L’après-Oui en 1995: Parizeau avait 50+1 fois raison

Il avait raison. Raison de clarifier le projet indépendantiste. Les Québécois décideraient seuls, en 1995, de leur avenir. Au référendum de 1980, il leur aurait fallu la permission du Canada.

confessions

Une contribution importante

Raison de rassembler autour de lui Lucien Bouchard, Mario Dumont, les partenaires pour la souveraineté et la plus grande coalition politique de l’histoire du Québec. Raison de rester ferme sur le principe — les Québécois seuls maîtres de leur destin — et souple sur les modalités — on proposerait un partenariat. Si le Canada disait non, on partirait sans lui.

Raison de s’arc-bouter sur une date décisive — octobre 1995 — malgré tous ceux qui, tétanisés par une défaite possible, proposaient d’annuler, de repousser, de diluer.

Je l’ai écrit récemment, l’année 1996 et sa fenêtre politique appartenaient à Lucien Bouchard. Mais l’année 1995 a été écrite de bout en bout par Jacques Parizeau qui a fixé l’objectif avec entêtement, puis qui a modulé la formule, sous la pression de Bouchard, certes, mais avec intelligence et générosité.

Mon premier engagement de peut-être-futur-candidat

Il m’est venu spontanément, en discutant avec Benoît Dutrizac ce vendredi, dans une entrevue franche et rigolote qui porte à la fois sur la course au leadership, la difficulté d’être chef du PQ, l’héritage de Robert Bourassa, les montées de lait de Jean Lapierre et de Lucien Bouchard, l’image que font de moi les caricaturistes et la vraie raison pour laquelle je me suis coupé la barbiche.

À écouter ici. (Indice, l’engagement à quelque chose à voir avec la toponymie, mais pas comme le pense Garnotte, ici dans Le Devoir.)

direction-du-pq-un-prolongement-logique-de-mon-parcours-politique

Rions un peu avec Jean Lapierre

J’étais heureux de constater ce jeudi que l’opinion que Jean Lapierre a de moi s’améliore. En effet, sur les ondes radiophoniques et télévisuelles, il m’a qualifié de « cheap, petit, mesquin, pas de classe ».

J’insiste: c’est une amélioration! Au printemps, il préférait le terme « chien sale » pour me décrire en ondes.

Cette fois-ci, il était très fâché que j’aie osé rappeler, au lendemain de la désignation d’un Boulevard-Robert-Bourassa, que l’ancien premier ministre libéral a 1) emprisonné 500 personnes dont cinq poètes pour délit d’opinion pendant la crise d’octobre 1970; 2) lancé le formidable chantier de la Baie James et 3) conduit tout le Québec dans un cul de sac après l’échec du Lac Meech.

Toutes choses que j’ai dites, écrites et répétées depuis des années, et encore sur ce blogue en juin dernier. (Voir: En flânant sur l’avenue Robert Bourassa.) Selon Jean Lapierre, il serait incorrect de critiquer un ancien premier ministre « 18 ans après sa mort ». Cela s’applique-t-il aussi à Duplessis, mort depuis encore plus longtemps ?

Les aventures de Marcel Masse à Ottawa

En nous quittant, Marcel Masse laisse derrière lui tout un univers: celui des nationalistes québécois conservateurs, politiquement nés avec la Révolution tranquille, repêchés par la tentative de réconciliation lancée par Brian Mulroney en 1984, déçus par son échec, puis ralliés à la cause souverainiste à temps pour le référendum de 1995.

J’ai eu la chance de connaître Marcel Masse. Il était député de Frontenac — où est ma ville natale Thetford Mines — et il était devenu bon ami avec mon père. Je l’ai recroisé comme journaliste, puis l’ai longuement interviewé pour mes livres Le Tricheur et Le Naufrageur. J’ai ensuite travaillé avec lui lorsqu’il présidait la Commission de la Métropole pour l’avenir du Québec, puis pendant la campagne référendaire où il ralliait les Conservateurs pour le Oui, puis ensuite comme Délégué général du Québec à Paris.

Le ressort cassé de Lucien Bouchard

Lucien Bouchard adore l’histoire. Il est un grand dévoreur de biographies et d’essais historiques. Sa bibliothèque en est remplie.

Il voulait la faire, l’histoire. Celle du Québec. Il a longtemps résisté à l’envie de raconter la sienne. Du moins celle qui porte sur l’année référendaire et les suivantes. Bravo à Yves Boisvert et à Télé-Québec d’avoir réussi à l’asseoir pendant 22 heures pour qu’il se livre enfin.

C’est un témoignage important. L’estime que les Québécois ont envers Lucien Bouchard est réelle, durable et méritée. Parmi les indépendantistes, je suis un de ses quelques défenseurs. Même si nous avons notre dose de désaccords. J’ai hâte de voir le documentaire.

Les bribes rapportées par les journalistes donnent le ton. Si Jacques Parizeau l’avait écouté, en 1995, le référendum aurait été couronné de succès, dit-il. Mais l’échec de 1995 a créé un traumatisme dont l’indépendance ne s’est pas relevée et ne se relèvera pas pour l’avenir prévisible. D’ailleurs, ajoute-t-il, le Bloc Québécois a fait son temps.

