Philippe Couillard et l’éloge de l’impuissance

On savait que notre premier ministre avait un grand objectif pour sa nation: qu’elle se conforme à la moyenne canadienne. Il le veut pour l’impôt, pour les programmes sociaux, pour le respect pour les représentants de la monarchie au Québec, pour le ratatinement de la présence internationale du Québec, entre autres.

Mais à l’Assemblée nationale, ce jeudi, notre premier ministre a été plus canadien-moyen que d’habitude. Il était question de pétrole, et du fait que le Québec devient, sous nos yeux, une immense autoroute de pétrole albertain, par bateau, par train et, demain peut-être, par pipeline.

Stéphane Bédard, chef intérimaire du PQ, voulait savoir pourquoi le gouvernement libéral ne levait pas le petit doigt pour demander à Ottawa, au moins, des garanties environnementales, alors que d’autres, ailleurs sur le continent, le faisaient.

Voici la réponse de Philippe Couillard:

Ah, qu’elle est riche, la sauce terre-neuvienne !

Pendant l’été, quelques billets de blogue choisis, en rappel.

« Ce qui est bon pour l’oie est bon pour le jars » selon l’adage anglophone repris cette semaine par notre voisin et ami le premier ministre ontarien Dalton McGuinty. (En fait, l’expression d’origine dit que la même sauce doit être appliquée sur les deux volatiles, qu’on suppose, en l’espèce, déjà cuits. Mais je m’égare.)

Oil-Drum-Stuffed-With-Money-150x150Ces temps-ci, au Canada, l’oie est Terre-Neuve et les jars (le mâle de l’oie) sont les provinces dont les initiales ne sont pas T-N.

Nous avons vu hier comment pourrait s’appliquer à l’avantage du Québec la garantie de prêt sortie de la boîte à surprise fédérale pour le projet hydro-électrique terre-neuvien. Appliqué à la dette de notre jars Hydro-Québec, cela nous économiserait 9 milliards de beaux dollars.

La sauce au pétrole

Mais il y a une autre sauce dont l’oie terre-neuvienne a profité à plein ces dernières années: la sauce, très riche, de l’aide au pétrole.

Ah qu’elle est riche, la sauce terre-neuvienne !

Oil-Drum-Stuffed-With-Money-150x150 Ce qui est bon pour l’oie est bon pour le jars » selon l’adage anglophone repris cette semaine par notre voisin et ami le premier ministre ontarien Dalton McGuinty. (En fait, l’expression d’origine dit que la même sauce doit être appliquée sur les deux volatiles, qu’on suppose, en l’espèce, déjà cuits. Mais je m’égare.)

Ces temps-ci, au Canada, l’oie est Terre-Neuve et les jars (le mâle de l’oie) sont les provinces dont les initiales ne sont pas T-N.

Nous avons vu hier comment pourrait s’appliquer à l’avantage du Québec la garantie de prêt sortie de la boîte à surprise fédérale pour le projet hydro-électrique terre-neuvien. Appliqué à la dette de notre jars Hydro-Québec, cela nous économiserait 9 milliards de beaux dollars.

La sauce au pétrole

Mais il y a une autre sauce dont l’oie terre-neuvienne a profité à plein ces dernières années: la sauce, très riche, de l’aide au pétrole.

Table ronde: peut-on vivre sans pétrole ?

On trouvera à ce lien la:

Table ronde L’actualité / CPAC

Avenir énergétique : peut-on vivre sans pétrole ?

Le magazine L’actualité et CPAC vous invitent à une table ronde portant sur l’avenir de l’énergie. Le présentateur Pierre Donais animera le débat auquel participeront les invités suivants :

  • Carole Beaulieu, rédactrice en chef de L’actualité
  • Jean-François Lisée, directeur exécutif du CERIUM
  • Normand Mousseau, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en physique numérique de nouveaux matériaux complexes rattachée à l’Université de Montréal
  • Carol Montreuil, vice-président, division de l’Est du Canada, de l’Institut canadien des produits pétroliers
  • Philippe Bourke, directeur général du Regroupement national des conseils régionaux de l’environnement du Québec

Faut-il forer ou non dans le golfe du Saint-Laurent ? Doit-on exploiter les gaz de schiste ou développer les énergies vertes ? Joignez-vous à la table ronde de L’actualité pour une discussion animée sur le grand dossier de l’heure : l’énergie !

Schiste: Duplessis serait fier de nous !

duplessis-150x150Peut-être arrive-t-il que Maurice Duplessis et René Lévesque se croisent, au paradis (purgatoire?) des anciens premiers ministres québécois. Si c’est le cas, le premier doit être hilare, le second, bougon.

