle et commune, le français ; s’est incarné dans une production culturelle principalement francophone riche et multiforme ; a produit un récit historique singulier ; se définit par son attachement à des valeurs universelles comme l’égalité entre femmes et hommes ; l’entraide et la concertation ; à son cheminement vers un État et une société de plus en plus laïcs ; à sa quête de justice sociale ; à son engagement pour la démocratie.

Je propose d’enchâsser ces éléments dans une Constitution québécoise, débattue au préalable par une Commission parlementaire élargie (sur le modèle de Bélanger-Campeau) qui aurait statut d’Assemblée constituante proposant le texte à l’Assemblée. (Pour les détails, voir ma proposition #6 : Identité – un concept pour tous les Québécois : la Concordance culturelle)