Écosse: Londres a passé la loi canadienne sur la clarté à la moulinette

Il est risible de lire ce vendredi les déclarations de Stéphane Dion, selon lequel le processus référendaire en cours en Écosse puisse être de quelque façon compatible avec l’abjecte loi sur la « clarté » que lui et le Premier ministre Chrétien ont imposée au Canada.

Contrairement à M. Dion, M. Chrétien est allé dire aux Britanniques en mai 2013 qu’il était très mécontent de la façon dont Londres avait cédé aux Écossais sur le calendrier, sur la non participation des autres britanniques à la décision et sur le seuil de 50%+1 sur la question. Il voyait bien que le gouvernement britannique n’avait rien retenu de C-20. Voici comment:

L’expérience internationale récente préfère de loin que les parties en instance de divorce politique s’entendent sur le processus avant de le lancer.

1. La question

Canada: Ottawa s’arroge le droit de décider, seul, de la recevabilité de la question référendaire.

Comment nuire aux familles, à Montréal et au français

Le maintien d’une masse critique de francophones et le dynamisme démographique et économique de l’île de Montréal dépend, en partie, de la rétention des familles sur l’île.

C’est pourquoi le gouvernement du Parti québécois avait, lorsque j’étais ministre de la Métropole, fait produire un rapport consensuel sur les mesures à prendre puis avait, pendant la campagne électorale, pris des engagements pour faire faire Un bond qualitatif à la rétention des familles.

Mais comme le déplore ma collègue Carole Poirier dans un communiqué émis ce vendredi, le gouvernement Couillard va dans la direction inverse.

C’est aussi l’opinion du chroniqueur François Cardinal, de La Presse, à Radio-Canada.


Coupes dans les programmes de subventions en matière d’habitation

Encore un coup dur pour les familles, qui paient
pour les mauvaises décisions libérales

Dossier Saint-Pierre: soulagement et remerciements

Je suis évidemment soulagé par la tournure des événements et par la décision de Mme Saint-Pierre de retirer promptement les paroles qui pouvaient jeter un doute sur mon intégrité et de s’excuser auprès de ma famille. C’était difficile de sa part, je salue sa décision.

Il faut savoir se battre pour sa réputation, son intégrité, sa famille. Il faut savoir accepter les excuses lorsqu’elles sont offertes, comme je l’ai expliqué ici:


 

Et je remercie les centaines de personnes, amis, parents, internautes, signataires d’une pétition spontanée, qui m’on manifesté leur appui et prodigué leurs conseils pendant cette semaine difficile.

Merci aussi à Stéphane Bédard et à toute l’équipe de soutien de l’aile parlementaire, à mes anciens conseillers aussi, notamment Christophe Fortier-Guay, qui m’ont aidé à reconstitué les agendas pour déposer le document synthèse de mardi retraçant toutes les dates et les résultats de chacune des missions.

Affaire Saint-Pierre: la ministre toujours fâchée avec la vérité

Christine Saint-Pierre a fait émettre un communiqué en fin d’après-midi ce mardi pour réagir à ma conférence de presse du matin. Je lui demandais de se rétracter sur les allégations mensongères qu’elle a répétées à mon sujet et de s’excuser auprès de ma famille. Elle n’a fait ni l’un, ni l’autre.

Elle affirme d’abord avoir « la responsabilité d’agir avec rigueur et transparence ». Elle a en effet cette responsabilité. Mais en portant des accusations sans preuve, en posant des questions tendancieuses, elle n’a pas agi avec rigueur.

Elle continue en affirmant que « le respect de la vie personnelle des élus est pour moi un principe primordial. » Alors pourquoi a-t-elle dit à Radio X: « Est-ce que M. Lisée utilisait le prétexte de sa vie privée pour faire des missions en France? »

Ma lutte contre l’intimidation – pardon ! – contre la diffamation

Vous m’avez massivement, chers internautes, conseillé de poursuivre Christine Saint-Pierre pour les propos mensongers qu’elle a tenus sur moi, en impliquant ma vie familiale.

Je l’ai fait ce mardi, à Québec, en compagnie de ma conjointe Sandrine et de Stéphane Bédard, chef intérimaire du parti.

Voici la vidéo:


 

Voici la transcription du point de presse:

M. Bédard : (…) on est ici parce qu’il y a quelqu’un dont l’intégrité a été attaquée de façon purement malhonnête. Jean-François Lisée, que je connais personnellement depuis des années, qui est quelqu’un qui est dédié, qui est un homme honnête, intègre qui a toujours réalisé, peu importe les fonctions qu’il a faites, pour le bien commun, pour l’intérêt public. Dans les derniers jours, une ministre du gouvernement a tenté de détourner l’attention médiatique en attaquant de façon injuste et malhonnête le comportement de M. Lisée à l’époque où il était ministre en attaquant même sa vie familiale, et nous trouvons ces accusations totalement irresponsables. Donc, aujourd’hui, notre objectif, c’est de rétablir les faits et de souhaiter que Mme St-Pierre s’excuse le plus rapidement possible et rétablisse la réputation de M. Lisée.