Op-ed in the Guardian: Well done, Britain, for a fair referendum – it’s a shame Canada didn’t manage it

(Voici le texte d’opinion que m’a demandé le quotidien The Guardian, de Londres. En ligne ici.)

Boy, would I have loved to have had the Scottish referendum before the one we had in Quebec in 1995, for which I was strategist for the yes campaign. I am sure those who are for an independent Scotland have lots to say against the tactics and arguments of Better Together, but we in Quebec would have given an arm and a leg for the fair play and adult behaviour displayed so far by the British government. This is why:

1. The UK recognised that it was for the Scottish parliament to decide on the referendum question, but both parties chose an independent, agreed upon third party to pass judgment on its fairness. Not so in Canada, where Ottawa refused the Quebec parliament’s legitimacy in the matter.

Chrétien à Londres: Les mauvais conseils de M. Non

Jean Chrétien montrant aux britanniques comment prendre un séparatiste !

Jean Chrétien montrant aux britanniques comment s’y prendre avec les séparatistes !

Jean Chrétien fut invité à Londres pour donner quelques conseils au camp du Non, pour le référendum à venir sur l’indépendance de l’Écosse.

Il a donné de forts mauvais conseils. Il vaut la peine, pour nos lecteurs britanniques, d’en prendre note.

1) Ne pas respecter la règle démocratique

L’ex premier-ministre canadien a invité les britanniques à rejeter la règle du 50% +1, qu’ils ont pourtant accepté. M. Chrétien a invoqué le problème qui serait posé si ce +1 était constitué d’un électeur ayant oublié ses lunettes et qui aurait voté Oui par erreur. N’ayant pas indiqué quel était son estimation du pourcentage de malvoyants, il n’a pu fixer un seuil raisonnable. (Il n’explique pas non plus pourquoi la proportion de malvoyants pour le Non ne serait pas égale à la proportion de malvoyants pour le Oui.)

Suggestion de lecture à Justin T.

Il y a quand même du progrès.

Récemment, Justin Trudeau prétendait que c’était un « mythe » de dire que le Québec n’avait pas signé la constitution de son père.

Ce mercredi, le nouveau chef libéral admet que cette signature n’a pas eu lieu. Bravo. Il prétend cependant que c’est la faute du gouvernement souverainiste québécois de l’époque.

Il lui reste à apprendre que le chef libéral de l’époque, Claude Ryan, ne voulait pas la signer non plus, ni ses successeurs Robert Bourassa ou Jean Charest. (Pour Philippe Couillard, c’est moins clair pour l’instant.)

M. Trudeau 2 a besoin de lire encore un peu, c’est certain. Notamment au sujet de René Lévesque, l’homme qu’il tient pour responsable de la non-signature du Québec.

Il me fait plaisir de lui suggérer l’extrait suivant d’un livre récemment publié, La bataille de Londres, de Frédéric Bastien, qui met en parallèle l’approche Trudeau-père et l’approche Lévesque:

La diplomatie, internet, et l’Empire britannique

La nouvelle entente Canada-Royaune Uni, selon Aislin de la Gazette.

J’ai réagi ce mercredi à la décision du gouvernement canadien de choisir systématiquement de partager des locaux diplomatiques avec le Royaume-Uni.

Vous trouverez un fidèle compte-rendu de mes propos dans cette dépêche d’Alexandre Robillard de la Presse Canadienne, mais en voici les principaux extraits:

«Dans le contexte de la remonarchisation de l’identité canadienne, que M. Harper est en train de faire, ça a des relents de retour à l’Empire britannique», a-t-il dit.

M. Lisée n’est pas opposé à l’idée du partage d’ambassades pour diminuer les coûts des représentations, mais le choix de la Grande-Bretagne comme partenaire s’ajoute à une «accumulation de signaux».

«Si ce n’était pas dans ce contexte-là, je trouverais simplement que c’est une entente de bonne gestion des finances publiques au moment où on repense la façon de faire la diplomatie internationale à l’ère d’Internet, a-t-il dit. Mais parce que c’est dans ce contexte-là, c’est plus irritant.»

Loin de voir là un recul de la souveraineté du Canada

Notre amie la Reine. Notre patron le peuple

C’est vrai, nous étions 54 hier, à prêter serment à Élisabeth II. Dans le salon bleu, avant de se rendre à cette cérémonie, les petits nouveaux — dont je suis — demandaient aux anciens pourquoi et comment.

