Stratégie indépendantiste: Éloge des caribous !

(Ce texte est publié ce matin dans Le Devoir, en réplique à un article de Pierre Dubuc et de Marc Laviolette.)

J’ai toujours été irrité par l’expression voulant que les péquistes pressés d’arriver à la souveraineté soient des « caribous ». Le mot renvoie à la tragique noyade de 10 000 caribous tentant de traverser en septembre 1984 une rivière Caniapiscau malheureusement gonflée d’un débit meurtrier.

caribousC’est faire injure aux caribous que de les croire tous aussi imprudents que ceux de 1984. D’abord, ceux-là ne représentaient que 1,5% de la harde locale, dite de « la rivière George ». La vérité est qu’une écrasante majorité de caribous traversent chaque année les rivières du Québec en choisissant des points de passage praticables, raisonnables, et assurant le succès du voyage.

C’est ce que je propose aux indépendantistes québécois. Faire l’indépendance le plus vite possible, en choisissant le point de passage le plus prudent, pour assurer le succès de la traversée vers le pays.

Une larme (oui !) pour feu le SPQ libre

Ne me comptez pas parmi ceux qui applaudissent la disparition du SPQ libre — Syndicalistes et progressistes pour un Québec libre. Les militants péquistes rassemblés de week-end à Lévis ont décidé de mettre fin à l’expérience du club de la gauche syndicale et de recommander l’abolition des « clubs » au sein du PQ, lors du prochain congrès du Parti, en 2011.

J’avais au contraire applaudi la constitution de ce club, lors de sa création en 2005. Le pari de Bernard Landry était, à l’époque, double. Conjoncturel : il voulait retenir au PQ un certain nombre de militants tentés par la nouvelle aventure de Québec Solidaire. Structurel : il souhaitait ouvrir des espaces de débat au sein du parti, en permettant la naissance de plusieurs clubs autorisés.

L’échec du système

Réplique amicale de JF Lisée à Pierre Dubuc

, me dit un ami hier, Dubuc te critique ce matin !

Je réponds : Encore ! Bizarre, pourtant j’ai lu La Presse et je n’ai rien vu.
Non, précise-t-il, pas Alain, Pierre.

Ma curiosité est piquée. Pierre Dubuc contribue de manière constante et constructive depuis plusieurs années aux débats du mouvement souverainiste et social-démocrate. De plus, il a récemment noté que lui et moi étions d’accord sur la faute politique que constituaient les fusions municipales à Montréal. Je suis donc intéressé par son propos. Et doublement peiné de trouver ce que j’y trouve. Mais d’abord, un détour.

Une de mes premiers billets sur mon blogue de L’actualité portait sur la polémique entre Denise Bombardier et Pierre Floglia. Extrait : Je suis cependant déçu, dans sa chronique fort bien écrite, d’avoir lu ceci au sujet des témoignages de lecteurs cités par Foglia. Mme B :