Voir: Derrière l’écran, la manipulation ?

Il faut voir, toutes affaires cessantes, Le documentaire Derrière les écrans de fumée (traduction de The Social Dilemma). Il explique avec une clarté que je n’avais vu ailleurs (pourtant je suis assez attentif à ces questions) la puissance avec laquelle les algorithmes de Facebook, Instagram et autres sont sciemment conçus pour vous retenir le plus longtemps possible en ligne. Pour maximiser les revenus de publicité, bien sûr.

Mais cette maximisation de votre présence est fonction des réactions de votre cerveau à ce qui vous est présenté. Or, notre cerveau étant ce qu’il est, il réagit davantage à ce qui est choquant qu’à ce qui est apaisant. La force des algorithmes est leur capacité à adapter l’offre à ce qu’il a appris, grâce à vous, sur ce qui vous intéresse personnellement.

La crédibilité du récit repose sur les principaux intervenants: ce sont eux qui ont conçu plusieurs des outils informatiques qu’ils dénoncent maintenant, à Google ou à Facebook.

Aux extraits d’entrevue et aux montages explicatifs le documentaire ajoute une docu-fiction sur l’impact des réseaux sociaux dans une famille américaine moyenne, et on peut apprécier ou non cet aspect du film.

https://youtu.be/c1yx2Hxl26k

Les auteurs proposent aussi des graphiques de l’augmentation de l’anxiété, et du suicide, chez les jeunes au cours des 20 dernières années, ainsi que de la montée du populisme et affirment qu’il y a causalité directe entre la généralisation de l’utilisation des réseaux sociaux et ces aggravations. C’est loin d’être prouvé, le débat fait rage, mais on a de la difficulté à croire que les médias sociaux ne font pas partie du problème.

Le documentaire estime qu’il est illusoire de penser que les géants des réseaux sociaux vont s’auto-réguler. Ils ont des actionnaires qui réclament des rendements et les rendements dépendent de la publicité qui elle-même dépend des algorithmes qui vous gardent glués à vos écrans.

La réponse, ici comme pour le tabac ou le pétrole, ne peut venir que de lois et de règlements qui interdirait l’utilisation de certaines de ces fonctions. Il faut voir ces algorithmes comme les cigarettes du 21e siècle.

À voir sur Netflix.


Disponible pour pré-commander:
Le récit du plus grand abus de pouvoir de notre histoire

À partir de quatre heures du matin, le 16 octobre 1970, 500 Québécois sont emprisonnés, presque tous pour simple délit d’opinion. Les résidences de
4 600 Québécois, presque tous indépendantistes, sont perquisitionnées.

Ce livre suit à la trace comment est née, a grandi puis s’est imposée dans les têtes de Robert Bourassa et de Pierre Trudeau l’idée d’infliger au Québec un choc psychologique apte à traumatiser, non seulement les petits réseaux d’appui au terrorisme felquiste, mais l’ensemble du mouvement nationaliste.

L’ouvrage raconte aussi comment ces deux hommes ont dû surmonter de nombreux obstacles pour y arriver : manoeuvrer, mentir, inventer des complots et une inexistante «insurrection appréhendée».

Un véritable roman noir du pouvoir québécois et canadien.

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Voir: Une première fiction sur les ‘deep fakes’ / et un docu sur la Casa de papel

Pour l’instant, on a beaucoup vu des « hypertrucages » (deep fakes) de politiciens, dans des démonstrations de ce qui pourrait être produit pour tromper les électeurs. Des hypertrucages auraient aussi cours dans l’industrie du porno, pour y introduire les visages — mais non les corps — d’actrices connues.

Le New York Times en a fait un excellent exposé l’an dernier:

 

Mais pourrait-il y avoir d’autres usages, moins spectaculaires mais non moins insidieux? C’est ce qu’examine l’excellente série britannique The Capture. Un homme est arrêté pour un crime qu’il n’a pas commis, mais qu’on voit clairement se dérouler, en direct, sur la caméra de surveillance. Comment est-ce possible ? On entre alors dans une chasse à la vérité et au mensonge superbement imaginé.

Sur Prime Vidéo


Une série qui a frappé un nerf dans le monde !

L’extraordinaire hold-up de l’hôtel de la monnaie espagnole imaginée par les auteurs de Casa de papel n’avait pas été un hit en Espagne. C’était, admettaient les membres de l’équipe, un « fracaso » – Un échec.

La série fut mise sur le catalogue international de Netflix sans profiter d’une publicité particulière, mais devint le plus grand succès international du site. Provoquant la mise en chantier de deux nouvelles saisons (en ligne) et d’une autre sous peu, car l’intrigue n’est nullement terminée.

J’ai adoré les saisons déjà en ligne, et apprécié le documentaire qu’on peut visionner sur Netflix. Il aborde la question de ce succès imprévu, mais aussi de la résonance de la fibre de révolte qui suinte de l’intrigue. À voir.

Sur Netflix


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Voir: Qui a tué Malcolm X ?

