Torture: le film

abu_ghraib_17a-140x150

Voici un documentaire qui a une date de péremption: le 19 décembre. C’est rare. Torture made in USA: Le film, est un remarquable documentaire de 85 minutes qui ne peut-être vu que sur le Web, et que pour une période limitée ? Pourquoi ? J’y viens.

Mais d’abord, pourquoi le voir ? Parce qu’il démonte avec sobriété et intelligence la mécanique qui a conduit les États-Unis à utiliser la torture à Guantanamo et en Irak (et ailleurs) sous l’administration Bush. Généralement, je me méfie quand les Français veulent raconter l’Amérique. Raccourcis et généralisations abondent. Cette fois, non.Marie-Claude Robin, qui avait fait l’excellent Le Monde Selon Monsanto, a réussi à interviewer plusieurs membres de l’administration Bush directement impliqués dans la chaîne de commandement ou témoins impuissants (autour du secrétaire d’Etat Colin Powell) de la dérive venue de haut, c’est-à-dire de Dick Cheney et George W. Bush.

Le documentaire ne peut être diffusé sur les écrans ou à la télé parce qu’une partie reprend des témoignages livrés devant le Congrès américain et diffusés par la chaîne parlementaire C-Span. Or C-Span demande maintenant des droits de rediffusion, qui font exploser les coûts (de 9000 euros initialement à 130 000 maintenant). Le site indépendant Médiapart (animé notamment par l’ex-journaliste d’enquête du Monde Edwy Plenel), avec l’aide d’Attac-France, d’Amnesty International et d’Human Rights Watch ont payé pour la diffusion Internet pendant deux mois. Alors courez-y…

Ce contenu a été publié dans États-Unis, Libertés par Jean-François Lisée, et étiqueté avec . Mettez-le en favori avec son permalien.

À propos de Jean-François Lisée

Il avait 14 ans, dans sa ville natale de Thetford Mines, quand Jean-François Lisée est devenu membre du Parti québécois, puis qu’il est devenu – écoutez-bien – adjoint à l’attaché de presse de l’exécutif du PQ du comté de Frontenac ! Son père était entrepreneur et il possédait une voiture Buick. Le détail est important car cela lui a valu de conduire les conférenciers fédéralistes à Thetford et dans la région lors du référendum de 1980. S’il mettait la radio locale dans la voiture, ses passagers pouvaient entendre la mère de Jean-François faire des publicités pour « les femmes de Thetford Mines pour le Oui » ! Il y avait une bonne ambiance dans la famille. Thetford mines est aussi un haut lieu du syndicalisme et, à cause de l’amiante, des luttes pour la santé des travailleurs. Ce que Jean-François a pu constater lorsque, un été, sa tâche était de balayer de la poussière d’amiante dans l’usine. La passion de Jean-François pour l’indépendance du Québec et pour la justice sociale ont pris racine là, dans son adolescence thetfordoise. Elle s’est déployée ensuite dans son travail de journalisme, puis de conseiller de Jacques Parizeau et de Lucien Bouchard, de ministre de la métropole et dans ses écrits pour une gauche efficace et contre une droite qu’il veut mettre KO. Élu député de Rosemont en 2012, il s'est battu pour les dossiers de l’Est de Montréal en transport, en santé, en habitation. Dans son rôle de critique de l’opposition, il a donné une voix aux Québécois les plus vulnérables, aux handicapés, aux itinérants, il a défendu les fugueuses, les familles d’accueil, tout le réseau communautaire. Il fut chef du Parti Québécois de l'automne 2016 à l'automne 2018. Il est à nouveau citoyen engagé, favorable à l'indépendance, à l'écologie, au français, à l'égalité des chances et à la bonne humeur !