A propos Jean-François Lisée

Né à Thetford Mines le 13 février 1958, Jean-François Lisée obtient une licence en droit de l’Université du Québec à Montréal en 1979 et une maîtrise en communications de la même institution en 1991. Il poursuit des études à Paris en 1981 au Centre de Formation des journalistes de la rue du Louvres avant de devenir journaliste indépendant pour divers médias québécois et français, dont le Soleil, la Presse et Radio-Canada, et il publie quelques textes dans Le Monde, Libération et l’Express. À la fin des années 1980, il est correspondant à Washington pour La Presse, L’actualité et l'hebdomadaire français L'Événement du jeudi. À la même époque il signe des textes d’opinion dans le Washington Post, le New York Times et l’International Herald Tribune. Il est rédacteur en chef adjoint de L’actualité de 1990 à 1992. En 1994, au lendemain de l’élection du Parti québécois, il devient conseiller du premier ministre Jacques Parizeau et participe à l’élaboration et à la mise en oeuvre de la stratégie référendaire de 1995. À la suite de la démission de M. Parizeau, il exerce les fonctions de conseiller politique sous Lucien Bouchard et ce, jusqu’en 1999. De 2001 à 2004, il est chercheur invité au Département de science politique de l’Université de Montréal puis à Sciences Po Paris. En 2004, il co-fonde le Centre d’études et de recherches internationales de l’Université de Montréal (CÉRIUM), dont il demeure le directeur exécutif jusqu’en 2012. En 2007, il conseille la chef du Parti québécois, Mme Pauline Marois, relativement à un projet de loi sur l’identité, duquel émaneront des propositions de Constitution et de citoyenneté québécoise, puis de Charte de la laïcité. M. Lisée est l’auteur de nombreux essais remarqués sur la politique et l’identité québécoises. En 1990, il publie Dans l’œil de l’aigle, sur l’attitude américaine envers le mouvement indépendantiste québécois. Un essai qui lui vaut le Prix du gouverneur général. Il fait aussi paraître Le tricheur et Le naufrageur (1994), sur la vie politique québécoise au lendemain de l’échec des accords du Lac Meech, Sortie de secours : comment échapper au déclin du Québec (2000), Nous (2007), Pour une gauche efficace (2008) et Comment mettre la droite K-O en 15 arguments (2012), puis le livre, Des Histoires du Québec (2012). De 2009 à 2012, il commente régulièrement l’actualité politique, sociale et économique sur un des blogues politiques les plus lus de la Francophonie. Ministre, il continue à tenir un blogue à jflisee.org Cet hyperlien s’ouvrira dans une nouvelle fenêtre.. En août 2012, il se présente comme candidat du Parti québécois dans la circonscription de Rosemont et est élu le 4 septembre

1/3 Des propositions pour l’indépendance: monnaie et citoyenneté québécoises

(Ce billet est tiré de la conclusion de « Le Journal de Lisée » en librairie le 31 octobre.)

L’idée indépendantiste ne change pas. Il s’agit d’assumer sa liberté de choix. Mais les contours ont varié, de la fondation du parti en1967 aux référendums de 1980 et de 1995. En 2015, il faudra s’entendre sur les réponses à donner sur la nature de l’indépendance, sur les liens avec le Canada, la politique de défense, etc.

journal-liseeNos amis écossais ont été très précis sur les changements à apporter, ou non, dans ce que serait une Écosse indépendante. Nous avons toujours hésité à préciser trop avant les choses, de peur de nous aliéner des électeurs de gauche ou de droite.

En 1995, j’avais rédigé pour le camp du Oui le manifeste Le cœur à l’ouvrage, qui montrait comment l’indépendance allait mieux défendre le français, les droits des salariés, et comment elle allait nous donner le pouvoir de faire nos choix dans beaucoup de domaines. Il faut refaire l’exercice, aller plus loin, et diffuser notre argumentaire renouvelé sur tous les supports.

Comment le Québec a financé, via Ottawa, le pétrole Terre-neuvien

(Le pétrole étant un sujet d’actualité, voici un texte sur le pétrole terre-neuvien, de 2012)

Oil-Drum-Stuffed-With-Money-150x150On parle beaucoup du pétrole albertain, mais il y en a aussi à l’autre bout du pays, à Terre-Neuve.

D’abord il faut dire qu’à la loto-énergie, si le Québec a hérité d’un potentiel d’énergie propre, il a totalement manqué le train de la distribution de la manne fédérale.

