Garderies: le triple mensonge de Philippe Couillard

Tous les journalistes ont voulu savoir pourquoi le premier ministre se sentait autorisé à rompre une promesse solennelle faite aux Québécois pendant la campagne électorale, il y a à peine six mois, celle de n’imposer aucun choc tarifaire. Sa réponse, répétée avec aplomb par sa ministre de la famille, tient en un mot: « surprise ». Arrivés au pouvoir en avril, ils auraient été catastrophés de constater que le déficit laissé par le gouvernement péquiste allait être de 3,7 milliards, plus du double de ce qui était prévu.

Le premier étage du mensonge

Ce chiffre de 3,7 n’est rien d’autre qu’un mensonge. Le chroniqueur économique de Radio-Canada, Gérald Fillion, l’a dégonflé dans son blogue dès son apparition, en mai dernier: fillion3 Bref, toute la communication du gouvernement repose sur un total… fallacieux.

Le second étage du mensonge

Couillard et les frais de garde: Touche pas à mon 1%

Les mots ne sont évidemment pas assez forts pour condamner la fraude électorale dont le PLQ de Philippe Couillard s’est rendu coupable en promettant, en campagne électorale, de ne pas augmenter le coût des frais de garde au-delà de l’inflation et en faisant le contraire, six mois plus tard.

Ce mépris du contrat démocratique que constitue une élection justifie, à lui seul, la motion de censure que le PQ présentera la semaine prochaine.

Mais même si on admettait le principe d’une modulation selon le revenu (pour compenser notre incapacité à augmenter le taux marginal d’imposition aux niveaux des années 1950 à 1980), une chose est frappante dans les données rendues publiques ce jeudi: on module, certes, mais pas au point de faire payer le 1% les plus riches au Québec.

Voyez ce graphique de la nouvelle contribution proposée:

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La Semaine du Député de Rosemont

Comme vous le savez, j’étais en tournée régionale la fin de semaine dernière — de Rimouski à Rouyn-Noranda.

Lundi j’ai pu m’entretenir à Rouyn-Noranda avec les membres du collectif de défense des droits des locataires et j’ai pu, à chaque étape, constater l’ampleur du ressentiment régional contre la volonté du gouvernement Couillard de démanteler les outils locaux de développement. J’en ai parlé notamment au journal La Frontière d’Abitibi: « Si le PLQ était une compagnie, les Québécois pourraient le poursuivre pour bris de contrat ! »

Mardi matin, j’étais de retour à Québec pour entendre l’opposition massive à la réforme de la santé du ministre Barrette, à la commission parlementaire.

Information: 4 propositions pour dompter l’hyper-concentration des médias

En démocratie, l’information est un service essentiel. C’est à la fois le projecteur braqué sur ce qui se dit, se fait, se décide, le carburant de la discussion publique, le garde-fou de l’intégrité. Moins une population est informée, localement ou nationalement, moins elle est équipée pour s’engager dans la chose publique, peser sur les décisions, faire émerger de nouvelles voix, des réformes, des leaders.

Comment va l’information au Québec ? Son état de santé est préoccupant. Son tonus décline. Les conditions de son atrophie s’accumulent.

Le gouvernement québécois ne peut rester les bras croisés et laisser s’affaiblir un bien public aussi important que l’information. Il doit cependant garder une saine distance avec le quatrième pouvoir: créer les conditions de sa vitalité, sans lui dicter sa conduite.

À l’heure où les journalistes sont réunis pour leur congrès annuel, et dans le cadre de la course à la direction du Parti québécois, je soumets à la discussion quatre hypothèses de travail.

La Louise Beaudoin que j’adore

Mon amie Louise Beaudoin est très fâchée que j’aie osé dire le vrai: notre façon d’aborder le débat sur la charte a « empoisonné », pour l’avenir prévisible, notre proposition d’interdire les signes religieux dans la fonction publique et parapublique.

Louise m’accuse de « diaboliser » la Charte, qu’elle appuyait, comme moi. Pourquoi ? Parce que j’admets qu’elle a braqué contre notre parti beaucoup de jeunes, d’intellectuels souverainistes et, surtout, beaucoup de membres de la diversité québécoise.

Je le crois et le répète: sur cette question des signes, nous avions raison sur le fond, pas sur la forme. Et Louise était, comme moi, favorable à une clause de droits acquis.

Les autres aspects de la Charte font partie de mes propositions de candidat (voir ici) et je propose d’aller encore plus loin sur les écoles religieuses.

L’humanisme: ingrédient clé de la promotion de l’identité

C’était une journée chargée, ce jeudi, sur la question de l’identité. D’abord une déclaration de mon collègue Pierre Karl sur la Charte des valeurs a provoqué chez les journalistes une soif nouvelle. Ils voulaient savoir comment les autres candidats à la chefferie aborderaient cette question, s’ils devenaient chef. N’étant pas un abonné à la langue de bois, j’ai répondu franchement.

Le même jour, la Société Saint-Jean-Baptiste présentait un mémoire sur la présence de l’anglais dans notre système de santé. Mon désaccord avec l’approche de la SSJB sur ce point étant total, j’ai exprimé vigoureusement mon point de vue.

Il y a, dans mes prises de position, un fil conducteur: l’humanisme. Oui, il faut réparer le passé et le présent. Oui, il faut changer l’avenir.

Mais dans tous les changements qui impliquent la vie des gens — et l’identité est au cœur de la vie des gens — la manière est aussi importante que le principe.

Le plan Couillard: déraciner le pouvoir citoyen, éteindre la différence québécoise

Si vous aviez 3000 bénévoles, répartis dans toutes les régions du Québec, prêts à épauler de jeunes entreprises pour les aider à se développer, les mettriez-vous à la porte ?

C’est ce que le gouvernement Couillard a décidé de faire, en abolissant les Centres locaux de développement, un élément dans une entreprise systématique de destruction du pouvoir citoyen dont l’ampleur apparaît lorsqu’on additionne les réformes annoncées.

Ces derniers jours, j’étais successivement à Rivière-du-loup, Rimouski, Thetford Mines, Val d’or, Rouyn-Noranda, Québec et Montréal. Partout, mais plus encore en régions, l’effet libéral est reçu avec des parts égales de colère et d’incrédulité.

Le PLQ sème la tempête aux quatre coins du Québec

Et pas seulement dans les milieux péquistes et progressistes. Il faut lire ce qu’a à dire la Chambre de commerce et d’industrie de Rouyn-Noranda:

Tarifer, oui. Mais seulement les vrais riches !

Soyons clairs: la proposition du gouvernement Couillard de moduler les tarifs des garderies en fonction du revenu est totalement inacceptable.

D’abord parce que la question du tarif des garderies a fait partie du débat électoral et que le PLQ s’est engagé à les indexer, point à la ligne. Sa décision de modifier fondamentalement le mode de tarification, sans en avoir avisé les électeurs il y a à peine sept mois, est un déni de démocratie, purement et simplement.

Ensuite, parce que la tarification envisagée provoquerait un choc tarifaire auprès de la classe moyenne, dont le fardeau fiscal ne doit en aucun cas être rehaussé.

Cela dit, doit-on pour autant s’interdire de réfléchir à une possible modulation des tarifs en fonction des revenus, y compris pour les garderies ? Dans un monde idéal, on devrait répondre non, car l’impôt sur le revenu devrait être le véhicule par lequel chacun contribue à la hauteur de ses revenus, en échange d’un service universel.

1000 Québécois pour le changement: déjà le tiers de l’objectif atteint

1000 Québécois pour le changement

En une semaine, plus de 333 Québécois ont répondu à mon appel et ont accepté de contribuer au moins une heure de leur temps à notre équipe de campagne à la direction du Parti québécois.

C est nettement au-delà de nos attentes. Beaucoup de membres du PQ, mais également d’ex-membres ou de gens qui décident de s’engager, pour la première fois, en politique.

Plusieurs ont choisi de participer à la définition du contenu de la campagne (et ont déjà été sollicités sur plusieurs thèmes), d’autres ont choisi de s’investir dans l’équipe web, l’organisation ou le recrutement.

De nouveaux bénévoles s’inscrivent pendant ma tournée, qui m’a conduit de Rimouski à Val-d’Or ces derniers jours, et qui me conduira notamment à Chicoutimi vendredi prochain.

On n’attend plus que vous !

Jean-François