Pourquoi je ne suis plus candidat

(Voici le texte de ma déclaration de retrait de la course)

Le Parti québécois est le plus grand agent de changement de l’histoire moderne du Québec. Depuis sa fondation le parti a transformé le Québec, pour le mieux, pour les droits des femmes et des travailleurs, pour les familles, pour l’essor économique des régions et de plusieurs générations d’entrepreneurs francophones devenus, pour plusieurs des géants mondiaux, pour la défense de la langue et de la culture, pour la place du Québec dans le monde, pour la qualité de son environnement.

Hier, aujourd’hui et demain, le Parti québécois est l’indispensable outil de progrès pour le peuple québécois.

Capture1Depuis le début de la campagne à la direction, car la campagne a vraiment commencé en septembre, j’ai pu constater plus que jamais combien les militants sont la sève de la démocratie et de la vitalité du PQ. C’est leur énergie, leur dévouement, qui font grandir une idée, porte par porte, discussion par discussion, signature par signature.

Philippe Couillard et l’islamisme: Monsieur le Premier ministre, j’ai honte !

Monsieur le Premier ministre,

Je me permets de vous écrire pour vous exprimer le malaise croissant que vos actions et déclarations envers les partenaires étrangers du Québec suscitent chez moi.

Comme vous le savez, je m’intéresse depuis près de 30 ans aux relations internationales du Québec et j’ai toujours salué, au delà des clivages partisans, la contribution des gouvernements successifs à la réputation internationale du Québec, notamment, dans votre famille politique, les actions structurantes de Jean Lesage et de Jean Charest.

Les nouvelles nous venant de votre passage à Bruxelles sont inquétantes, d’autant qu’elles s’additionnent à d’autres décisions ou actions déplorables en matière internationale.

Ce lundi, alors que le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, soulevait publiquement devant vous l’intérêt d’une collaboration accrue afin de prévenir la radicalisation islamique, notamment « à travers les programmes scolaires, la manière de s’adresser aux jeunes lorsqu’on leur parle de citoyenneté, de philosophie, de religion», vous avez osé affirmer que la question de la radicalisation n’avait «rien à voir» avec la neutralité religieuse de l’État. Vous répétiez ainsi des propos tenus, la veille, au Royaume-Uni.

Le PQ et les périls de l’optimisme

À quelques jours du déclenchement officiel de la campagne à la direction du Parti québécois, il me semble utile de revenir sur l’essentiel: par quel parcours réaliste peut-on reconduire le PQ au pouvoir, puis le Québec à l’indépendance ?

Il y a neuf mois à peine, en avril, une très dure conversation a eu lieu entre l’électorat et notre parti. Elle s’est soldée par un rejet très majoritaire de la possibilité de tenir un référendum à court terme et par un désaveu préoccupant de notre parti par la jeunesse québécoise.

Cette défaite doit nous conduire à plusieurs remises en question. Mais je crains que la campagne en cours nous éloigne de cette nécessité. À force de se parler entre nous, militants indépendantistes, on a tendance à prendre nos espoirs pour des constats et à porter plus de crédit à ce qu’on veut entendre qu’à ce qu’on devrait entendre. C’est à la fois parfaitement normal et assez dangereux pour la réalisation de nos propres objectifs. Ne pas voir les obstacles, c’est se condamner à y briser nos rêves.

Éducation: l’angle mort de Monsieur Charte

Mon collègue Bernard a dévoilé hier une version nettement améliorée d’une Charte sur la laïcité. J’applaudis évidemment l’inclusion de la clause de droits acquis, pour laquelle je plaide depuis longtemps.

À ce sujet je suis extrêmement surpris et déçu d’apprendre que mon collègue Alexandre Cloutier s’oppose désormais à la clause des droits acquis. Très franchement, je ne l’imaginais pas défendre le congédiement d’enseignantes qui ont donné pleine satisfaction depuis des années, sous prétexte que nous sommes radicalement impatients de changer le code vestimentaire.

Dans la nouvelle mouture de Bernard, j’applaudis le rétrécissement du périmètre d’application de l’interdiction des signes religieux: Universités, Cégeps et municipalités sont exclus. C’est sage.

Sa proposition de permettre à des institutions non couvertes par la Charte d’en adopter les paramètres si elles le désirent est également bienvenue, car ouverte sur l’avenir.

Les vertus de la patience

Pour que le Québec soit Charlie, quelle Charte 2.0 ?

Mon collègue Bernard Drainville nous annonce une nouvelle proposition de Charte des valeurs ou de la laïcité. Il n’a pas tort. Et je note qu’il avait annoncé son intention avant la tuerie de Charlie, ce qui l’exonère de toute accusation d’opportunisme.

Je note aussi que Bernard veut intégrer dans sa nouvelle mouture ma proposition de protéger les droits acquis des salariés actuels qui portent des signes religieux dans les services publics, donc d’accepter une application graduelle des principes de laïcité. J’en suis ravi et je l’en remercie.

Un avant et un après-Charlie

Mais nos débats ne doivent pas seulement reprendre là où on les avait laissés. Il y a un avant et un après Charlie, du moins pour ceux qui ont le cran de s’attaquer à ces questions difficiles, ce qui ne semble pas être le cas de Philippe Couillard et de son équipe.

Le difficile pari de la franchise

Le difficile pari de la franchise

(Ce texte a été publié dans Le Devoir d’aujourd’hui)

Dans Le Devoir de mercredi dernier (Le Mal-Aimé), Francine Pelletier a posé à mon sujet une hypothèse qui vaut d’être creusée. Peut-être, écrit-elle avec une bienveillance dont je la remercie, n’ai-je pas acquis la capacité ’’de savoir quand il faut parler et quand il faut se taire’’.

Ces dernières semaines, entre les biberons données à notre nouvelle fille Emma, je me suis posé cette question. Et plus généralement celle de la difficulté de la franchise, en politique. C’est sans doute un travers que j’ai acquis pendant quelques décennies de journalisme: dire les choses comme elles sont, sans détour, et faire confiance aux lecteurs — ici, aux électeurs — pour poser le jugement critique qui leur plaira.

La campagne Lisée atteint les 2 000 signatures !

Nous sommes heureux de pouvoir annoncer officiellement que, depuis plusieurs jours, plus de 2 000 membres du Parti québécois ont signé le bulletin de candidature de Jean-François et plus de 10 000 dollars ont été amassés, ce qui répond aux conditions de candidature fixées par le parti.

Ces conditions sont donc réunies bien avant la date butoir du 31 janvier.

Ces résultats sont le fruit du travail d’une vaste équipe de campagne, notamment formée des près de 900 personnes de toutes les régions qui ont offert plus d’une heure de leur temps à la campagne. Les signatures ont été réunies lors d’événements organisés par le parti, mais aussi lors de plusieurs blitz de porte-à-porte dans des circonscriptions ciblées.

Quant à l’appel lancé par Jean-François pour réunir 1000 bénévoles offrant chacun au moins une heure de leur temps, il a rejoint près de 90% de son objectif en deux mois, alors que le délai fixé est de trois mois.