En 2007, le groupe de recherche Energy Probe a calculé que l’investissement fédéral dans le nucléaire s’élevait à 20 milliards $, ce qui a généré pour 75 milliards$ de la dette fédérale actuelle… sans que le Québec ne profite d’une part significative de ce magot.

Mieux encore, le service de recherche de la Bibliothèque du Parlement fédéral, à partir des rapports du commissaire à l’environnement, a calculé qu’Ottawa avait versé seulement entre 1970 et 1999, 40 milliards en subventions et crédits d’impôts divers à l’industrie pétrolière, gazière et du charbon, des industries jusqu’ici inexistantes au Québec. En dollars de 2007, cela fait 79 milliards.

Pétrole: Haro sur la province pauvre !

(La question du pétrole albertain étant d’actualité, je republie cette semaine une série de billets de 2010 à ce sujet.)
pauvreteLa tension entre l’Alberta et le Québec ne fait que commencer. Nous l’avons vu depuis le début de la semaine: l’augmentation de la production pétrolière et la montée du prix du baril va faire de la province riche une province hyper-riche. Nous avons vu aussi que la pression ainsi exercée par le pétrole sur le dollar canadien allait continuer à détruire des emplois manufacturiers au Québec (et en Ontario).

C’est donc inéluctable: non seulement l’enrichissement de l’Alberta va rendre le Québec relativement plus pauvre dans la fédération (notre économie ne peut croître à leur rythme, car nous n’avons pas de pétrole). Mais les effets pervers de la montée du pétrole et du dollar détruisent et détruiront nos emplois manufacturiers, ce qui poussera le Québec à devenir absolument plus pauvre.

Être vert dans un pays brun

(La question du pétrole albertain étant d’actualité, je republie cette semaine une série de billets à ce sujet.)

iranian_oil_euro-150x150Les Québécois doivent se rendre à l’évidence. Ils vivent dans un pays qui se transforme, sous leurs yeux, en grande puissance pétrolière.

D’ici 10 ans, la production canadienne d’hydrocarbures va doubler. Le Canada sera un des quatre pays pétroliers les plus importants du globe. Combiné à l’augmentation inéluctable du prix du pétrole, cela va pousser le pouvoir économique du pays vers l’Ouest comme jamais.

Or le Québec ne produit pas de pétrole. Au contraire, il en importe, essentiellement de l’étranger. C’est d’ailleurs son importation principale et l’argent qu’il y consacre ne lui rapporte rien. En 2007, les Québécois ont acheté pour 13 milliards de dollars de pétrole. Si, dans dix ans, le baril devait être à 150$, ce qui est vraisemblable, la facture sera de 21,5 milliards.

Pétrole albertain: 14 milliards de dollars québécois plus tard

(Comme la question du pétrole albertain est d’actualité, je republie cette semaine une série de billets sur ce thème.)

petrole_oil_dollar_2-150x150Peut-on affirmer, comme le titrait André Pratte dans un éditorial de La Presse, que le pétrole albertain est Notre pétrole ? Absolument.

Depuis 40 ans, les Québécois ont investi collectivement, par leurs taxes et impôts fédéraux, 14 milliards de dollars dans l’industrie canadienne des hydrocarbures.

Nous avons vu hier que l’augmentation de la production pétrolière pousse à la hausse le dollar canadien et que, selon un groupe d’économistes, ce phénomène est responsable de la destruction de 55 000 emplois manufacturiers québécois entre 2002 et 2007. Et ça ne fait que commencer. Or voici comment le Québec a financé ce cercle vicieux:

L’emploi québécois dans les sables mouvants albertains

(Comme la question du pétrole albertain est d’actualité, je republie cette semaine une série de billets sur ce thème.)

TarSandsLeaf-150x150Ils ont un chiffre. Selon le rapport que vient de publier le Canada West Foundation (CWF), l’économie québécoise sera dopée, d’ici 25 ans, par l’exploitation des sables bitumineux.

De combien ? 30 000 emplois permanents sur 25 ans. Ces emplois seront créés grâce aux retombées des titanesques investissements albertains. Le message de la CWF est clair: toute volonté de nuire au développement des sables par des contraintes écologiques sérieuses serait l’équivalent de tuer la poule aux oeufs d’or. (En version originale: Simply put, a blow to the oil and gas industry equals a blow to the western Canadian economy which equals a blow to the national economy.)

Le problème avec ce calcul est qu’il masque une autre conséquence du développement pétrolier canadien: il a détruit, en cinq ans seulement, au Québec, 55 000 emplois manufacturiers. Et cette destruction des emplois québécois (et ontariens) ne fait que commencer. Voici pourquoi.

