Mes choix politiques de 2012:
À voir

À voir: Boss

D’abord, si vous entendez l’anglais, je vais vous faire un énorme cadeau. La série télé politique de l’année s’intitule Boss. En fait, elle a deux ans d’âge et deux saisons à voir. À mon avis, il s’agit de la meilleure série politique depuis The West Wing, ce qui est beaucoup dire.

Il s’agit d’un maire fictif contemporain de Chicago. Un maire autocrate, corrompu, sans scrupules. La première scène: il apprend qu’il souffre d’une maladie mentale dégénérative. Il décide de garder le secret.

Le maire est joué avec brio par Kelsey Grammer, qu’on n’avait vu que dans des comédies et qui y tient le rôle de sa vie. L’écriture, les dialogues, le montage, l’intelligence du propos, tout y est. (Avertissement: yeux chastes s’abstenir. La série est produite pour le câble  donc l’anatomie féminine est visible.)

Suggestions politiques vidéo de vacances

S’il pleut beaucoup, pendant vos vacances, je ne puis vous conseiller avec plus d’enthousiasme la série Manipulations — Une histoire française, qui raconte en six épisodes documentaires non seulement l’affaire Clearstream qui a opposé Nicolas Sarkozy à Dominique de Villepin, mais à travers elle, plusieurs affaires françaises louches des 20 dernières années. C’est simplement remarquable. La série est disponible sur YouTube et je vous propose les liens plus bas. Mais voici la bande annonce de « l’expérience web » liée à la série, qui vous donne une bonne idée:

Par ailleurs j’ai terminé le visionnement de la série de fiction américaine Scandal, dont la première série vient de se terminer et est disponible en DVD. Ce n’est pas West Wing, mais c’est bien joué, bien ficelé, crédible.

Si vous avez accès à HBO et voulez rire, plutôt que trembler, au sujet de la politique américaine, je recommande fortement VEEP (le DVD va bientôt sortir):

Quand Musimax trébuche sur une fleur de macadam…

… et se relève.

amelie_veille_mon_coeur_te_garder-150x150Vous saurez de quoi il s’agit ce jeudi vers 7h52. Musimax insérera alors pour la première fois, puis en rotation régulière le clip d’Amélie Veille « Mon cœur pour te garder ». Une reprise de la chanson popularisée par Noëlle Cordier en 1977. Vous avez peut-être déjà entendue la chanson, souvent, sur Rouge.fm, Rythme.fm ou Espace musique, depuis le début avril.

Mais pourquoi ce délai à mettre le clip en ondes et (avouez, vous vous posez la question), pourquoi Lisée nous en parle-t-il sur son blogue ?

Simplement parce que le clip de cette chanson fleur bleue sur l’amour et l’amitié a été tourné en novembre dernier au Parc Victoria, avec les indignés d’Occupons Montréal.

Début avril, lors de l’arrivée du clip chez Musimax, les manifestations étudiantes battaient leur plein et un responsable de la programmation avisait par écrit le gérant de la jeune artiste que le clip, « tourné chez les indignés, en ces temps de controverses, c’est pas évident pour un diffuseur ».

Ce que l’on doit à Adele

adelebritawardsElle a remporté six Grammys, puis ce mardi trois Brit Awards. Je parle d’Adele Laurie Blue Adkins, ou plus simplement Adele, dont les chansons graves et ciselées bousculent les palmarès pop depuis plus d’un an.

Que lui doit-on, hormis tous ces prix qu’elle recueille ? Une énorme dose de reconnaissance, pour avoir, dans les iPods de toute une génération, introduit de la vraie musique.

Je le constate avec mon ado, mon pré-ado et leurs amis. Avant Adele, il n’y en avait que pour « Your Love is my Drug », « Party forever » et autres « Teen age dream ». L’originalité de Lady Gaga mise à part, on était dans la guimauve préfabriquée, dans la voix assistée par ordinateur, dans le rythme pré-remixé, dans le degré zéro du sentiment, du désir et du plaisir.

Et si on disait Bye-Bye à la vulgarité?

haddock2Pour la première fois, ce 31 décembre, j’ai laissé mes enfants de 13 et 10 ans écouter le Bye Bye.

Ils ont donc pu constater que les mots « marde », « fourrer » et « crosseur » furent abondamment utilisés dans cette émission, une institution télévisuelle québécoise.

