Pourquoi le français a besoin du Projet de loi 14

Voici comment j’ai présenté la chose, l’autre jour, à l’Assemblée nationale:

Verbatim:

M. Lisée: Merci, M. le Président. J’avais plusieurs choix pour commencer cette brève allocution, mais je remercie le député (libéral de Papineau, qui venait de parler) de m’avoir permis de choisir.

D’abord, il a demandé si la ministre responsable de la langue française pourrait avoir la bonne idée d’aller dans sa belle région de Gatineau. Bien, je réponds pour elle, parce qu’elle est occupée à parler avec son collègue au lieu d’écouter son ami le ministre de la Francophonie, alors je réponds pour la ministre que, bien, elle est allée dans la belle région de Gatineau dans sa tournée de préparation du projet de loi n° 14 et, M. le Président, en fait, elle voulait y retourner, elle voulait y retourner avec les membres de la commission parlementaire. Lorsqu’elle a déposé le projet de loi ici, elle a proposé à l’opposition officielle de tenir non seulement des consultations générales ici, mais de faire une tournée régionale, pour être certains de bien entendre ce que chacun avait à dire dans chaque coin du Québec, y compris dans Gatineau. Alors, j’inviterais le député à loger sa plainte auprès de son leader parlementaire, qui n’a pas été aussi ouvert d’esprit, aussi à l’écoute que l’a été la ministre responsable de la langue française dans ce débat. Et, s’il a besoin d’aide la prochaine fois, nous sommes prêts à lui prêter main-forte dans les deux langues.

Langue: Diane, chasseresse d’équilibre

Il a fallu à la ministre Diane de Courcy cinq semaines d’écoute et de patience pour entendre tous ceux qui voulaient s’exprimer sur une des législations les plus importantes proposées par notre gouvernement: le renforcement de la Charte de la langue française.

Diane de Courcy

Diane de Courcy

J’ai rarement rencontré, dans ma vie journalistique et politique, une personne qui allie aussi bien détermination, intelligence et capacité d’écoute que Diane de Courcy. Il faut croire qu’elle avait les yeux et les oreilles bien ouvertes le jour où, à l’école, on a enseigné les rudiments de la volonté, puis ceux de la nuance, puis ceux du vivre-ensemble.

Le projet de loi qu’elle pilote entre dans une phase importante. Le Parti libéral du Québec y est opposé à ce point qu’il a annoncé sa volonté de voter contre le principe de la loi. Ce n’est pas anodin. Le PLQ a la capacité d’amender, avec la CAQ, la loi pour la rendre plus conforme à ses vœux. Mais non. S’il n’en tenait qu’aux Libéraux de Philippe Couillard, il n’y aurait pas de projet de loi, amendé ou non. Il n’y aurait aucune nouvelle action sur le français.

« Monsieur », les Anglos et moi

La version de Garnotte, du Devoir

Notre débat vu par Garnotte, du Devoir

Rien de ce que M. Jacques Parizeau ne pourra dire à mon sujet n’entamera l’énorme respect que j’ai pour l’homme et sa remarquable contribution à l’histoire du Québec. Je lui dois aussi d’avoir accepté de faire de moi son conseiller spécial (et non son bras droit, qui était Jean Royer) pendant qu’il était Premier ministre. Je lui en serai toujours reconnaissant.Nos relations ont connu des hauts et des bas, lui et moi, depuis la fin de notre lien d’emploi. Je préfère les hauts: c’est à lui que j’ai dédié mon ouvrage « Pour une gauche efficace », et il était présent au lancement, car j’ai tenté de m’imprégner de son progressisme pragmatique.

Il m’a, en retour, fait quelques coups de chapeau dans son propre ouvrage suivant, en citant favorablement quelques passages. Les points de convergence sont donc majeurs.

Français: Mener les bons combats

Le président de la SSJB, Mario Beaulieu, est mécontent. Dans une lettre ouverte publiée dans Le Devoir, il m’accuse de promouvoir « l’anglicisation’ des services publics. Mon crime ? Avoir simplement dit tout haut, et en anglais, ce que stipule la loi 101 depuis 30 ans: si un employeur fait la démonstration que la connaissance de l’anglais est requise pour un poste, il peut réclamer la connaissance de l’anglais dans l’embauche pour ce poste.

Il n’aurait pas fallu que je dise qu’au centre-ville de Montréal, où passent des centaines de milliers de touristes anglophones, où on compte des dizaines de milliers d’étudiants de McGill et de Concordia, la STM pourrait facilement faire la démonstration qu’il faut des rudiments d’anglais pour y être guichetier. (Je n’ai évidemment jamais suggéré de bilinguiser tout le réseau.)