Comment le pétrole albertain détruit les emplois québécois

Le projet de pipeline Transcanada, le passage de super-pétroliers sur le fleuve, l’augmentation du nombre de wagons de pétrole traversant notre territoire sur des rails, tout cela fait du Québec un des points de passage entre les sables bitumineux albertains et les marchés étrangers.

Le risque environnemental, pour nous, est énorme. Le débouché que nous offrons, en laissant passer ce pétrole, permet à l’Alberta d’augmenter sa production, donc d’augmenter les gaz à effets de serre.

Mais y a-t-il une autre conséquence négative, directement sur nos emplois ? C’est la démonstration qu’a faite mon collègue Nicolas Marceau, mercredi dernier, à l’Assemblée nationale. Cela vaut la peine de l’écouter:

J’avais abordé cette question dans une série d’articles sur le blogue depuis 2010. Comme le sujet est toujours d’actualité, je vais vous les présenter cette semaine, pour ceux qui sont en semaine de relâche.

La Semaine du Député de Rosemont

Le consensus est général, ce fut toute une semaine pour le député de Rosemont. Mais au delà de ce que vous avez vu dans les journaux, il y a eu aussi ceci:

Échanges stimulants à Athabaska

Dimanche dernier, j’étais l’orateur invité de l’Assemblée générale du PQ d’Athabaska. J’ai parlé de souveraineté, de social démocratie et de l’avenir du PQ. Les échanges furent stimulants. L’assemblée est l’une des 125 qui se dérouleront au Québec ces prochaines semaines pour discuter des grands enjeux de l’avenir du Parti. (C’est donc un très bon moment pour acheter sa carte de membre du PQ et participer.)
2014-10-04 arthabaskaUn doctorat honorifique pour Jacques Parizeau!

Je me suis par la suite dirigé vers Montréal, afin d’assister à la cérémonie inaugurale des vingt-septièmes Entretiens Jacques Cartier , qui se tiennent du 2 au 10 octobre 2014 à Montréal. À cette occasion, l’Université de Montréal a décerné un doctorat honoris causa à mon ancien patron, M. Jacques Parizeau.

Lettre à Louise Beaudoin: Il faut changer le PQ de l’intérieur

Chère Louise Beaudoin, mon amie

Je t’ai entendue, ce jeudi à Radio-Canada, affirmer qu’avec mes prises de paroles fortes de la dernière semaine, j’étais « cuit » au Parti Québécois, parce que ses dirigeants « ne sont pas des tendres ». Tu as dit que je ferais « un bon député indépendant ».

Tu sais l’amitié que j’ai pour toi, après toutes tes années. Et tu sais que lorsque tu as fait le choix de quitter le Parti québécois, je t’ai conseillé au contraire de rester. De ne pas démissionner. De ne pas baisser les bras. De mener ton combat de l’intérieur.

Il faut du cran, pour être à contre-courant. Pour soulever les sujets qui fâchent. Pour admettre les erreurs que nous avons commises lorsque nous étions au gouvernement. Cela dérange. Mais il le faut, si nous voulons changer la donne.

Le projet Couillard: devenir des Ontariens moyens ? Un mauvais calcul économique !

On avait cru comprendre, depuis quelques mois, que le gouvernement Couillard voulait transformer les Québécois en Canadiens moyens, sur tous les plans.

Il semble que l’opération de ratatinement est plus chirurgical: on voudrait nous transformer en Ontariens moyens.

Cela a de l’importance, car comme le disait mon collègue Nicolas Marceau ce mardi à l’Assemblée nationale, amener le Québec à la moyenne canadienne signifierait réduire de 11 milliards de dollars les services publics aux citoyens du Québec. Mais atteindre la moyenne ontarienne signifierait couper…  17,5 milliards de services. La marche est plus haute, ou le précipice est plus profond.

On apprenait ce mardi dans La Presse, que le gouvernement Couillard et son opaque « Comité de révision des programmes » s’inspirent largement de l’Ontario. L’un de ses membres, l’économiste Claude Montmarquette, l’a confirmé. Les comparaisons ont été faites, il y a cinq ans, par lui, son collègue des HEC Robert Gagné, aussi sur la commission de révision et deux économistes plus centristes. Il révélait en effet un écart de 17,5 milliards dans la valeur des services rendus aux Québécois par rapport à ceux dont bénéficient les Ontariens.