La cérémonie du serment, selon Garnotte, du Devoir. (Voir ici les autres dessins de Garnotte)

Pourquoi, c’est facile: nous sommes dans un pays d’où suintent de partout les archaïsmes de l’impérialisme britannique. Un « chef d’État », le Gouverneur général et ses lieutenant-gouvernaux, désignés par la seule volonté du Premier ministre canadien. Un Sénat à l’avenant. Une Cour suprême qui doit arbitrer les différends au sein d’une fédération, mais dont les membres sont désignés seulement par l’entité centrale. Un non sens dans une fédération, surtout bi-nationale (ou supposée telle) !

Monarchie vs présidentielles: le Super Bowl politique

Plusieurs d’entre vous ont trouvé l’auteur de la citation monarchiste d’hier — et merci à ceux qui ont pratiqué la transparence totale en avouant avoir simplement placé la phrase dans Google.

C’est donc George-Étienne Cartier qui disait ceci, en 1865, lors du débat parlementaire sur la Confédération. Écoutez bien Stephen Harper pendant le Jubilée de la Reine cette année, il pourrait bien en citer une partie:

Comment le chef du gouvernement des États-Unis est-il choisi ? Des candidats se mettent sur les rangs, et chacun d’eux est vilipendé, conspué par le parti opposé. L’un d’eux triomphe et arrive au fauteuil présidentiel ; mais même alors, il n’est pas respecté par ceux qui ont combattu son élection et qui ont essayé de le faire passer pour l’homme le plus corrompu et le plus méprisable qui existe au monde.

Sous le système anglais, les ministres peuvent être censurés et insultés, mais les insultes n’atteignent jamais la souveraine.

La Reine possède-t-elle des droits sur Ottawa?

Élisabeth II possède-t-elle des droits d’auteurs sur les publications du gouvernement canadien ? Et si oui, combien cela lui rapporte-t-elle ?

La question se pose car on retrouve mention de son droit d’auteur au bas de deux bulletins d’information récents de Ressources Naturelles Canada.

En anglais:

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La Reine en droit. C’est clair !

Et en français:

Reine-Fr

 

La Reine du Chef ? Mais pas du sous-chef ?

Appel aux internautes, sujets de la Reine, et mieux informés que moi. Est-ce récent ? Ancien ? Inopiné ?

Merci à l’alertinternaute Pierre Hamel pour ce signalement.

La monarchie décorative

Je ne vous laisserai pas me dire que mon propos est politiquement incorrect. D’abord, j’ai des chiffres. De plus, j’ai des photos. J’ose affirmer qu’il y a un lien de causalité entre les photos et les chiffres.

(Pendant les vacances, votre blogueur favori vous ressert quelques billets dans le but de vous divertir en faisant semblant de vous informer)

Voici les photos:

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Voici les chiffres:

47 % des Canadiens veulent le couple de gauche.

Seulement 18% veulent celui de droite.

Même les Québécois, qui à 58% affirment vouloir couper tous les liens avec la monarchie britannique (et qui à 70% aboliraient les reliquats monarchistes au Canada) se font tirer l’oreille, lorsqu’un choix est disponible.

Leur dédain pour la monarchie chute de 15 points lorsqu’on leur offre de choisir entre William et Kate (31%) ou Charles et Camilla (11%). Imaginez si Angelina Jolie et Brad Pitt avaient été de la course !

La visite de monsieur Rien

Le Prince Charles est une publicité ambulante. Homme à la fois sandwich et orchestre, il incarne plusieurs messages à la fois. D’abord, le manque de jugement. La plus grande décision de sa vie a été de saboter son mariage avec Diana pour lui préférer la sémillante Camilla. C’est original, mais assez troublant pour ne lui confier aucune fonction qui suppose une dose de bon sens.

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Sa plus grande décision: larguer Diana pour Camilla. (Photo PC)

Ensuite, l’abolition de la monarchie. En ces temps démocratiques, on ne comprend vraiment pas pourquoi cet homme beige, incolore et inodore, devrait, plutôt que 100 000 plus brillants et intéressants que lui, devenir le symbole d’un État, même si le symbole confine à l’inutilité.