Les années 1960, aux États-Unis, ont été ponctuées par des assassinats. John et Bob Kennedy. Martin Luther King. Malcom X. Chaque fois, des questions sont restées sans réponses sur les véritables assassins, leurs motifs, leurs appuis.

La figure de Malcom X représente à elle seule une tranche de la vie américaine des années 1960, dans ce qu’elle a d’exaltant et de dramatique. Alors que King prêchait la non-violence et la patience, Malcom X représentait l’impatience et la colère. Repris de justice, il avait été recruté dans une organisation alors extrêmement importante dans les communautés noires des grandes villes américaine, la Nation of Islam. Une église et une liturgie réinventée par son leader et messie auto-proclamé, Elijah Muhammad. Discipline, frugalité, entraide des noirs entre eux, l’église n’a qu’un lointain rapport avec l’Islam, qu’elle a choisi comme référence par opposition aux blancs, qui sont chrétiens.

Malcom X, brillant et excellent orateur, devient le porte-parole de l’organisation. Jusqu’à ce qu’il contredise le messie vivant, soit ostracisé puis assassiné. Pour quoi, par qui ?

La série de Netflix qui remonte les pistes jusqu’aux assassins et commanditaires /facilitateurs potentiels fut suffisamment percutante pour que la police de New York réouvre son enquête. On y suit l’enquête d’un historien amateur qui a consacré 30 ans de sa vie à tenter de découvrir la vérité sur l’assassinat.

À travers l’enquête, les retours en arrière, on découvre l’importance de la Nation of Islam, y compris de son aile paramilitaire, et on entend la fougue de Malcom X.

Surtout, l’enquête progresse et offre son propre arc dramatique. On suit l’enquêteur lorsqu’il découvre qu’un des assassins s’est refait une vie et que, dans sa communauté de Newark, son forfait est un secret de polichinelle. Je ne vous dis rien de plus.

Malcolm X est aussi immortalisé par Denzel Washington dans le chef d’oeuvre de Spike Lee, Malcolm X, en 1992.

On peut voir la série documentaire sur Netflix. On peut louer Malcom X en ligne ici.


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À voir (ou pas) : l’offre actuelle télé de science fiction

Vous n’en pouvez plus d’attendre la troisième saison de WestWorld sur HBO/Crave? Ou la deuxième saison de Altered Carbon sur Netflix ? Ou la troisième saison de Star Trek Discovery sur CTV/SciFi ? Moi non plus. Et j’ai dit tout le bien de ce que je pensais des saisons précédentes de ces séries dans des billets précédents. Je les mets sans hésitation dans la catégorie des séries qu’il faut voir si on aime la SF (cliquez sur les liens pour lire ce que j’en pense).

Je vais passer en revue quelques séries disponibles qui se laissent regarder, mais qui ne sont pas indispensables.

Mieux que nous

Mieux que nous se déroule dans la Russie actuelle. Un prototype très avancé, unique, de robot se retrouve dans une usine de robots de générations inférieures. Le prototype, féminin, s’échappe et s’attache à une famille en particulier.

Meurtres, intrigues corporatives et politiques, triangle amoureux s’ajoutent à la tension classique entre robot et émotion.

La première saison présente un arc narratif complet.

Sur Netflix.

Encore Perdus dans l’espace

La nouvelle mouture de Perdus dans l’espace est nettement plus anxiogène que la précédente.

Le gentil robot de la série d’origine a été remplacé par un robot extraterrestre potentiellement meurtrier.

Le détestable Dr Smith d’antan est, lui, joué par une arnaqueuse de première.

Les deux premières saisons ont leurs longueurs mais ne manquent pas de rebondissements. C’est censé être familial mais je ne le recommande pas aux moins de 13 ans.

Sur Netflix

Les quatre saisons de The Expanse

The Expanse commence sur le ton d’un film noir de détective, avec un personnage à la Humphrey Bogart, qui chasse les trafiquants, d’eau, notamment, dans les villes minières souterraines de la ceinture d’astéroïdes qu’on trouve entre Jupiter et Mars.

Sur fond de tension entre la Terre, les colonies sur Mars qui ont déclaré leur indépendance et les mineurs de la ceinture qui se révoltent contre leur exploitation, le détective enquête sur une disparition qui le mène à une découverte menaçante pour toute l’humanité.

Certains estiment que The Expanse est exceptionnel (la 4e saison a un taux de 100% sur Rotten Tomatoes). J’estime pour ma part que la première et la troisième saison sont les meilleures, mais que l’argument central devient très obscur dans la 4e.

Sur Amazon Prime

Ad Astra, un film qui se prend au sérieux

Il a été présenté comme un grand film, sobre et profond, sur les grandes questions existentielles. Je l’ai pour ma part trouvé fade, long, pas vraiment bien ficelé, et n’ai pas été convaincu par l’argument central.

Interstellar, par exemple, est un film qui se prend aussi infiniment au sérieux, mais qui livre la marchandise.

Jugez vous-mêmes, Ad Astra est disponible sur les canaux de télé à la carte.

En attendant l’arrivée d’un autre film de SF excellent, si vous ne les avez pas vus, je vous propose deux films encore disponibles sur Netflix.

