Ligne bleue du métro et SLR: Pour Couillard, c’est « avant moi le déluge » !

Dans l’épisode précédent, le gouvernement Couillard avait tenté de nous faire vivre une amnésie collective. Il tentait de nous faire oublier que, unanimement, les élus de Montréal et de la Rive-Sud avait choisi le Système léger sur rail comme mode de transport sur le Pont Champlain et que, unanimement, les députés de l’Assemblée nationale en avait fait autant il y a six mois à peine.

Mais le premier ministre Couillard a frappé encore plus fort en affirmant que toutes les grandes décisions sur le transport à Montréal étaient à revoir. Il faut le lire pour le croire, voici ce qu’il a déclaré aux journalistes:

« Il y a le SLR, le train de l’Ouest, le prolongement du métro vers l’Est, des voies réservées, le boulevard Notre-Dame, le prolongement du métro à Laval. On veut favoriser le transport collectif, mais il faut s’assurer d’avoir les bonnes priorités. »

Le retour de Placide Couillard

Il avait disparu pendant la campagne électorale. Remplacé par quelqu’un qui disait « détester » le gouvernement péquiste, vouloir être « tough » envers Pauline Marois qui allait « en manger toute une » et j’en passe et des meilleures.

Mais il est revenu, Placide Couillard. Pendant son discours d’ouverture, ce mercredi à l’Assemblée Nationale, le bon docteur avait repris le dessus sur le Hulk-Couillard qui avait usurpé son identité, le temps d’un combat.

Il était tout miel, celui qui a lu sans effet de manche, et pour l’essentiel recto-tono, un discours au ton paternel. Un coup de chapeau à Mme Marois comme introduction, deux références à son chantier sur l’électrification des transports, un retour sur mourir dans la dignité en en attribuant le mérite à Véronique Hivon, une ouverture à des projets de loi déposés par l’opposition, y compris Québec Solidaire: que du bon pain.

Conseil Couillard: Arrière, toute !

Il y aura sûrement de bons effets qui surgiront de l’organisation nouvelle du gouvernement fignolé par Philippe Couillard. Des jonctions qui, à première vue, semblent incongrus et qui donneront, à l’usage, des résultats heureux. Je souhaite succès à tous les nouveaux ministres.

Mais je dois à la vérité d’indiquer que les initiatives qui sautent au visage aujourd’hui vont dans le sens inverse. Dans l’ordre d’importance:

Martin Coiteux, l’anti-modèle québécois aux commandes du Trésor

Même dans les années fastes, les présidents de Conseil du Trésor sont des gens qui voient d’un mauvais œil chaque dépense de l’État et qui souhaiteraient les voir fondre.

Martin Coiteux. S’il prévaut, le modèle québécois va passer à la tronçonneuse.

Mais jamais n’avons-nous eu à ce poste un économiste s’étant prononcé, dans un passé récent et avec autant de véhémence, contre le modèle québécois. Je connais Martin Coiteux pour avoir débattu avec lui et avoir lu ses écrits sur un blogue dont les archives ont malheureusement disparu du cyberespace.

Le test de français de Philippe Couillard

Ce n’est pas nouveau. Lorsque le PLQ prend le pouvoir, on s’attend au retour du laisser-aller linguistique. Lorsqu’en 2011 l’OQLF avait annoncé pour bientôt la minorisation du français sur l’île de Montréal, Jean Charest avait rétorqué qu’il faudrait « contextualiser » ce résultat. On attend toujours la contextualisation.

Le cas Couillard est cependant plus problématique que le cas Charest. Et ce n’est pas pour rien que la première ministre sortante et que les éditorialistes de La Presse et du Devoir lui lancent en choeur un signal.

C’est qu’aucun chef libéral n’avait, avant Philippe Couillard, lancé un signal aussi fort et aussi délétère pour le français. Au second débat, il tenta de convaincre Françoise David du caractère « indispensable » de l’anglais pour chaque travailleur d’usine, pour le cas où un acheteur anglophone de passage voulait lui poser une question.

Il effaçait ainsi un demi-siècle de lutte pour le droit de vivre et travailler en français au Québec.

Couillard regrette d’avoir dit le fond de sa pensée: les ouvriers doivent tous parler anglais!

En fin de campagne, dans une rare déclaration, l’ex-premier ministre Lucien Bouchard a lancé un avertissement. L’enjeu de cette campagne, a-t-il dit, c’est « la langue ».

« J’avoue que ça m’étonne. On sait que la question identitaire a été abordée durant la campagne par le truchement de la charte. Mais pour moi, la vraie question identitaire, c’est la langue. »

Il s’exprimait une semaine après que le chef libéral, Philippe Couillard, ait ravalé 50 ans de lutte pour le droit de travailler en français lorsqu’il a fait — avec une grande sincérité — l’affirmation suivante pendant le débat:

Il manque la fin de la phrase. Il dit:

« La connaissance de l’anglais, Mme David, elle est INDISPENSABLE »

A quelques heures de l’élection, ce dimanche, Philippe Couillard se rend compte de l’énormité de son aveu. Il tente donc de rectifier le tir, en affirmant qu’il s’est MAL EXPRIMÉ: