Lire: Éclairant/Épeurant voyage chez les Guerriers de la justice sociale

Les contraires s’attirent. Ou du moins ils m’attirent. D’où cet aveu:

C’est parce que j’ai lu et fait la recension du dernier livre de Mathieu Bock-Côté (L’Empire du politiquement correct) la semaine dernière que j’ai décidé de lire et de rendre compte du livre qui en est son exact opposé, et qui aurait pu s’appeler « Apologie du politiquement correct », par Judith Lussier.

Je ne m’égarais pas complètement, car Lussier s’amuse à mettre Bock-Côté dans ses remerciements. On soupçonne ici l’ironie, Bock-Côté lui servant d’utile repoussoir. (L’inverse n’est pas vrai, cependant).

Judith Lussier, chroniqueuse au journal Métro, assume sa position de féministe, lesbienne et « guerrière ». Elle s’identifie au mouvement qu’elle décrit avec beaucoup de soin dans son ouvrage, les Social Justice Warriors. Traduisons par les « Guerriers de la justice sociale », qui se donnent pour tâche de débusquer et dénoncer toute manifestation de sexisme, de racisme, de transphobie, d’appropriation culturelle, entre autres.

Sortir: Émotion forte et rigolade d’été sur les planches

Au TNM: Un autre coup de poing émotif de Michel Marc Bouchard

Le prolifique auteur d’Alma revient chez lui (ça se passe à Alma) et sur les planches du TNM avec son complice le metteur en scène Serge Denoncourt pour plonger le spectateur dans un drame émotif de haute tenue.

Julie Le Breton tient le rôle titre (écrit pour elle), d’une âme brisée par un secret vieux de 30 ans. Devenue embaumeuse des stars internationales, façon de réparer, au dernier moment, des vies troubles, elle vient embellir le cadavre de sa mère et, du même coup, ouvrir béantes des plaies familiales jusque là taboues.

Je n’en dis pas plus. Le jeu est juste, l’équipe efficace, la mise en scène tout au service du conflit, de la révélation et de ses conséquences.

Une grande soirée au théâtre.

La nuit où Laurier Gaudreault s’est réveillé, au TNM.

Enfance: l’insondable sans-gêne des Libéraux (texte)

Venons tout de suite à l’essentiel. Chaque jour, au Québec en ce moment, la Direction de la protection de la jeunesse reçoit 20 signalements de maltraitance seulement pour des enfants de 0 à 5 ans. 20 par jour. C’est insoutenable. Et ça augmente depuis plusieurs années. Et on le sait depuis plusieurs années. Et on le dit depuis plusieurs années. On le crie.


Avis: ceci est le texte d’une balado hebdomadaire Lisée101.  Ces textes sont publiés huit jours après qu’ils aient été rendus disponibles aux abonnés de la balado.
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Tiré du dernier rapport annuel des directrices de la DPJ

Une nuance, avant d’aller plus loin. Le décès d’une petite fille à Granby semble être le fruit de mauvaises recommandations de la Direction locale de la protection de la jeunesse et de la mauvaise décision d’un juge de remettre la jeune fille dans son milieu familial toxique. Laissons l’enquête publique faire toute la lumière.

La détresse de l’intellectuel conservateur

Oui, la détresse. On sort de la lecture du dernier ouvrage de Mathieu Bock-Côté avec beaucoup d’empathie pour son auteur. (J’en avais déjà, mais il n’y en a jamais trop !)

Bock-Côté est offensif et sûr de lui lorsqu’il pourfend les « diversitaires » qui veulent selon lui vider les nations, les cultures, les individus, de leur essence même. J’y reviendrai.

Mais lorsqu’il veut opposer à ce fléau en devenir un projet concurrent, on le sent déboussolé, incertain, changeant.

Et il nous entraîne dans un exercice de remue-méninges intérieur qui dure plusieurs chapitres. Les meilleurs.

Car, c’est une chose d’être « contre ». Mais être  »pour », là est l’exigence. Bock-Côté explique d’abord que le conservatisme a toujours été vu comme une posture de réaction face à la gauche et à ses projets. Un frein au changement. Il semble d’abord mettre la chose en doute, comme s’il y avait un réel contre-projet conservateur. Sur le ton du reproche, il souligne même que lorsque les conservateurs sont au pouvoir (ce qui arrive quand même assez souvent) il ne leur arrive jamais de renverser une décision de gauche, ou, pire, une décision « diversitaire », prise par la gauche avant eux.

Le rapport Bouchard-Taylor ne passerait pas le test de Gérard Bouchard


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Gérard Bouchard était à son meilleur, mercredi, à la commission parlementaire sur la laïcité. Il a fait sa présentation sans notes, avec précision et humour.

Puis il a établi le test auquel le projet de loi échoue. Celui du « motif supérieur ».

Il est normal de restreindre un droit s’il y a un motif supérieur, explique-t-il. Il donne l’exemple des sikhs qui, travaillant au Port de Montréal, sont obligés d’enlever leur turban pour mettre le casque de (motif supérieur) sécurité. Ou de la loi 101 qui interdit à la majorité des parents d’envoyer leurs enfants à l’école anglaise. Le motif supérieur est l’avenir du français au Québec.