Chers Albertains, bienvenue à Grande-Baleine!

Au début des années 1990, le Québec fut la cible d’une efficace coalition de groupes environnementaux et autochtones, dénonçant dans les médias américains le projet Grande-Baleine. C’était avant l’Internet et YouTube.

Maintenant, ces outils sont utilisés par une coalition similaire (les autochtones sont mentionnés mais non membres) pour faire goûter à l’Alberta les joies de la publicité négative. Voyez plutôt:

Léché, efficace, ce vidéo a commencé aujourd’hui sa carrière sur la toile. On trouve leur site ici.

Je fus de ceux qui, après l’élection du PQ en 1994, ont convaincu Jacques Parizeau d’annuler le projet, économiquement douteux, localement irréalisable, politiquement désastreux. Depuis, tout projet hydroélectrique nécessite l’accord préalable des communautés, comme il se doit.

Mais, même dans ses dénonciations les plus exagérées (Grande-Baleine allait inonder une région plus grande que l’Europe !) le projet québécois n’allait affecter que la géologie, la faune et la population locale.

Message des Québécois à l’argent des sables: Non merci !

56%

Proportion des Québécois qui préfèrent se passer de l’argent de la péréquation provenant de l’exploitation des sables bitumineux (contre 27%) si cela augmente les gaz à effet de serre. Cela m’avait complètement échappé. J’ai du être distrait. Il se trouve donc que les Québécois ont indiqué en février à Léger Mise-en-marché (ma traduction) ce qu’ils pensaient de l’idée de recevoir de la péréquation provenant des sables bitumineux.

La question était un peu longue, mais factuellement exacte:

Actuellement, l’argent généré par les sables bitumineux en Alberta est une des sources des paiements de péréquation qui profitent à l’ensemble du pays. Ce qui veut dire que le Québec reçoit une partie de l’argent généré par les sables bitumineux. Dans quelle mesure êtes-vous d’accord ou en désaccord avec le fait que les Québécois, à cause de ces paiements, devraient accepter une augmentation des gaz à effets de serre ?

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L’emploi québécois dans les sables mouvants albertains

TarSandsLeaf-150x150Ils ont un chiffre. Selon le rapport que vient de publier le Canada West Foundation (CWF), l’économie québécoise sera dopée, d’ici 25 ans, par l’exploitation des sables bitumineux.

De combien ? 30 000 emplois permanents sur 25 ans. Ces emplois seront créés grâce aux retombées des titanesques investissements albertains. Le message de la CWF est clair: toute volonté de nuire au développement des sables par des contraintes écologiques sérieuses serait l’équivalent de tuer la poule aux oeufs d’or. (En version originale:  Simply put, a blow to the oil and gas industry equals a blow to the western Canadian economy which equals a blow to the national economy.)

Le problème avec ce calcul est qu’il masque une autre conséquence du développement pétrolier canadien: il a détruit, en cinq ans seulement, au Québec, 55 000 emplois manufacturiers. Et cette destruction des emplois québécois (et ontariens) ne fait que commencer. Voici pourquoi.