Lettre ouverte à M. Denis Coderre: Montréal fait partie du Québec

Monsieur le maire, cher Denis,

Vous me savez partisan d’une réelle décentralisation des pouvoirs et d’un statut pour la métropole. Je m’y étais engagé lorsque j’étais ministre de la métropole et l’ai appuyé comme chef du Parti Québécois. J’estime d’ailleurs que la loi votée par le gouvernement libéral est encore trop timide. En habitation, par exemple, j’aurais aimé donné davantage de latitude à Montréal pour mieux répondre aux besoins criants de logements sociaux et abordables.

Je dois cependant exprimer mon désacccord total avec votre tentative d’utiliser le statut de la métropole pour vous soustraire aux lois de l’Assemblée nationale portant sur la laïcité et le vivre-ensemble.

Monsieur le maire, Montréal fait partie du Québec. Les Montréalais sont membres de la nation québécoise.

L’été du déclin, de la culpabilisation et du déni

Il y a des étés où il ne se passe rien. Il y a des étés qui nous envoient des messages forts. L’été 2017 est parmi les plus bavards. Il nous dit que la nation québécoise vit de plus en plus dangereusement, dans ce qu’elle a de plus profond : l’avenir de sa langue et de sa culture, de ses choix.

Il nous dit surtout qu’il faut riposter avec force aux courants qui affaiblissent le Québec, puis opérer un redressement qui nécessite le retour d’une volonté nationale réelle et structurante aux commandes à Québec, à l’élection de 2018. Le Parti Québécois va incarner cette riposte et cette volonté au pouvoir.

Un printemps inquiétant

Et si de Gaulle revenait ?

Il nous a tiré vers le haut. Alors que tant de forces, dans notre histoire, ont voulu nous tirer vers le bas. À 50 ans de distance, son appel est aussi actuel qu’au moment où il l’a lancé. Le Québec est, en 2017 comme en 1967, l’enjeu d’un souque-à-la-corde vertical où des forces veulent qu’il se dépasse, d’autres veulent qu’il se marginalise.

C’était vrai à l’époque. Le geste du grand général était prémédité. Il voulait peser sur le cours de l’histoire et accompagner à très brève échéance le Québec à la table des nations. Le Premier ministre Daniel Johnson, qui l’avait invité, ne venait-il pas d’être élu, un an auparavant, sous le slogan ’’égalité ou indépendance’’ ? Johnson allait-il répondre à l’appel gaullien ? Ses biographes croient que non. Mais si le général le tirait vers le haut, d’autres forces tiraient très fort dans l’autre sens.