Hilare, Maurice Duplessis, car l’homme qui vendait le fer québécois 1 cent la tonne aux intérêts américains doit être très fier de ses descendants qui, en ce début de XXIe siècle, bradent les ressources du Québec au moins offrant.

Le scandale de l’exploration du gaz

Charles Côté, de La Presse, nous affichait ce samedi une éclairante comparaison entre les pratiques de la Colombie Britanniques, et les nôtres:

En 2009, les sociétés pétrolières et gazières ont versé 893 millions au Trésor de la Colombie-Britannique pour obtenir le droit d’y faire de la prospection. En 2008, elles ont versé 2,7 milliards. [Dont 1,5 pour le seul gaz de schiste.]

Chers Albertains, bienvenue à Grande-Baleine!

Au début des années 1990, le Québec fut la cible d’une efficace coalition de groupes environnementaux et autochtones, dénonçant dans les médias américains le projet Grande-Baleine. C’était avant l’Internet et YouTube.

Maintenant, ces outils sont utilisés par une coalition similaire (les autochtones sont mentionnés mais non membres) pour faire goûter à l’Alberta les joies de la publicité négative. Voyez plutôt:

Léché, efficace, ce vidéo a commencé aujourd’hui sa carrière sur la toile. On trouve leur site ici.

Je fus de ceux qui, après l’élection du PQ en 1994, ont convaincu Jacques Parizeau d’annuler le projet, économiquement douteux, localement irréalisable, politiquement désastreux. Depuis, tout projet hydroélectrique nécessite l’accord préalable des communautés, comme il se doit.

Mais, même dans ses dénonciations les plus exagérées (Grande-Baleine allait inonder une région plus grande que l’Europe !) le projet québécois n’allait affecter que la géologie, la faune et la population locale.

Le pétrodollar canadien : « up, up and away… »

98,98

C’est le niveau atteint ce mercredi par le dollar canadien, face à la devise américaine. La parité pourrait être atteinte à tout moment, y compris aujourd’hui jeudi.

Les habitués de ce blogue savent que nous avons abordé depuis janvier l’impact de la transformation du Canada en superpuissance pétrolière sur la destruction de l’emploi manufacturier au Québec. (Voir la série Sables mouvants.) Le phénomène est appelé « mal hollandais » et fonctionne comme suit : plus la production d’hydrocarbures devient une part importante de l’industrie nationale et des exportations du pays, plus le pétrole et le gaz poussent à la hausse la valeur de la devise.

Message des Québécois à l’argent des sables: Non merci !

56%

Proportion des Québécois qui préfèrent se passer de l’argent de la péréquation provenant de l’exploitation des sables bitumineux (contre 27%) si cela augmente les gaz à effet de serre. Cela m’avait complètement échappé. J’ai du être distrait. Il se trouve donc que les Québécois ont indiqué en février à Léger Mise-en-marché (ma traduction) ce qu’ils pensaient de l’idée de recevoir de la péréquation provenant des sables bitumineux.

La question était un peu longue, mais factuellement exacte:

Actuellement, l’argent généré par les sables bitumineux en Alberta est une des sources des paiements de péréquation qui profitent à l’ensemble du pays. Ce qui veut dire que le Québec reçoit une partie de l’argent généré par les sables bitumineux. Dans quelle mesure êtes-vous d’accord ou en désaccord avec le fait que les Québécois, à cause de ces paiements, devraient accepter une augmentation des gaz à effets de serre ?

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Une vraie richesse pour le Québec : le non-pétrole

Petrole2030_vedette_verti_09Chers internautes, voici ma chronique du dernier L’actualité, avec un bonus pour vous à la fin.

J’ai un scoop. Des témoins entrés dans le bureau du ministre québécois des Finances, Raymond Bachand, jurent avoir vu sur sa table de travail le document Pour un Québec libéré du pétrole en 2030, du groupe Equiterre.

Le ministre, vous le savez, prépare un budget qu’il voudrait ambitieux. Il cherche à trouver des sous pour le Québec de demain. Des sous dans les taxes, dans les tarifs, dans le « dégraissage » de l’État et, malheureusement, dans toute l’industrie du prêt-à-penser du moins d’État.

Mais il y a ce document. C’est un véritable gisement de richesse (je fais exprès). Car qu’est-ce que le pétrole pour le Québec ? Un gigantesque boulet. Il s’agit, et de loin, de notre principale importation. En 2007, les Québécois en ont acheté pour 13 milliards de dollars. Cela montera bientôt à 20 milliards et, s’il fallait que le baril atteigne 200$ ce qui est vraisemblable, on voguerait vers les 40 milliards par an. De l’argent qui bénéficie à l’Algérie, au Royaume-Uni, à l’Angola (nos trois premiers fournisseurs, à hauteur de 73%), certes, mais à personne, ici.