Bright (2017), qui est à mon avis le meilleur film récent de Will Smith, sur la collaboration d’un policier avec un extraterrestre un peu bourru, offre d’excellents dialogues et un bon suspense. Extinction (2018) se présente aussi comme un suspense d’action mais nous emmène dans un retournement à la Phillip K. Dick.

Tous les deux sur Netflix


La bande annonce de ma dernière balado Lisée101:

La bande annonce d’une récente balado Lisée202:

 

À voir (ou pas) : Oui: Extraordinaire portrait du Prince de l’Arabie Saoudite; NON: Une série Netflix sans intérêt

Je suis un accroc à l’émission documentaire de PBS Frontline et ce n’est pas la première fois que je vous en parle ici.

Mais la dernière enquête, sur le nouvel homme fort du régime Saoudien, le Prince Mohammed bin Salman (MBS pour faire court), est en tous points remarquable.

MBS le jeune réformiste qui permet aux jeunes de danser et aux femmes de conduire, MBS qui s’attaque à la corruption en séquestrant les grands du régime et MBS qui transforme son pays en État policier et qui va jusqu’à faire assassiner un journaliste à l’étranger.

On peut voir l’intégrale gratuitement en ligne ici.


Netflix, The Politician, Gwyneth PaltrowSi on m’offre une série qui s’appelle « Le Politicien » et qui raconte l’ambition absolue d’un jeune américain, je tend l’oreille et l’oeil.

Que Gwyneth Paltrow soit de la distribution participe de mon enthousiasme.

Mais j’avoue m’être forcé, cette histoire de compétition entre fils de la haute bourgeoisie californienne dans un collège huppé ne pas pas le moins du monde intéressé.

Une perte de temps et de talent.

Par contre, j’avais tardé à regarder la nouvelle saison de Casa de papel, refroidi par des commentaires disant que c’était moins bon que les précédentes.

Comme quoi il faut toujours vérifier soi-même. J’ai eu autant, sinon davantage, de plaisir à suivre les aventures de ces braqueurs de banque dans la troisième saison que dans les deux précédentes. Le rythme est fort, les images plus belles encore, le jeu des acteurs remarquable. L’intrigue se terminera lors de la quatrième saison – le tournage s’est complété cet été, on n’a pas encore de date de diffusion.

Si vous n’avez pas vu les deux premières saisons, allez-y. La troisième ne vous décevra pas.

Sur Netflix. (Moi, je l’écoute en espagnol avec sous-titres français, je trouve que ça donne une couleur authentique encore plus forte.)


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Voir: Deux séries SF qui repoussent les limites

Vous me savez fan de SF. Je répète qu’à ce jour, pour la profondeur du propos et la qualité d’exécution, personne n’a encore mis en péril la première place tenue par la trilogie Matrix (quadrilogie avec Animatrix). Mention spéciale, cependant, pour le film Inception.

Deux séries télé récentes s’approchent à mon avis de l’étalon-or Matrix: Westworld et Altered Carbon. Deux séries pour adultes, avec sexe, violence et sang à profusion. Coeurs sensibles s’abstenir.

WestworldQuand Michael Chrichton a écrit et réalisé en 1973 le film Westworld, l’idée que des robots dotés d’intelligence artificielle allaient, nécessairement, se retourner contre leurs créateurs faisait déjà partie de la trame narrative classique. Tout était dans la manière de le présenter. Le film de Westworld passait ce test, avec les effets spéciaux de l’époque.

À 35 ans de distance, la série de HBO du même nom ajoute plusieurs étages de complexité au récit. Les robots vont s’en prendre aux humains, c’est certain. Il y a un conflit entre les inventeurs du parc d’attraction western et la logique corporative de ses propriétaires, c’est entendu. La clé est dans l’acquisition de la conscience par les robots (ici, comme le veut l’époque, les personnages féminins sont à l’avant-garde) et dans le rôle joué par les inventeurs dans leur éveil.

La qualité de la production, la qualité du jeu des acteurs et actrices — avec la valeur sûre incarnée par Anthony Hopkins — les surprises savamment préparées, tout concorde pour faire de Westworld une aventure de SF qui marque son époque. Je recommande vivement la première saison. (Je n’ai pas terminé la seconde).

Sur HBO

Altered Carbon évite (presque) complètement la question de l’intelligence artificielle. Dans cet univers, la conscience et la personnalité d’un individu sont captés dans un disque qui peut changer d’enveloppe corporelle. Ce qui ouvre tout un champ d’intrigue, de changement de corps, de prolongement de la vie, donc de réflexion sur le temps, la mortalité et l’immortalité.

On assiste ici à une enquête policière sur un puissant « immortel’ pourtant assassiné. L’enquête est prétexte a un récit sur l’exploitation sexuelle, les inégalités, la révolte. Ambitieux, à la fois film noir et visuellement magnifique, Altered Carbon pousse les limites. Une deuxième saison est annoncée.

Sur Netfilx


 

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Message (à peine fictif) des médecins à François Legault: Mille fois merci !