Notre mission: Aider les journalistes de Rad-Can à aider les ministres de Harper

Federal_Cabinet_1276875cl-8-150x150Les journalistes de Radio-Canada sont bien en peine, ces jours-ci. Le nouveau code de conduite officiel des salariés de la boîte, y compris des cadres et journalistes, décrit de la façon suivante le comportement souhaité:

Article 1.2 Ils exécutent avec loyauté les décisions prises par leurs dirigeants conformément à la loi et aident les ministres à rendre compte au Parlement et à la population canadienne.

Ah ! Aider les ministres à rendre compte ! Qu’est-ce que cela pourrait bien vouloir dire ? Tout est question d’interprétation. Le syndicat des journalistes de la maison, soutenu par la Fédération professionnelle des journalistes du Québec, a choisi d’y voir une menace à l’indépendance des médias.

Je ne vois pas pourquoi. D’abord, si le gouvernement Harper a insisté pour qu’on indique que les employés de Rad-Can doivent « aider » les ministres, il s’agit d’un éclatant geste de transparence. Oui, oui. Ottawa admet que les ministres ont besoin d’aide. On ne peut être en désaccord avec ce message implicite.

Remous à Rad-Can: La société d’État, c’est moi!

duceppe-150x150Le PDG de Radio-Canada, Hubert Lacroix, sait exactement ce qui cloche avec l’information dans ses services de nouvelles. Selon une source qui en a récemment longuement discuté avec lui, « Hubert est comme les gens d’affaires qui pensent que les journalistes sont trop péquistes et trop à gauche ».

Péquistes, les gens de rad-can, au point d’envisager d’embaucher, en août dernier, l’ex-chef bloquiste Gilles Duceppe chroniqueur à l’émission Medium Large. La colère de Lacroix, raconte cette source, était « stratosphérique » tellement il était « très très obsédé » par cette décision qui, hasard des circonstances, a ensuite été reléguée aux oubliettes.

C’est précisément le genre de nouvelles que le patron Lacroix refuse désormais d’apprendre dans le journal. C’est pourquoi il veut faire en sorte d’avoir le doigt sur le pouls, pour ne pas dire la jugulaire, de tout ce qui se passe dans sa grande maison.

Un brillant micro-manager

Remous à Rad-Can: Vers de l’info hyper-locale ?

indexIl y a les mots clés. L’information à Radio-Canada doit entrer dans une « nouvelle étape », affirme le nouveau patron du service français, Louis Lalande.

En annonçant son départ, jeudi dernier, Alain Saulnier a indiqué que M. Lalande « a décidé de procéder à la transformation de l’information avec une autre personne que moi ». Notez: « transformation ».

Le nouveau maître de l’info, Michel Cormier, apporte un « vent de fraicheur », expliquait vendredi dernier, Louis Lalande en réponse aux questions acides du journaliste Michel Désautels. Les qualités de Michel Cormier sont nombreuses, a-t-il ajouté, car il connaît peu les joueurs de l’information à Montréal, tout en étant radiocanadien.

De quoi s’agit-il ? Difficile à dire. Mais une partie du virage voulu par le PDG Hubert Lacroix porte sur l’information hyper-locale. Une mode de l’info en Amérique du Nord, fondée sur la capacité qu’a internet de rendre compte de ce qui se passe dans chaque quartier.

Remous à Rad-Can: Nominations et code sanguin politique

Après l’élection québécoise d’octobre 1998, une auditrice fédéraliste s’est plainte de la couverture, selon elle trop pro-péquiste, de l’information à Radio-Canada. Dans les derniers jours de la campagne, les sondages annonçaient un raz-de-marée péquiste, voire une défaite du nouveau chef libéral Jean Charest dans sa circonscription.  Au final, l’élection fut très serrée.  Le directeur de l’information a pris sur lui de répondre directement à l’auditrice. Il a conclu sa missive en ces termes:

jean_pelletier-150x150Au moment d’écrire ces lignes, cela fait trois jours que l’élection a eu lieu, que les sondeurs se sont trompés, que M. Charest a été élu [dans sa circonscription] et que M. Bouchard a repoussé à je ne sais quand la tenue d’un référendum. D’aucuns estiment que la sagesse a prévalu. Nous croyons y être pour quelque chose.

L’auteur de ces lignes n’a pas été mis à la porte. Il est toujours en poste. Il est, avec le nouveau DG de l’info Michel Cormier, responsable de l’information. Son nom est Jean Pelletier*.

Remous à Rad-Can: Un talk-show au lieu du TJ?

paul_arcand-150x150L’influence du conservateur Rémi Racine, « assez loud », me confie-t-on, au Conseil d’administration de Radio-Canada, comme on l’a vu dans le billet précédent, s’étend-elle jusqu’à la reconfiguration des émissions d’informations ?

Il s’en défend. « Je dis ce que je pense au management, puis ils font ce qu’ils veulent. » Racine, brillant dirigeant d’entreprise dans le multimédia, affirme être « un peu comme un amateur qui dit ce qu’il pense, un peu comme quelqu’un dans la rue ».

Une des idées de Rémi Racine – mais il n’est pas le seul à y songer – serait de remplacer le Téléjournal de 22h par un talk-show. Une version quotidienne de Tout le monde en parle, par exemple. Interrogé à ce sujet, M. Racine refuse de commenter, mais il insiste pour dire  que l’information doit « refléter l’opinion de tous les Canadiens ».

Remous à Rad-Can: Une Racine conservatrice?

L’interface entre la politique et l’information, dans une maison comme Radio-Canada, est toujours difficile à cerner et il serait présomptueux de vouloir lier d’un seul trait l’ensemble des pressions, rivalités, visions divergentes à l’œuvre dans les remous qui ont conduit au renvoi, ce jeudi, d’un directeur général de l’information remarquablement admiré par ses troupes, Alain Saulnier.

Votre blogueur favori ne peut évidemment pas prétendre à l’objectivité en ces matières, ayant perdu son rang d’analyste au Téléjournal ce jeudi. Mais cela est bien peu de choses dans le portrait d’ensemble.

Le joueur le plus important dans toute cette affaire est le Président de Radio-Canada, Hubert Lacroix. Nommé à ce poste par Stephen Harper, son mandat de cinq ans se termine (ou sera  renouvelé) le premier janvier prochain, ce qui n’est pas insignifiant.

Des rapports hebdomadaires avec le pouvoir politique

Un adieu émotif pour Alain Saulnier

Le très respecté directeur général de l’information de Radio-Canada, Alain Saulnier, a été viré ce jeudi de ses fonctions.  Les journalistes sont souvent très durs envers leurs patrons — et inversement. Je connais ce milieu depuis une trentaine d’années et jamais je n’ai vu une manifestation de respect et de tristesse à l’égard du départ d’un patron comme celle qu’on a pu voir, en direct, sur RDI, avec un élégant commentaire de Michel Viens:

J’avais connu Alain Saulnier au début des années 1980 lorsqu’il réalisait une émission à laquelle je participais à Télé-Québec, puis l’avais beaucoup apprécié comme Président de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec. J’avais été heureux aussi de sa collaboration pour la remise du Prix de la personnalité internationale de l’année, en tandem avec le CÉRIUM et Le Devoir.

On ne connait pour l’instant rien des raisons pour lesquelles Alain Saulnier a été éjecté de son poste. À suivre.

Pourquoi je ne suis pas au TJ ce soir

cpgen00362_450__2-150x150Depuis quelques mois je participais, le jeudi soir, à une table d’analystes au Téléjournal.

L’équipe du TJ avait choisi quatre personnalités indépendantes, mais identifiées chacune à une famille politique. L’ancienne ministre libérale Liza Frulla, l’ancienne candidate NPD Anne Lagacé-Dowson, la journaliste conservatrice Tasha Kheiriddin, moi-même.

Ce mercredi matin, un membre de la direction de l’information m’a informé que je ne ferais plus partie de ce panel. Mon défaut:  ma décision d’accepter d’être membre du Comité de Pauline Marois sur la stratégie souverainiste, avec des universitaires, ex-hauts fonctionnaires et autres.

J’ai bien expliqué que j’agissais, là, comme personnalité indépendante, non rémunérée, que je ne dirigeais pas le comité ni n’en étais le porte-parole et que je n’étais pas lié par ses résultats. J’ai fait valoir que je trouverais normal que Liza Frulla, par exemple, soit appelée par les Libéraux à faire partie d’un comité de sages sur leur propre réflexion, culturelle ou politique, dans la mesure où elle conserve son indépendance, est bénévole et n’assume pas de responsabilité autre que de donner son avis.

Et si on disait Bye-Bye à la vulgarité?

haddock2Pour la première fois, ce 31 décembre, j’ai laissé mes enfants de 13 et 10 ans écouter le Bye Bye.

Ils ont donc pu constater que les mots « marde », « fourrer » et « crosseur » furent abondamment utilisés dans cette émission, une institution télévisuelle québécoise.

Mes deux jeunes ont donc pu constater que ce que tentent de leur enseigner leurs parents et professeurs est faux. Ils nous avaient entendu dire que le langage grossier était réservé à la ruelle ou, puisqu’il est utilisé, à la cour d’école, mais qu’il n’a pas sa place en classe, à la maison et certainement pas dans les grandes occasions.

Or les voici conviés à une des plus importantes occasions télévisuelles de l’année, dans une des émissions les plus vues et les plus rassembleuses. Et ils constatent que les dialogues sont saupoudrés de grossièretés. Message reçu. Les gros mots sont permis en tout temps.

Gérald Fillion est-il bolchévique ?

fillionC’est la publicité de Radio-Canada qui le dit. Le journaliste économique Gérald Fillion est « le plus cité au Québec quand il est question d’économie ».

L’affirmation est basée sur une étude d’Influence communication d’octobre 2009. Si Claude Picher et Alain Dubuc étaient morts, ils se retourneraient dans leurs tombes! D’autant que, selon Influence, Fillion « est devenu une véritable vedette de l’information économique ».

Et voici que l’über-animateur-économique de Radio-Can publie ce mardi dans son carnet de quoi souffler encore la vedette aux plumes économiques babyboomesques dans le festival des plus cités 2010. Je n’ose paraphraser, alors je cite:

Imaginez si on décidait d’augmenter le taux d’imposition de tous les millionnaires du monde. Un pour cent de 39 000 milliards [la valeur totale des avoirs des millionnaires], c’est 390 milliards de dollars. Deux pour cent, c’est 780 milliards de dollars.  Non, mais! On en réglerait-tu des problèmes avec une taxe mondiale de 1 % ou 2 % sur la fortune totale des millionnaires de la planète!