Chrétien à Londres: Les mauvais conseils de M. Non

Jean Chrétien montrant aux britanniques comment prendre un séparatiste !

Jean Chrétien montrant aux britanniques comment s’y prendre avec les séparatistes !

Jean Chrétien fut invité à Londres pour donner quelques conseils au camp du Non, pour le référendum à venir sur l’indépendance de l’Écosse.

Il a donné de forts mauvais conseils. Il vaut la peine, pour nos lecteurs britanniques, d’en prendre note.

1) Ne pas respecter la règle démocratique

L’ex premier-ministre canadien a invité les britanniques à rejeter la règle du 50% +1, qu’ils ont pourtant accepté. M. Chrétien a invoqué le problème qui serait posé si ce +1 était constitué d’un électeur ayant oublié ses lunettes et qui aurait voté Oui par erreur. N’ayant pas indiqué quel était son estimation du pourcentage de malvoyants, il n’a pu fixer un seuil raisonnable. (Il n’explique pas non plus pourquoi la proportion de malvoyants pour le Non ne serait pas égale à la proportion de malvoyants pour le Oui.)

Suggestion de lecture à Justin T.

Il y a quand même du progrès.

Récemment, Justin Trudeau prétendait que c’était un « mythe » de dire que le Québec n’avait pas signé la constitution de son père.

Ce mercredi, le nouveau chef libéral admet que cette signature n’a pas eu lieu. Bravo. Il prétend cependant que c’est la faute du gouvernement souverainiste québécois de l’époque.

Il lui reste à apprendre que le chef libéral de l’époque, Claude Ryan, ne voulait pas la signer non plus, ni ses successeurs Robert Bourassa ou Jean Charest. (Pour Philippe Couillard, c’est moins clair pour l’instant.)

M. Trudeau 2 a besoin de lire encore un peu, c’est certain. Notamment au sujet de René Lévesque, l’homme qu’il tient pour responsable de la non-signature du Québec.

Il me fait plaisir de lui suggérer l’extrait suivant d’un livre récemment publié, La bataille de Londres, de Frédéric Bastien, qui met en parallèle l’approche Trudeau-père et l’approche Lévesque:

La diplomatie, internet, et l’Empire britannique

La nouvelle entente Canada-Royaune Uni, selon Aislin de la Gazette.

J’ai réagi ce mercredi à la décision du gouvernement canadien de choisir systématiquement de partager des locaux diplomatiques avec le Royaume-Uni.

Vous trouverez un fidèle compte-rendu de mes propos dans cette dépêche d’Alexandre Robillard de la Presse Canadienne, mais en voici les principaux extraits:

«Dans le contexte de la remonarchisation de l’identité canadienne, que M. Harper est en train de faire, ça a des relents de retour à l’Empire britannique», a-t-il dit.

M. Lisée n’est pas opposé à l’idée du partage d’ambassades pour diminuer les coûts des représentations, mais le choix de la Grande-Bretagne comme partenaire s’ajoute à une «accumulation de signaux».

«Si ce n’était pas dans ce contexte-là, je trouverais simplement que c’est une entente de bonne gestion des finances publiques au moment où on repense la façon de faire la diplomatie internationale à l’ère d’Internet, a-t-il dit. Mais parce que c’est dans ce contexte-là, c’est plus irritant.»

Loin de voir là un recul de la souveraineté du Canada

Notre amie la Reine. Notre patron le peuple

C’est vrai, nous étions 54 hier, à prêter serment à Élisabeth II. Dans le salon bleu, avant de se rendre à cette cérémonie, les petits nouveaux — dont je suis — demandaient aux anciens pourquoi et comment.

La cérémonie du serment, selon Garnotte, du Devoir. (Voir ici les autres dessins de Garnotte)

Pourquoi, c’est facile: nous sommes dans un pays d’où suintent de partout les archaïsmes de l’impérialisme britannique. Un « chef d’État », le Gouverneur général et ses lieutenant-gouvernaux, désignés par la seule volonté du Premier ministre canadien. Un Sénat à l’avenant. Une Cour suprême qui doit arbitrer les différends au sein d’une fédération, mais dont les membres sont désignés seulement par l’entité centrale. Un non sens dans une fédération, surtout bi-nationale (ou supposée telle) !