Miser sur les redevances: trop risqué ?

On a beaucoup parlé, dans la campagne, de ce qu’il faudrait faire avec les redevances minières à venir. Et plusieurs s’interrogent à bon droit sur le pari qui est fait sur l’avenir lorsqu’on estime que l’activité minière restera soutenue, donc qu’on peut miser sur des rentrées robustes à moyen et long terme. La préoccupante synchronisation des ralentissements économiques chinois, européen et asiatique fait planer un doute sur le court terme. Mais après.

Dans un discours prononcé ce vendredi, le président de la Banque du Canada, Mark Carney, nous rassure:

Pourquoi on s’attend à ce que les prix des produits de base demeurent élevés

Compte tenu des pressions qui s’exercent sur la croissance à l’échelle du globe, les cours des produits de base ont baissé de 13 % depuis le sommet atteint en avril de l’année dernière, et on peut s’attendre à ce qu’ils demeurent volatils.

Néanmoins, les prix sont toujours supérieurs de quelque 25 % à leurs moyennes de longue période en termes réels.

En réalité, les prix réels de l’énergie et des métaux sont bien supérieurs à leurs moyennes de long terme depuis plus de sept ans, et le niveau des prix réels des aliments n’a jamais été aussi élevé depuis 35 ans (Graphique 2).

Tout au long du boom actuel qui dure depuis dix ans, l’ampleur des augmentations de prix a été plus grande, et l’éventail des produits de base touchés plus large, que lors des booms précédents. Depuis 2002, les cours des métaux et des céréales ont plus que doublé et les prix du pétrole brut ont presque quadruplé.

On peut se demander si une telle vigueur persistera.

La Banque est d’avis que ces prix élevés sont principalement attribuables à une hausse marquée et soutenue de la demande. L’ampleur et la persistance du redressement des prix des produits de base confortent cette conclusion.

Cette croissance repose sur une urbanisation rapide. Depuis 1990, la population urbaine en Chine et en Inde s’est accrue de quelque 500 millions de personnes, ce qui représente une augmentation équivalant à la population du Canada tous les 18 mois. Malgré le ralentissement cyclique prononcé que subissent actuellement la Chine et l’Inde, ce processus séculaire devrait se poursuivre pendant des décennies.

Inde1

 

 

 

 

 

 

 

Encore de la croisance à venir… (Cliquer pour agrandir)

Ainsi, même si l’histoire nous enseigne que toutes les phases d’expansion ont une fin, et comme la convergence vers les niveaux de consommation enregistrés actuellement en Occident est encore loin d’être réalisée, on peut s’attendre à ce que la demande de produits de base demeure robuste, et les prix, élevés.

Rassurant.

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À propos de Jean-François Lisée

Il avait 14 ans, dans sa ville natale de Thetford Mines, quand Jean-François Lisée est devenu membre du Parti québécois, puis qu’il est devenu – écoutez-bien – adjoint à l’attaché de presse de l’exécutif du PQ du comté de Frontenac ! Son père était entrepreneur et il possédait une voiture Buick. Le détail est important car cela lui a valu de conduire les conférenciers fédéralistes à Thetford et dans la région lors du référendum de 1980. S’il mettait la radio locale dans la voiture, ses passagers pouvaient entendre la mère de Jean-François faire des publicités pour « les femmes de Thetford Mines pour le Oui » ! Il y avait une bonne ambiance dans la famille. Thetford mines est aussi un haut lieu du syndicalisme et, à cause de l’amiante, des luttes pour la santé des travailleurs. Ce que Jean-François a pu constater lorsque, un été, sa tâche était de balayer de la poussière d’amiante dans l’usine. La passion de Jean-François pour l’indépendance du Québec et pour la justice sociale ont pris racine là, dans son adolescence thetfordoise. Elle s’est déployée ensuite dans son travail de journalisme, puis de conseiller de Jacques Parizeau et de Lucien Bouchard, de ministre de la métropole et dans ses écrits pour une gauche efficace et contre une droite qu’il veut mettre KO. Élu député de Rosemont en 2012, il s'est battu pour les dossiers de l’Est de Montréal en transport, en santé, en habitation. Dans son rôle de critique de l’opposition, il a donné une voix aux Québécois les plus vulnérables, aux handicapés, aux itinérants, il a défendu les fugueuses, les familles d’accueil, tout le réseau communautaire. Il fut chef du Parti Québécois de l'automne 2016 à l'automne 2018. Il est à nouveau citoyen engagé, favorable à l'indépendance, à l'écologie, au français, à l'égalité des chances et à la bonne humeur !