Mes deux jeunes ont donc pu constater que ce que tentent de leur enseigner leurs parents et professeurs est faux. Ils nous avaient entendu dire que le langage grossier était réservé à la ruelle ou, puisqu’il est utilisé, à la cour d’école, mais qu’il n’a pas sa place en classe, à la maison et certainement pas dans les grandes occasions.

Or les voici conviés à une des plus importantes occasions télévisuelles de l’année, dans une des émissions les plus vues et les plus rassembleuses. Et ils constatent que les dialogues sont saupoudrés de grossièretés. Message reçu. Les gros mots sont permis en tout temps.

Les voeux de Harper… et la fin du monde!

Les voeux du premier ministre, vus par Godin:

harper

 

 

 

 

 

Les excellents “35 dessins d’actualité en 35 jours pour les 35 ans de L’actualité” d’Éric Godin sont terminés (bou, hou !)

Avis aux amateurs et aux collectionneurs: une sélection d’originaux de ses dessins de la série seront présentés à la galerie Zéphyr lieu d’art dès la semaine prochaine! (Zéphyr lieu d’art, 2112 rue Amherst à Montréal (514) 529-9199)

Godin-le-magnifique

2_Godin_pub_24Heures_5semaines-158x300J’ai dû ruminer plusieurs jours, après avoir vu le film Godin, avant de savoir précisément ce que j’en pensais, et pouvoir vous le dire.

Ce qui frappe énormément, au début du film, sont des images du jeune Godin. À 29 ans, cigarette au bec, au volant d’une voiture rouge tape-à-l’oeil, le jeune progressiste/journaliste/poète exsudait l’arrogance de la jeunesse, ses certitudes, sa séduction.

Dans ces images 35mm tournées par Gilles Groulx, tout l’avenir d’un Québec nouveau, à la veille de naître, semble comprimé dans le personnage.

À le voir s’exprimer en entrevue avec sérieux et assurance, à le voir produire une poésie à la fois proche et dénonciatrice du réel, à le voir devenir le compagnon de la splendide et enivrante Pauline Julien, à le voir arrêté en octobre 1970 pour délit d’opinion, on s’attend à ce que ce prologue soit suivi par un feu d’artifice, une grande oeuvre sociale, politique, littéraire.

Le problème de Funkytown

photo-Funkytown-2010-16Bon, je l’avoue, me suis tapé Funkytown, dans une salle quasi-déserte, ce dimanche soir, dans l’espoir de vous écrire un billet politique.

D’abord parce que j’avais lu Nathalie Petrowski, dans La Presse de samedi, dénoncer la nette prédominance de l’anglais (60-40, écrit-elle) dans ce film anglofun:

Le problème de Funkytown, c’est son marketing opportuniste qui joue sur les deux tableaux et tente de faire croire au public québécois qu’il va voir la version disco des Boys alors qu’il s’en va voir un film sous-titré où l’anglais l’emporte largement sur le français.

Vrai, le film se déroule dans un milieu anglicisé (on ne veut pas de « disco » en français, par exemple) et où les personnages ont épouse et maîtresse anglophones. L’anglais est très présent et heureusement qu’il y a des sous-titres car dans le premier quart du film, la musique disco est si forte qu’on entend mal les dialogues.

Pour ne pas être déçus de Hurt Locker (le Démineur)

48-554Oscar_Countdown.sff_.embedded.prod_affiliate.156-150x150La fin de semaine approche et vous serez nombreux à aller louer le DVD de Hurt Locker (Le Démineur), grand vainqueur des Oscars.

Je voudrais vous rendre un service. Et vous dire que le film n’est pas génial. Oui, oui, c’est un service. Vous vous souvenez d’être allé voir Eyes Wide Shut, le dernier film du légendaire Stanley Kubrick. Pendant presque tout le film de ce cinéaste génial, on se demande quand le film va devenir génial. Et quand c’est terminé, on se dit qu’on n’a probablement pas compris ce qui était génial dans le film.

Alors voilà. Lorsque Hurt Locker a eu ses huit nominations, mon ami Pat et moi l’avons loué, équipés de croustilles et d’un bon vin (c’était une soirée de gars), attendant d’être renversés par la qualité explosive du film. À la place, nous avons eu l’exacte réaction de Pierre Foglia,dans sa dernière chronique: